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Des urgences albertaines ont été laissées sans médecins plus de 50 fois cette année

Entrée des urgences d'un hôpital.

Certains services d'urgence dépendent d'un seul médecin et doivent fermer dès qu'il est absent. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Depuis le début de l’année 2022, Services de santé Alberta (AHS) a publié au moins 52 communiqués annonçant une réduction de services liée à l’absence de médecin dans les urgences de la province.

En comparaison, une cinquantaine de ces avis ont été lancés durant toute l’année 2021, selon les recherches de CBC.

Dans certaines communautés des environs de Calgary et d’Edmonton, les fermetures ont duré plusieurs jours.

Le problème s’accentue en milieu rural, où l’absence d’un seul médecin peut rendre la fermeture de l’urgence d’un hôpital inévitable, explique James Wood, un porte-parole d’AHS.

Une situation exténuante, dit un médecin

C’est drainant, [...] je suis plus épuisé que je ne l’ai jamais été, confie le Dr Parker Vandermeer, un médecin qui offre ses services dans différents secteurs de la province, dont les régions de Lethbridge et Spirit River.

Il y a toujours plus de travail, [et] on semble toujours être en train de perdre de nouvelles ressources.

Si les hôpitaux situés à l’extérieur des grands centres doivent composer avec des problèmes de ressources humaines depuis longtemps, le Dr Vandermeer souligne que le recours à la fermeture était plutôt rare, par le passé.

« J’ai toujours l’impression qu’on a atteint le fond du baril, jusqu’au mois suivant. À ce moment-là, je regarde en arrière et je me dis : "finalement, on était bien, le mois dernier". »

— Une citation de  Dr Parker Vandermeer, médecin en milieu rural

Dans les six derniers mois, le nombre de demandes de dépannage que le médecin a reçu est passé de 2 jours à 20 jours par mois, en moyenne, explique-t-il.

L’absence d’un médecin à proximité a également des conséquences sur les patients.

Dans beaucoup de communautés, l’hôpital [où le médecin est absent] est peut-être le seul à 100 ou 150 km à la ronde, donc ce qui pourrait être un trajet de 30 minutes vers l’hôpital devient un trajet de 2 heures pour ce qui peut être une question de vie ou de mort, explique le Dr Vandermeer

Quand la communauté se sent abandonnée

À Consort, un village situé à environ 350 km au nord-est de Calgary, l’interruption des services à l’urgence locale laisse dans son sillage une impression d’abandon.

Si les gens qui vivent en ville devaient rouler pendant trente minutes pour se rendre à l’hôpital, ils seraient outrés. Pendant ce temps, c’est considéré comme correct pour nous, déplore Sandra Kelts, directrice à la Fondation Acadia, qui gère des résidences pour personnes âgées à Consort, Hanna et Oyen.

« Nous avons l’impression d’être des citoyens de deuxième classe, comme si notre santé n’était pas aussi importante. »

— Une citation de  Sandra Kelts, directrice à la Fondation Acadia

Elle ajoute que des personnes âgées qui ont passé toute leur vie dans la communauté ont été obligées de la quitter parce qu’elles ne pouvaient pas recevoir les soins de santé dont elles ont besoin.

C’est également ce que constate la présidente de l’Association médicale de l’Alberta, la Dre Vesta Michelle Warren.

Des gens, particulièrement parmi les aînés, sont forcés de déménager pour recevoir les soins dont ils ont besoin afin de rester en santé, explique-t-elle.

Avec les informations de Jade Markus

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