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La sixième vague provoque une nouvelle hausse du nombre d’hospitalisations au Canada

Un travailleur de la santé portant un masque et une visière passe devant des ambulances à l'extérieur d'un hôpital.

L'Ontario fait face à une résurgence des infections et des hospitalisations.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La sixième vague de COVID-19 est bel et bien amorcée au pays, notamment au Québec et en Ontario, où le nombre d'hospitalisations augmente rapidement

Le nombre d’hospitalisations est de nouveau en hausse dans plusieurs régions au Canada. En date du 7 avril, plus de 5000 Canadiens étaient hospitalisés en raison de la COVID-19, une augmentation de 25 % depuis la mi-mars. Au plus fort de la dernière vague, plus de 10 000 Canadiens étaient hospitalisés.

Le nombre de décès commence également à augmenter de nouveau. À la fin mars, la moyenne quotidienne était de 30 décès; en date du 3 avril, c’était plus de 40 décès par jour.

Depuis le 1er décembre 2021, 8536 Canadiens sont morts de la COVID-19. Comparativement, environ 3500 Canadiens meurent de la grippe annuellement.

Au Québec, selon les dernières estimations du CIRANO (Nouvelle fenêtre), entre 23 500 et 43 500 Québécois sont infectés par jour, une hausse d’environ 30 % par rapport à la semaine précédente. Près de 6 % des Québécois (plus de 500 000) auraient été en isolement en raison d’une infection du 30 mars au 4 avril.

Cette semaine, le nombre d’hospitalisations au Québec a dépassé les 1600, soit une hausse de 40 % depuis 14 jours. Le directeur par intérim de santé publique du Québec, Luc Boileau, affirme que le nombre d’hospitalisations ne devrait pas dépasser le sommet atteint lors de la vague en janvier (3351 hospitalisations).

Par contre, on voit qu’au Royaume-Uni, qui vient de connaître une hausse importante des cas, les hospitalisations dépassent le sommet atteint lors de la dernière vague. Les hospitalisations sont aussi en hausse en France, en Belgique et en Italie.

En Ontario, le directeur scientifique du comité d’experts qui conseille le gouvernement Ford sur la pandémie a indiqué mercredi que l'Ontario connaît en ce moment entre 100 000 et 120 000 nouvelles infections chaque jour. Cette estimation est basée sur les analyses des eaux usées.

La quantité de virus dans les eaux usées est en fait au même niveau que lors de la dernière vague, et la courbe continue d'augmenter.

Il y a un peu d'inquiétude en ce moment parce que la courbe [est] plus élevée que prévu, a indiqué à CBC (Nouvelle fenêtre) Earl Brown, un expert en virologie et professeur à l'Université d'Ottawa.

Une courbe montre la montée exponentielle de la quantité de virus dans les eaux usées.

La surveillance des eaux usées en Ontario montre que le niveau de COVID-19 dans la communauté pourrait dépasser les niveaux vus lors de la dernière vague en janvier.

Photo : Ontario's COVID-19 science table

Le nombre d’hospitalisations dans cette province est également en hausse. Plus de 1100 Ontariens sont hospitalisés, soit 40 % de plus que la semaine dernière. Les hospitalisations sont au même niveau qu’au début de janvier, juste avant la hausse fulgurante des hospitalisations.

La Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et le Manitoba observent pour leur part une légère hausse des hospitalisations.

En Ontario, le taux de positivité est de 18 %; au Québec, il oscille autour de 17 %; au Canada, on estime qu’il est de 19 %.

Symptômes, isolement et réinfections

Sans test, il est impossible de savoir avec certitude si vos symptômes sont causés par la COVID-19 ou par une autre maladie.

Il y a plus d’une dizaine de symptômes associés à la COVID-19, dont :

  • maux de gorge

  • nez qui coule

  • éternuement

  • toux nouvelle ou qui s'aggrave

  • fatigue

  • essoufflement ou difficulté à respirer

  • température égale ou supérieure à 38 °C

  • diarrhée

  • douleurs abdominales

  • vomissements

La perte d’odorat et de goût ne semble pas être un symptôme courant avec Omicron. Toutefois, le variant XE – une combinaison des sous-variants d’Omicron, BA.1 et BA.1 – semble provoquer ce symptôme. Il faut noter que seulement une poignée de cas de ce variant ont été détectés au Canada en date du 7 avril.

Est-ce que vos symptômes pourraient être causés par la grippe? Possiblement, mais c’est fort peu probable. Les taux de grippe demeurent faibles pour cette période de l'année, selon le rapport ÉpiGrippe de l'ASPC (Nouvelle fenêtre). En fait, selon l’Agence, il n'y a eu aucune preuve de circulation communautaire de la grippe pendant toute la saison 2021-2022.

Le taux de positivité au Canada des tests pour la grippe est exceptionnellement bas, soit à 0,13 %, comparativement à plus de 20 % lors des années prépandémiques. Cette saison grippale (qui a commencé le 29 août 2021) n'a vu que 551 détections de grippe signalées, contre plus de 38 000 à ce stade au cours des six dernières saisons grippales prépandémiques.

Du 29 août 2021 au 12 mars 2022, moins de cinq hospitalisations associées à la grippe ont été signalées par les provinces et territoires participants.

Il faut aussi rappeler que si vous avez contracté la COVID-19 lors des dernières vagues, il est possible que vous soyez réinfecté. Il est encore difficile de dire quel est le taux de réinfection avec le sous-variant BA.2.

