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Les Premières Nations se disent exclues des décisions pour protéger le caribou

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Un jeune caribou

Photo : iStock

Radio-Canada

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) déplore que la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards ne propose pas de consultation spécifique pour les Premières Nations.

Dans un communiqué de presse, l’APNQL indique qu’elle regrette que le mandat de la Commission soit d’évaluer les impacts économiques des mesures de protection du caribou sur l’aménagement forestier, plutôt que de tenir compte des conséquences de l’exploitation forestière sur le caribou et les droits des Premières Nations.

La Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards doit amorcer mardi, à Sainte-Anne-des-Monts, une campagne de consultation auprès des citoyens.

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La commission souhaite savoir où loge la population et jusqu'où elle est prête à aller pour préserver les hardes de caribous forestiers et montagnards (archives).

Photo : Reuters / Chris Wattie

En mars dernier, la présidente de la commission, Nancy Gélinas, avait indiqué que les groupes autochtones seraient également conviés lors des audiences. Les communautés autochtones sont un groupe particulier de par la loi. Nous, évidemment, on est indépendants, donc on n’a pas les outils pour faire des choses particulières, mais on va souhaiter très fort de les entendre, avait-elle précisé.

Toutes décisions ou mesures prises à [l’égard du caribou] doivent faire l’objet de discussions avec les Premières Nations. En agissant seul avec sa commission, le gouvernement du Québec ne respecte pas ses obligations de consulter ni la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, écrit le chef de la Nation Micmac de Gespeg, Terry Shaw.

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Le chef de la Nation Micmac de Gespeg, Terry Shaw (archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Deux scénarios présentés pour protéger l’habitat du caribou

Le premier scénario accroîtrait la superficie en restauration de la zone d'habitat. Il aurait une incidence sur les activités forestières actuelles et pourrait menacer un peu plus de 800 emplois à l'échelle du Québec.

Le second scénario comporterait une plus petite zone en restauration de l'habitat du caribou et n'aurait aucun impact additionnel sur les activités forestières. Il ne menacerait donc pas d'emplois.

Le second scénario, dit sans impact additionnel sur l'industrie forestière, condamnerait trois hardes de caribous forestiers, soit celles de Val-d'Or, de Charlevoix et du Pipmuacan, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Selon l’APNQL, ce scénario prévoit abandonner [des populations de caribous] et fait ainsi abstraction des impacts socioculturels d’une telle décision sur les droits des Premières Nations.

Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, regrette que le mandat de la commission soit d’évaluer les impacts économiques des mesures de protection du caribou sur l’aménagement forestier.

C’est l’économie qui va primer sur le caribou et ça a été très clair depuis de nombreuses années, peu importe les premiers ministres [du Québec], dit-il.

M. Piétacho aimerait que la commission tienne compte des conséquences de l’exploitation forestière sur le caribou et sur les droits des Premières Nations.

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Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Quant à Lance Haymond, chef de la Première Nation anichinabée de Kebaowek, au Témiscamingue, il indique par écrit que les consultations menées par le MFFP [ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs] sont une farce. Presque tout est décidé unilatéralement par le Québec, après quoi, nous sommes invités à partager nos préoccupations, et nos préoccupations ne sont jamais pleinement [tenues] en compte, affirme M. Haymond.

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Lance Haymond, chef de la Première Nation anichinabée de Kebaowek (archives)

Photo : Gracieuseté : Lance Haymond

Les communautés innues d’Essipit, sur la Côte-Nord, et de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, ont entrepris un recours judiciaire en Cour supérieure pour dénoncer le fait que Québec ne les a pas adéquatement consultées lors de l’élaboration d’un plan de protection pour le caribou forestier et pour son habitat.

Les Innus de Pessamit se sont aussi dits prêts, au début de mars, à aller devant les tribunaux pour dénoncer l'inaction du gouvernement du Québec en matière de protection du caribou forestier.

Après avoir étudié les deux scénarios, la commission recommandera une stratégie de protection de l’habitat du caribou au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Le rapport et les recommandations de la commission sont espérés à la fin de l'été, avant les élections provinciales de l'automne.

Avec des informations de Laurence Vachon

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