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Insatisfaits de la nouvelle loi, des services de garde privés menacent de fermer

Des jouets rangés dans des bacs dans une garderie.

Des services de garde privés refusent de s'affilier à un bureau coordonnateur.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

En réaction à certaines dispositions de la nouvelle Loi sur les services de garde, plusieurs propriétaires de services de garde privés en milieu familial menacent carrément de fermer leurs portes.

C’est le cas de Nathalie Bérubé, dont le service de garde se trouve à Mont-Carmel, dans le Kamouraska.

Ça fait des années que le gouvernement nous met toujours de plus en plus de restrictions pour essayer de nous convertir. Et là, c’est le plus grand pas qu’ils vont avoir fait, raconte Mme Bérubé, qui ne digère pas l’obligation qu’elle aura de s’affilier à un bureau coordonnateur à compter de septembre 2026, comme le prévoit la nouvelle loi.

Pour Mme Bérubé, cela signifie plus de bureaucratie et, surtout, une perte d’autonomie.

Je considère déjà que j’ai 18 patrons : six enfants qui doivent avoir le goût de revenir chaque matin et 12 parents qui me font confiance, illustre-t-elle.

« Je suis quelqu’un qui a toujours travaillé avec la confiance des gens et je ne veux pas avoir encore une personne au-dessus de moi qui veut vérifier mon travail. »

— Une citation de  Nathalie Bérubé, propriétaire d'un service de garde privé à Mont-Carmel

Une version précédente de cet article désignait les services de garde privés comme des garderies. Or, selon le ministère de la Famille, les garderies désignent exclusivement des entreprises privées, généralement à but lucratif, détenant un permis délivré par le ministère.

Nathalie Bérubé sourit lors d'une entrevue dans sa garderie en milieu familial.

Nathalie Bérubé est propriétaire d'un service de garde privé à Mont-Carmel.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Cette affiliation signifie principalement qu'un inspecteur visitera les lieux quatre fois par année. Selon le ministère de la Famille, relever des bureaux coordonnateurs permettra de s'assurer que tous les enfants bénéficient de la même qualité de service.

Or, des propriétaires de services de garde privés dénoncent un manque d’uniformité dans la conduite des inspections d’une région à l’autre au Québec.

Les formulaires hebdomadaires que Nathalie Bérubé devra faire remplir par les parents qui lui auront confié leurs enfants s’ajouteront aux plus de 60 heures de travail qu’elle effectue chaque semaine. Mme Bérubé entend donc fermer son service de garde en 2026. De plus, 86 % des membres de l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés (AQMFEP) envisageraient eux aussi cette option.

Transition « agréable et bienveillante »

C’est comme un raz-de-marée : plusieurs ont peur de rejoindre le réseau tel qu’il est actuellement, laisse tomber la présidente de l’AQMFEP, Julie Boisjoly.

Cette association a bien tenté de faire retirer du projet de loi l'article qui impose l’affiliation aux bureaux coordonnateurs, mais elle s'est finalement ralliée à la proposition du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Je préfère avoir des gains que de n’avoir rien du tout, indique Mme Boisjoly.

L’AQMFEP travaille maintenant conjointement avec l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) pour que la transition se fasse de manière agréable et bienveillante.

Aux propriétaires de services de garde privés qui craignent les lourdeurs bureaucratiques, Julie Boisjoly précise que ces formulaires ne seront obligatoires que dans l’éventualité où leur service sera directement subventionné par Québec.

Nathalie Bérubé pourrait décider de ne pas s’affilier à un bureau coordonnateur en 2026, mais elle serait alors limitée à un maximum de deux enfants.

Entre-temps, Mme Bérubé souligne que dans ses démarches pour créer 40 000 nouvelles places en garderie, le gouvernement risque de perdre des places puisque des services fermeront leurs portes d’ici la mise en application de la nouvelle loi.

Avec les informations de Michel-Félix Tremblay

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