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Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario « recommande fortement » le masque

Après un mois de mutisme, le Dr Kieran Moore reconnaît publiquement que la province traverse actuellement la 6e vague de la pandémie de COVID-19.

Le Dr Kieran Moore en point de presse.

Le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

Le chef de la santé publique en Ontario, le Dr Kieran Moore, « recommande fortement de continuer à porter un masque à trois couches bien ajusté ou d'utiliser un masque médical dans tous les lieux publics intérieurs », et ce, nonobstant la réglementation qui ne l'y oblige plus dans la plupart des cas.

Lors d'un point de presse très attendu, lundi, le Dr Moore a également reconnu que la province traversait actuellement la sixième vague de la pandémie.

Au vu de la forte transmissibilité du sous-variant BA.2, il anticipe une augmentation du risque de transmission dans les six à huit prochaines semaines.

Dans ce contexte de détérioration sanitaire, les risques pour la santé ne sont pas les mêmes pour tous. Les personnes inadéquatement immunisées ont des probabilités quatre fois plus élevées d'être admises à l'hôpital que celles qui sont immunisées et six fois plus élevées d'aboutir en soins intensifs, a rappelé le Dr Moore en s'appuyant sur les données disponibles.

En tenant compte des prévisions actuelles, il [lui] semble tout à fait logique de prolonger l'obligation du masque dans les transports publics ainsi que dans les établissements de soins de longue durée et les autres établissements de soins de santé au-delà du 27 avril, date butoir initialement prévue.

Le chef de la santé publique ontarienne a aussi exhorté la population à se faire vacciner avec les rappels nécessaires et à s'informer de son admissibilité pour les traitements antiviraux comme le Paxlovid.

Qui est admissible au traitement antiviral contre la COVID-19?

  • les adultes immunodéprimés (dont le système immunitaire est affaibli par un problème de santé ou la prise de médicaments);
  • les personnes âgées de 70 ans ou plus;
  • les personnes âgées de 60 ans ou plus ayant reçu moins de trois doses de vaccin;
  • les adultes ayant reçu moins de trois doses de vaccin et présentant au moins un état de santé à risque (un problème de santé chronique, par exemple).

Une liste des pharmacies autorisées à offrir le Paxlovid sera disponible en ligne à compter de mercredi.

En outre, le Dr Moore a rappelé que les personnes ayant contracté la COVID devaient porter un masque pendant cinq jours après la fin de leur isolement et éviter d'entrer en contact avec des personnes vulnérables durant cette période.

Un silence mal vu

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario s'est aussi défendu contre les critiques lui reprochant son absence publique, ces dernières semaines, alors que la situation sanitaire se dégradait : Si j'ai de nouveaux messages, je sortirai, a-t-il rétorqué. Je serai heureux de parler plus régulièrement si le message doit être promu.

Les partis d'opposition ont accusé le premier ministre Doug Ford de museler le Dr Moore à l'approche des élections provinciales de juin. Le bureau de M. Ford a rétorqué que c'était la décision du médecin hygiéniste de ne plus faire de mises à jour régulières sur la pandémie.

Le Dr Moore refusait toutes les demandes d'entrevue des médias depuis un mois, dans un contexte où les cas de COVID et les hospitalisations étaient en forte hausse en Ontario.

Nombre d'experts affirment que la province est en pleine sixième vague. L'Ontario connaît de 100 000 à 120 000 nouvelles infections chaque jour en ce moment, selon le Groupe consultatif scientifique ontarien de lutte contre la COVID-19.

Santé publique Ontario confirme que l'élimination de l'obligation de porter le masque, à l'école et dans la plupart des lieux publics le 21 mars, a été suivie d'une augmentation des cas de la maladie et des hospitalisations.

L'agence provinciale ajoute que le nombre d'enfants infectés faisant face à des complications risque d'augmenter, compte tenu du faible taux de vaccination chez les 5 à 11 ans et de la propagation du sous-variant BA.2, qui est plus contagieux.

Ce sous-variant d'Omicron était déjà lié à 54 % des nouveaux cas dans la province durant la semaine du 13 mars, selon Santé publique Ontario.

Hausse des hospitalisations

Le nombre d'hospitalisations se chiffre à 1090 lundi, soit 113 de plus que la veille.

Il y a 11 patients de plus aux soins intensifs, pour un total de 184.

À titre de comparaison, il y avait 857 hospitalisations, y compris 168 patients aux soins intensifs, il y a une semaine.

Il y a 2401 nouveaux cas de COVID-19 confirmés par test de dépistage PCR. Notons que ce chiffre représente une sous-évaluation des infections en raison de l'accès restreint aux tests PCR.

Un peu plus de 12 100 tests PCR ont été effectués dimanche. Leur taux de positivité est de 17,6 %.

La santé publique déplore 3 décès de plus, ce qui porte le bilan à 12 566 morts depuis le début de la pandémie.

Retour du masque?

L'opposition appelle le gouvernement Ford à rendre de nouveau le masque obligatoire dans les écoles et les lieux publics, en plus de le maintenir dans le transport en commun et dans les foyers pour aînés.

Le premier ministre Ford a qualifié l'augmentation actuelle des cas de petite hausse. Il a assuré que les hôpitaux ontariens avaient la capacité nécessaire pour y faire face.

Même son de cloche de la part de la ministre de la Santé, Christine Elliott, qui a soutenu que le gouvernement avait anticipé une augmentation du nombre d'infections à la suite de la levée des restrictions et de l'obligation de porter le masque le mois dernier. Il n'y a pas lieu de paniquer, a-t-elle dit la semaine dernière.

M. Ford, qui répondait à une question d'un journaliste lundi, a déclaré que les gens devraient continuer à être prudents. Je pense que cela relève vraiment du bon sens, a-t-il déclaré. Nous vivons cela depuis deux ans. Lorsque vous entrez dans une pièce vraiment bondée, portez le masque. Personne ne vous forcera, mais je le recommanderais.

Pour ce qui est des médicaments antiviraux, nombre de critiques pressent la province d'élargir l'accès au médicament Paxlovid, qui peut aider à prévenir les complications liées au coronavirus.

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