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Des locataires résignés à vivre dans un logement qui ne leur convient pas

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47% des locataires du Nouveau-Brunswick disent habiter un logement en mauvais état.

Photo : Radio-Canada

Devant la faiblesse de l’offre, des locataires du Grand Moncton au Nouveau-Brunswick se résignent à habiter des appartements où ils se sentent mal à l'aise. Très peu d’appartements abordables et en bon état sont disponibles sur le marché, selon eux.

Kylee Schmidt a quitté la Saskatchewan pour venir s’installer à Moncton l’automne dernier. Trouver un appartement a été une expérience ardue pour son conjoint et elle. C’était difficile. J’ai regardé partout sur Facebook, sur Kijiji et en ligne pour tenter de trouver un logement qui convenait à notre budget et, surtout, qui acceptait les animaux, raconte la propriétaire de deux chats.

Après une première mauvaise expérience dans un appartement partagé avec d’autres locataires du centre-ville de Moncton, elle et son conjoint ont finalement trouvé un appartement d’une chambre dans un demi-sous-sol à 1080 $ par mois.

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Kylee Schmidt a quitté la Saskatchewan pour le Nouveau-Brunswick à l'automne 2021.

Photo : Radio-Canada

Pour la grandeur de l’appartement, le prix peut aller. Mais le quartier et les alentours auraient vraiment besoin d’améliorations, déplore Kylee Schmidt.

Régulièrement, elle et son conjoint ne se sentent pas en sécurité dans leur quartier.

« J’ai déjà averti les propriétaires de bruits et de cris qui provenaient des logements avoisinants. Mais on m’a répondu que c’était monnaie courante. »

— Une citation de  Kylee Schmidt, locataire d'un appartement à Moncton

La situation « n'est pas normale » au Nouveau-Brunswick

Sofiane Hadj-Said est arrivé au Canada en 2016 et habite au Nouveau-Brunswick depuis 2018. Après des années à louer des chambres peu entretenues aux alentours de 600 $ par mois, il a finalement trouvé un appartement de deux chambres à 1000 $ par mois.

Il se considère comme étant chanceux. Aujourd’hui, on ne peut pas trouver un logement de deux chambres à 1000$ à Moncton, c’est impossible.

Sofiane Hadj-Said.

Sofiane Hadj-Said habite au Nouveau-Brunswick depuis 2018.

Photo : Radio-Canada

Mais son appartement n’est pas parfait. Il explique que plusieurs réparations sont à faire et que ses fenêtres sont pleines de moisissures. Mais il craint d’informer son propriétaire de la situation. Les locataires, on n’a pas de droits. [...] Je pourrais me plaindre à mes propriétaires, mais ils vont me répondre "d’accord, tu sors d’ici".

Les situations de Sofiane Hadj-Said et Kylee Schmidt sont loin d’être marginales au Nouveau-Brunswick. Un rapport gouvernemental qui fait état de la situation du logement locatif dans la province a été publié l’année dernière. (Nouvelle fenêtre) Parmi les 4600 locataires qui ont participé au sondage, 47 % ont dit habiter un logement en mauvais état, et 27 % jugent l’emplacement de leur appartement comme étant indésirable.

Le même rapport note également que de nombreux locataires de la province ne se sentent pas protégés dans leurs droits face aux propriétaires.

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27 % des locataires du Nouveau-Brunswick décrivent l’emplacement de leur appartement comme étant indésirable (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

« De ce que je vois et entends d’autres immigrants et de locataires autour de moi, la situation du logement au Nouveau-Brunswick n’est pas normale. »

— Une citation de  Sofiane Hadj-Said, locataire d'un appartement à Moncton

Payer plus cher pour un logement décent

Après quelques mois à habiter leur demi sous-sol, Kylee Schmidt et son conjoint ont décidé de trouver un appartement plus récent, dans un quartier qu’ils jugent plus sécuritaire.

Ils déménageront le 1er mai prochain pour un logement d’une chambre qui leur coûtera un peu plus de 1200 $ par mois, sans aucune charge comprise. Kylee Schmidt est consciente qu’elle devra se serrer la ceinture pour y arriver. Et pas question de faire des économies. Tous nos revenus serviront à payer nos factures, explique-t-elle.

Sofiane Hadj-Said, quant à lui, est résigné à rester à son appartement pour l’instant. Les appartements qui coûtent 1000 $ et 1300 $ ne sont pas confortables, mais je ne peux pas me permettre plus.

Mais la situation locative au Nouveau-Brunswick est sur le point d’avoir raison de lui. Il songe même à quitter la province. Ça ne veut pas dire que je suis en train de critiquer la province. C'est une très belle province. Les gens sont gentils. Mais y'a des choses comme [la situation du logement], on aimerait bien que ça se règle, tu vois, laisse-t-il tomber.

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