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Budget 2022 : beaucoup pour le logement, mais rien de concret pour le tramway de Gatineau

Montage photo d'un tramway avec en arrière-plan le parlement d'Ottawa et le Musée canadien de l'histoire à Gatineau.

Le document budgétaire déposé jeudi par la ministre des Finances Chrystia Freeland ne fait nullement mention de Gatineau et de son projet de tramway.

Photo : Radio-Canada / Laury Dubé

Ottawa et Gatineau avaient de grandes attentes pour la construction de logements abordables supplémentaires. À ce chapitre, le gouvernement de Justin Trudeau a répondu à l’appel. Par contre, ce que la grande région de la capitale fédérale va surtout retenir de ce plus récent budget, c’est qu’il n’y a aucun mot sur un engagement financier clair du fédéral pour le tramway de Gatineau.

Il y a une semaine, la mairesse de Gatineau France Bélisle avait été sans équivoque sur ce qu’elle espérait voir dans le budget fédéral à propos du tramway. Je m’attends à ce que le gouvernement fédéral se positionne et j'espère voir des mesures concrètes, avait-elle déclaré.

Il est pas mal rendu minuit moins une, s'était-elle exclamée, marquant ainsi l’urgence de la situation. Il n’y a pas grand monde qui n’est pas au courant qu’on tape du pied pour un engagement sur le tramway.

« Ce serait le fun de voir Gatineau clairement nommée. »

— Une citation de  France Bélisle, mairesse de Gatineau, 29 mars 2022

Le document budgétaire déposé jeudi par la ministre des Finances Chrystia Freeland ne fait nullement mention de Gatineau et de son projet de tramway. Tout au plus, le fédéral compte faire des changements au Programme d’infrastructure Investir dans le Canada dans lequel Gatineau peut espérer des sommes d'argent pour son tramway.

Sans une indication du gouvernement dans le budget sur le tramway, des élus gatinois avaient laissé entendre qu’il serait difficile de respecter l'échéancier du projet et que, sans une réponse claire, ils allaient devoir prendre des décisions.

La mairesse avait même laissé entendre qu’abandonner le projet faisait partie des possibilités, même si elle avait insisté pour dire que, pour le moment, on n’en est pas là.

« Le train n'a pas encore quitté la gare, mais on souhaite que les députés régionaux embarquent une fois pour toutes dans le train pour qu'on puisse enfin décoller. Mais effectivement, on a des préoccupations que ça n'a pas été spécifiquement nommé dans le budget. »

— Une citation de  Daniel Champagne, maire suppléant, Gatineau

En fin de journée, jeudi, le président du conseil d'administration de la STO Jocelyn Blondin et le maire suppléant Daniel Champagne avaient tout de même confiance dans l'avancement du projet du tramway. Les deux hommes fondent beaucoup d'espoir dans la création d'un bureau de projet interprovincial de transport en commun au sein de la CCN censé analyser la gouvernance du projet.

Si le fédéral n'y avait pas cru au tramway, il n'y aurait pas eu la création de ce bureau de projet, a soutenu M. Blondin, qui rappelle que le fédéral investit près de 5 millions de dollars dans la mise sur pied de ce bureau. Il y a un nouveau partenaire qui vient d'embarquer. Et ça, ça m'encourage.

Le projet de tramway est évalué à plus de 3 milliards de dollars, selon les différentes projections. Québec a déjà manifesté son intention de financer le projet à 60 %, mais le gouvernement fédéral s’est contenté d’un accord de principe.

Rien sur le 6e pont

Également, le budget n’offre pas plus d'informations sur un possible 6e pont.

Après avoir doté Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) et la Commission de la capitale nationale (CCN) d’un bureau de projet censé évaluer les besoins d’un point de passage supplémentaire, la ministre des Finances n’a pas donné plus de détails sur ce projet dans son document budgétaire.

Un immeuble d'appartements.

