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Ukraine : deux roquettes frappent la gare de Kramatorsk, faisant au moins 52 morts

Des voitures calcinées garées devant un bâtiment.

Des missiles ont été lancés sur la gare de trains de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, alors que des opérations d'évacuation de civils étaient en cours.

Photo : Getty Images / FADEL SENNA

Radio-Canada

Deux roquettes russes se sont abattues sur la gare de Kramatorsk, dans la région de Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine, tuant au moins 52 personnes, dont 5 enfants, et en blessant une centaine d’autres, selon le gouverneur de la région, Pavlo Kyrylenko.

Une cinquantaine sont dans un état grave, beaucoup vont mourir, car ils ont perdu beaucoup de sang, et nous manquons de sang ici, a indiqué un militaire qui était présent sur place et qui a participé à l’évacuation des blessés.

Des centaines de personnes s'y étaient rendues dans l'espoir de trouver un train pour quitter la ville, sous menace d'une offensive russe majeure.

Le patron de la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia, Oleksandre Kamychine, a dénoncé une frappe délibérée sur sa chaîne Telegram.

Quatre voitures étaient brûlées devant la gare, dont l'entrée et l'intérieur étaient couverts de sang. De longues traces étaient visibles sur le trottoir et des rangées de bancs étaient carbonisées.

Les restes d'un missile sur le sol

Les restes d'un des missiles qui ont frappé la gare.

Photo : afp via getty images / Herve Bar

Sur le parvis de la gare, les restes d'un missile étaient toujours visibles. On pouvait y lire en russe pour nos enfants. Des bagages abandonnés et d'innombrables débris et éclats de verre jonchaient les quais et les environs de la gare.

Les corps, déposés devant des petites boutiques attenantes, ont été évacués dans des camions de l'armée, selon le correspondant de l'AFP.

Des voitures calcinées garées devant un bâtiment.

Des missiles ont été lancés sur la gare de trains de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, alors que des opérations d'évacuation de civils étaient en cours.

Photo : Getty Images / FADEL SENNA

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé un mal sans limites déchaîné par la Russie et des méthodes inhumaines.

Sans la force et le courage de nous affronter sur le champ de bataille, ils annihilent cyniquement la population civile. C'est un mal qui n'a pas de limite. Et s'il n'est pas puni, il ne s'arrêtera jamais, a-t-il écrit sur Telegram.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Un porte-parole des services de sécurité ukrainiens, Artiom Dekhtiarenko, a également dénoncé cette nouvelle frappe des fascistes russes.

Pour sa part, Moscou a immédiatement démenti être responsable de l'attaque. Elle a affirmé ne pas disposer du type de missile qui aurait été utilisé, et a dénoncé une provocation ukrainienne. Elle a même accusé l'Ukraine d'avoir délibérément tiré sur la gare de Kramatorsk.

Une douzaine de corps couverts de bâches dehors.

Des civils ont été tués dans l'attaque perpétrée à Kramatorsk.

Photo : Getty Images / Herve Bar

Le but de la frappe orchestrée par le régime de Kiev sur la gare ferroviaire de Kramatorsk était d'empêcher le départ de la population de la ville afin de pouvoir l'utiliser comme bouclier humain, a accusé le ministère russe de la Défense, assurant que le missile avait été tiré depuis la localité de Dobropillia.

Ce type d'argument avait aussi été utilisé pour démentir les accusations d'exactions et de crimes de guerre commis notamment à Boutcha. La ville située à 30 km au nord-ouest de Kiev a été bombardée puis occupée pendant un mois par des soldats russes. À leur départ, des dizaines de cadavres vêtus en civil, dont certains les mains liées dans le dos, ont été découverts.

Conquérir le Donbass

Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l'Ukraine, la Russie a fait de la conquête du Donbass, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses, son objectif prioritaire.

Le ministère russe de la Défense a indiqué plus tôt vendredi que son armée avait détruit, avec des missiles de haute précision, des armements et équipements militaires dans les gares de Pokrovsk, Sloviansk et Barvinkove, localités toutes situées non loin de Kramatorsk.

Alors que les Russes multiplient les attaques dans le sud et l'est, les autorités ukrainiennes s'efforcent d'évacuer les civils.

Des dizaines de personnes transportant des bagages marchent sur une allée traversant des rails de train.

Des résidents du Donbass se pressent vers un quai de la gare de Kramatorsk.

Photo : Getty Images / AFP/FADEL SENNA

Les évacuations par train, qui avaient été interrompues en raison de la destruction d'une partie de la voie ferrée, avaient repris dans la nuit de jeudi à vendredi, selon le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. Ce dernier encourageait depuis plusieurs jours les habitants à partir pour ne pas se condamner à la mort.

Trois trains d'évacuation transportant des habitants de la région de Louhansk et de Donetsk ont pu partir vers l'ouest. La voie a été réparée, avait-il précisé tôt vendredi, avant l'attaque sur la gare de Kramatorsk.

De nombreux observateurs estiment que le président russe Vladimir Poutine veut à tout prix une prise du Donbass avant la parade militaire du 9 mai marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, célébration la plus importante en Russie.

Les efforts d'évacuation se poursuivent ailleurs en Ukraine

L'attaque de la gare de Kramatorsk survient au moment où les autorités ukrainiennes tentent de mettre en place 10 couloirs humanitaires pour permettre l’évacuation de civils d’autres villes assiégées par les troupes russes.

Ces 10 couloirs sécurisés annoncés par la vice-première ministre ukrainienne Irina Verechtchouk concernent tous des villes du sud et de l’est du pays. Mme Verechtchouk a précisé que 4676 civils avaient pu être évacués au cours de la journée de jeudi.

Un véhicule aux couleurs de la Croix-Rouge mène un convoi d'autobus et de voitures sur une route.

Convoi du Comité international de la Croix-Rouge qui escorte des résidents de Marioupol.

Photo : Twitter/Comité international de la Croix-Rouge

Parmi les villes ciblées figure évidemment Marioupol, mais les civils cherchant à fuir la localité portuaire devront utiliser des véhicules privés.

Le négociateur ukrainien Mikhaïlo Podoliak a précisé, lors d’une intervention télévisée, que les autorités ukrainiennes travaillaient sur la possibilité d’évacuer par la mer les civils bloqués à Marioupol, assiégée depuis les premiers jours de l’invasion russe lancée le 24 février.

Les nombreuses tentatives visant à permettre le libre passage des habitants de Marioupol et la livraison d’aide humanitaire à la ville en toute sécurité ont régulièrement échoué ces dernières semaines, Russes et Ukrainiens se rejetant la responsabilité de ces échecs.

Selon le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, près de 5000 civils sont morts au cours de la semaine écoulée et des dizaines de milliers d’habitants y sont toujours pris au piège, privés d’eau, de vivres et d’électricité.

La région frontalière de Soumy est libérée des forces russes

La région de Soumy, frontalière de la Russie dans le nord-est de l’Ukraine, a été totalement libérée des forces russes, a annoncé vendredi le chef de l’administration régionale Dmytro Jivitsky.

Le territoire de la région est libéré des Orques, a annoncé M. Jivitsky sur Telegram, en utilisant le surnom tiré du livre Le seigneur des anneaux fréquemment donné aux soldats russes en Ukraine. Par contre, il a indiqué que la zone n’était pas sûre et que des opérations de déminage étaient en cours.

Également dans le nord du pays, le maire de Tcherniguiv, Vladyslav Atrochenko, a affirmé à l'agence de presse Unian que plus de 700 personnes sont mortes dans la ville depuis le début de l'invasion russe. Il a précisé que les victimes étaient des militaires et des civils, et que les deux tiers des habitants avaient fui la localité.

Plus au sud, la région de Louhansk tenait toujours bon vendredi, selon les autorités régionales.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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