Encore contagieux après cinq jours

Si plusieurs provinces ont réduit les temps d’isolement à cinq jours, il faut rappeler qu’une personne infectée peut être contagieuse jusqu’à 10 jours. D’ailleurs, une étude du Royaume-Uni (Nouvelle fenêtre) estime que 31 % des personnes seraient encore infectieuses après cinq jours, 16 % après sept jours. C’est seulement à la dixième journée que ça tombe sous 5 %.

C’est pourquoi une personne qui sort de son isolement après cinq jours doit continuer de porter un masque.

Tests : frottez l'intérieur des joues et la gorge

Même si vos symptômes sont légers, les médecins recommandent de faire un test. D’abord, confirmer son infection permet d’avertir les personnes avec qui on a été en contact qu’elles ont été exposées au virus.

De plus, en ayant un test positif, les personnes à risque pourraient avoir accès à un traitement antiviral, qui doit être pris rapidement après le début des symptômes. Enfin, avoir un test positif pourrait être nécessaire par la suite si on développe des symptômes à long terme de la COVID-19.

Certains auront remarqué que les tests rapides antigéniques (autotests à la maison) semblent dépister plus tardivement les infections à Omicron. Lors de cette nouvelle vague, certaines personnes obtiennent un résultat positif quatre à cinq jours après le début de leurs symptômes.

Précisons que ce n’est pas parce que le test prend plus de temps à détecter la présence du virus qu’il n’est pas efficace. C’est plutôt que la charge virale prend plus de temps à atteindre son maximum (retardant ainsi la détection) dans le cas d’Omicron.

Et ce n'est pas parce que votre test est négatif que vous n'avez pas la COVID, rappellent les experts. Dès que vous développez des symptômes de rhume, c'est un signe que vous pourriez l'avoir, a déclaré à CBC (Nouvelle fenêtre) le Dr Kashif Pirzada, urgentologue à Toronto. Le test rapide, même s'il est négatif, ne le prenez pas comme parole d'Évangile, surtout en ce moment.

C’est pourquoi on recommande, si vous avez accès à plusieurs tests, de vous tester toutes les 24 heures pendant que vous êtes symptomatique. Sinon on peut se tester tous les deux à trois jours pour rationner les tests.

Les gouvernements de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse suggèrent aussi aux gens de prélever un échantillon en frottant l’écouvillon dans leur gorge et à l’intérieur des joues avant de le faire dans les narines. Le gouvernement du Québec a aussi annoncé cette recommandation vendredi.

Selon une analyse de la Nouvelle-Écosse (Nouvelle fenêtre) faite en janvier 2022, l’efficacité des tests rapides augmente de 65 % à 89 % lorsqu’on prélève un échantillon dans la gorge et le nez.

Une image montre où frotter l'écouvillon, soit à l'arrière de la joue et dans les narines.

Les directives du gouvernement du Québec suggèrent maintenant de frotter l'écouvillon à l'intérieur de la joue avant de le frotter dans les narines.

Photo : Gouvernement du Québec

Le port du masque et la vaccination, toujours les meilleures armes

Les meilleurs moyens d'éviter la COVID-19 sont de continuer à porter un masque et d’être vacciné. L'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, a d’ailleurs répété cette semaine que tout assouplissement des mesures sanitaires provoquerait des résurgences des cas de COVID-19. La Dre Tam encourage les gens à continuer de porter des masques et à recevoir trois doses du vaccin contre la COVID-19.

Au Canada, seuls le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nunavut imposent le port du masque dans les endroits publics. Aux États-Unis, très peu d’endroits l’exigent.

Par contre, à travers le monde, cette mesure est encore obligatoire. C’est notamment le cas en Italie, au Portugal, en Finlande, en Norvège, en Espagne, en Grèce, en Corée du Sud, au Japon, en Nouvelle-Zélande, en Turquie, au Chili, au Pérou, en Bolivie, en Inde et en Indonésie.

D’autres pays, comme l’Allemagne, la Pologne, la France, la Belgique, la Hongrie et le Brésil, imposent encore le port du masque dans les établissements de santé et dans les transports en commun.

Une caissière masquée dans une épicerie.

Les règles entourant les masques diffèrent d'une province à l'autre.

Photo : iStock

Les personnes entièrement vaccinées et celles qui ont reçu une dose additionnelle sont largement protégées contre les conséquences graves d’une infection. Plus de 70 % des Canadiens hospitalisés et décédés de la COVID-19 depuis la mi-décembre 2020 sont des personnes non vaccinées ou partiellement vaccinées.

Par rapport aux personnes ayant reçu deux doses, les cas non vaccinés sont 4 fois plus nombreux à avoir été hospitalisés et 5 fois plus nombreux à être décédés. Comparativement aux personnes ayant eu une dose de rappel, les personnes non vaccinées sont 9 fois plus nombreuses à avoir été hospitalisées et 16 fois plus nombreuses à être décédées.

Selon des données publiées cette semaine par l'Ontario Science Table, les personnes vaccinées ayant reçu au moins deux doses sont 75,6 % moins susceptibles de se retrouver à l'hôpital et 84,9 % moins susceptibles de se retrouver aux soins intensifs, par rapport aux personnes non vaccinées.

Au Canada (Nouvelle fenêtre), moins de 50 % de la population a reçu trois doses du vaccin.

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