•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chancelier autrichien dit avoir eu un échange « direct et dur » avec Poutine

Karl Nehammer parle en conférence de presse.

Karl Nehammer, chancelier autrichien, en conférence de presse à Moscou

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Radio-Canada

Le chancelier autrichien Karl Nehammer a dit avoir eu un échange « dur » avec Vladimir Poutine, lundi, à Moscou. Il était le premier dirigeant européen à rencontrer le président russe en tête-à-tête depuis l'invasion de l'Ukraine.

En conférence de presse à Moscou, le chancelier s'est dit plutôt pessimiste après son entretien de 75 minutes avec Vladimir Poutine qui, selon lui, est dans une logique de guerre et veut enregistrer un succès militaire en Ukraine.

« De manière générale, je ne peux pas vous communiquer une impression optimiste de cette conversation avec le président Poutine. Une offensive massive est de toute évidence en préparation dans l'est de l'Ukraine. »

— Une citation de  Karl Nehammer, chancelier de l'Autriche

D'après le chancelier, il est important de dire personnellement à Vladimir Poutine que les pays du monde ne soutiennent pas ses actions et que plus la guerre durera longtemps, plus les sanctions occidentales seront sévères.

[Lui dire] une fois ne sera pas suffisant. Dix fois ne suffiront pas non plus. Il faudra peut-être le faire 100 fois, mais je pense qu'il est nécessaire de tout faire pour que la paix revienne et que les Ukrainiens puissent vivre en sécurité, a déclaré M. Nehammer.

Ça n'a pas été un entretien amical, a aussi déclaré Karl Nehammer, cette fois-ci dans un communiqué diffusé par ses services, dans lequel il a rappelé s'être rendu en Russie pour ne laisser passer aucune chance de mettre fin à la guerre.

La discussion avec le président Poutine a été très directe, ouverte et dure, a insisté le chancelier, dont le pays n'est pas membre de l'OTAN.

Plus tôt lundi, son ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, avait concédé que personne ne s'attendait à des miracles à la suite de cette rencontre. Mais nous devons saisir toutes les occasions de mettre fin à l'enfer humanitaire en Ukraine, avait-il argué, tout juste avant une réunion avec ses homologues de l'Union européenne au Luxembourg.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a pour sa part indiqué lundi matin que son pays n'avait aucune intention d'interrompre son offensive militaire d'ici la prochaine ronde de négociations avec l'Ukraine, pour laquelle aucune date n'a été annoncée.

Il a aussi affirmé qu'il ne voyait aucune raison de poursuivre les pourparlers avec Kiev.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Une « initiative personnelle »

Le chancelier Karl Nehammer, dont le pays importe 80 % de son gaz naturel de la Russie, est le premier dirigeant européen à rencontrer Vladimir Poutine depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février.

M. Nehammer n'a pas de mandat européen. Son déplacement à Moscou est une initiative personnelle décidée après des entretiens à Kiev avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et après des discussions avec le chancelier allemand Olaf Scholz, le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Charles Michel, a précisé le chef de la diplomatie autrichienne.

« Toute voix qui fait comprendre au président Poutine la nature de la réalité en dehors des murs du Kremlin n'est pas une voix perdue. »

— Une citation de  Alexander Schallenberg, ministre des Affaires étrangères de l'Autriche

La rencontre du chancelier avec Vladimir Poutine a toutefois été critiquée par certains, notamment les verts avec qui M. Nehammer gouverne l'Autriche en coalition. Ceux-ci craignent que le président russe n'utilise la venue du chancelier autrichien pour servir sa propagande.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !