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Des travailleurs étrangers sont déjà arrivés dans les fermes québécoises pour la saison

Un travailleur agricole dans un champ d'asperges.

La main-d'œuvre étrangère a commencé à pointer le bout de son nez dans les fermes du Québec.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

L'arrivée de travailleurs étrangers dans les exploitations agricoles débute dans la grande région de Québec et dans Chaudière-Appalaches.

Leur entrée sur le territoire est toujours soumise à des règles strictes en raison du contexte sanitaire, mais après deux ans de pandémie, tant eux que leurs employeurs se sont habitués aux procédures.

Ce n’est pas encore le grand débarquement, mais ça a commencé, annonce Yves Laurencelle, président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Capitale-Nationale–Côte-Nord.

Ce démarrage en douceur n’a rien d’extraordinaire. L’hiver n’étant pas encore fini, la neige repose toujours au sol par endroits et l’activité dans les champs reste à entreprendre.

Cette année, 1400 travailleurs étrangers sont attendus dans les exploitations agricoles et dans les fermes affiliées à la fédération, qui se répartissent principalement sur l’île d’Orléans ainsi que du côté de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix, de Valcartier, de Portneuf, etc.

Le problème de la pénurie de main-d'œuvre locale

Présentement, de 2 à 3 % d’entre eux sont déjà au Québec, affectés à des travaux dans les serres et à la préparation des semis. Ce nombre de 1400 est en légère augmentation par rapport au chiffre de l’année précédente, qui lui-même était supérieur à celui de l’année d’avant.

Les besoins de nos producteurs sont grandissants. Et surtout, cette évolution illustre le problème de la pénurie de main-d'œuvre locale. Nos membres n’arrivent pas à recruter sur place, explique Yves Laurencelle.

À la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère (FERME), on met en avant la nécessité d’avoir recours à des employés venus de l’extérieur.

Ces travailleurs sont essentiels à la survie de nos entreprises et de nos fermes. Sans eux, on ne pourrait pas manger autant de fruits et de légumes québécois, estime Fernando Borja, directeur général de la Fondation.

Mieux préparés

La procédure pour faire venir ce personnel saisonnier est toujours aussi lourde et contraignante que l’an passé. La COVID-19 oblige les travailleurs à montrer patte blanche.

Ça fait deux ans que nos membres et aussi les travailleurs étrangers sont là-dedans. Ce n’est pas facile, mais ils savent à quoi s’attendre, indique le responsable de l’UPA.

Un travailleur mexicain travaille sur une ferme québécoise.

Les travailleurs étrangers saisonniers dans le milieu agricole au Québec viennent en majorité du Mexique et du Guatemala.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Il ajoute que cette majorité de Mexicains et de Guatémaltèques ainsi que d'autres travailleurs en provenance de pays divers (d’Algérie, de Cuba ou du Vietnam) ont préparé leur venue bien à l'avance et en conséquence. Il est d’autant plus important pour eux d’agir ainsi que leur emploi temporaire au Québec leur permet de faire vivre leur famille.

Fernando Borja note que certains agriculteurs ont encore des interrogations sur les règles à observer, notamment en ce qui a trait aux périodes de quarantaine et aux tests de dépistage.

En ce qui concerne la vaccination, beaucoup de travailleurs étrangers ont reçu leurs deux doses au Québec la saison précédente, ce qui facilite les choses aujourd’hui, tout comme le fait que la plupart d’entre eux reviennent d’année en année, et ce, dans les mêmes exploitations.

Traitement simplifié des demandes

Cette fois-ci encore, Guy Pouliot, copropriétaire de la Ferme Onésime Pouliot à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, a fait appel à ses habitués en plus d’en recruter quelques nouveaux.

Il y en a qui ont pris leur retraite et j’ai besoin d’agrandir certaines équipes, confie-t-il. Cela lui fera 282 paires de bras pour ses cultures de fraises et de framboises ainsi que pour la pépinière.

Guy Pouliot, de la ferme Onésime Pouliot à l'île d'Orléans, porte un manteau noir devant un bâtiment de ferme.

Guy Pouliot, de la ferme Onésime Pouliot sur l'île d'Orléans, embauchera près de 300 travailleurs étrangers cette saison pour récolter ses fraises et ses framboises.

Photo : Radio-Canada

Ce producteur reconnaît avoir eu des inquiétudes l’automne dernier. Services Canada avait du retard dans le traitement des demandes. Mais ils se sont bien rattrapés.

Quant aux démarches à effectuer auprès des autorités étrangères, cela n’a plus rien à voir avec ce qu’il a connu. Là où il fallait huit semaines avec le Mexique, ça demande huit jours maintenant. Ils ont supprimé le papier. Tout se fait en ligne. Ça va beaucoup plus vite.

Au printemps 2020, à cause de la pandémie, Guy Pouliot se demandait si ses saisonniers allaient pouvoir venir. Au printemps 2021, compte tenu des lourdeurs administratives, il se demandait quand ils allaient venir. Cette année, ça va bien.

Reste à savoir maintenant si les conditions météorologiques seront propices à de bonnes récoltes. Dame Nature n’est jamais avare de bonnes (ou de mauvaises) surprises. Elle se plaît à demeurer imprévisible.

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