Des logements abordables seront construits à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Logements abordables

La nouvelle entente entre le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral semble avoir été bénéfique pour le logement, puisque le gouvernement Trudeau s’engage à doubler le nombre de logements construits au Canada d’ici 10 ans.

Les gens ont besoin de logements où vivre. Le problème, c’est que le Canada n’a pas suffisamment de logements, reconnaît la ministre des Finances dans son document budgétaire. Il nous en faut plus, et ce, rapidement.

La situation est particulièrement critique pour les personnes en situation d’itinérance ou qui risquent de le devenir, a souvent dénoncé François Roy, le coordonnateur de Logemen’Occupe, un organisme qui lutte pour l’amélioration des conditions de logement de la population à faible revenu de l'Outaouais urbain.

Le coordonnateur soutient qu’à Gatineau près de 15 000 ménages dépenseraient plus de 30 % de leurs revenus sur leur loyer. La crise est vraiment pire que jamais et, malheureusement, il ne se construit pas assez de logements sociaux pour répondre au besoin, a-t-il dénoncé à la veille du dépôt du budget.

François Roy répond aux questions d'un journaliste.

François Roy, coordonnateur de l’organisme communautaire Logemen'Occupe.

Photo : Radio-Canada

Afin de s’assurer qu'un plus grand nombre de logements abordables puissent être construits, le gouvernement propose de prolonger l’Initiative pour la création rapide de logements pour une troisième fois.

Le budget 2022 propose de fournir 1,5 milliard de dollars sur deux ans, à compter de 2022-2023, à la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Ce nouveau financement devrait permettre de créer au moins 6000 nouveaux logements abordables à travers le pays.

« Le budget de cette année présente peut-être le plan le plus ambitieux que le Canada ait jamais eu à mettre en œuvre pour régler ce problème fondamental. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances

Dans la même optique, le gouvernement choisit de devancer un financement de 2,9 milliards de dollars prévus dans le Fonds national de co-investissement pour le logement, de sorte que tous les fonds restants seront dépensés d’ici 2025-2026.

Cette décision accélérera la création d’un maximum de 4300 nouveaux logements et la réparation d’un maximum de 17 800 logements pour les Canadiens vulnérables [itinérants, aînés, personnes avec un handicap, etc.] qui en ont le plus besoin, peut-on lire.

De plus, le budget 2022 propose de fournir 475 millions de dollars en 2022-2023 pour verser un paiement unique de 500 $ à ceux qui font face à des difficultés d’accès au logement abordable.

Le gouvernement compte aussi financer plusieurs mesures visant à soutenir les acheteurs d’une première maison et à faire de l’accès à la propriété une réalité pour les locataires.

Le maire suppléant Daniel Champagne est demeuré presque de marbre devant les nouvelles constructions immobilières promises par le fédéral dans son budget. Il a rappelé que selon l'Office de l'habitation de l'Outaouais, Gatineau a besoin à elle seule de 1000 logements abordables, le sixième de ce qui a été promis par le fédéral pour l'ensemble du Canada.

On se réjouit que le gouvernement fédéral puisse démontrer une volonté d'attaquer la situation du logement abordable, mais de toute évidence, c'est très mince comme investissement et, à notre avis, clairement pas suffisant, a-t-il commenté.

« Il y a très peu de progrès à notre avis pour le respect du droit au logement. »

— Une citation de  François Roy, coordonnateur, Logemen'Occupe

Même son de cloche du côté de Logemen'Occupe qui trouve que les mesures budgétaires ne régleront pas le problème des ménages à faibles et modestes revenus qui n'ont pas les moyens de payer les 1000 à 2000 $ par mois de loyer qui sont normalement les coûts moyens d'un logement abordable.

Si on se retrouve dans cette situation aussi catastrophique, c'est parce que le gouvernement fédéral depuis 1994 s'est complètement désengagé de la construction de logements à prix modique, a-t-il expliqué. On aurait pu recentrer les efforts sur la création de logements qui s'adressent aux ménages vulnérables.

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