•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des organismes dénoncent le manque d’information sur le projet Onimiki

Un rapide dans un lac, l'hiver.

Kipawa est l'un des lieux privilégiés pour le développement du projet de minicentrale Onimiki. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Des groupes environnementaux déplorent le manque d’information et de consultations concernant Onimiki, un projet de minicentrales hydroélectriques au Témiscamingue.

Les groupes environnementaux affirment qu'après plusieurs demandes adressées aux promoteurs d'Onimiki, ils n’arrivent pas à obtenir des informations sur les possibles répercussions du projet.

On veut savoir en fait à quel niveau ils veulent réduire le débit de la rivière, mais on est incapable d'avoir de l'information, se désole le porte-parole des Amis de la rivière Kipawa, Louis Riopel.

Une carte de la rivière Kipawa indiquant où seraient localisées les minicentrales.

Les deux minicentrales hydroélectriques seront situées respectivement aux abords de la rivière des Outaouais et à la sortie du lac Tee.

Photo : Carte tirée du site web d'Onimiki

D’autres organismes environnementaux signalent également qu’il leur manque de l'information quant aux éventuels changements de débits d’eau, et qu’ils n'ont pas encore reçu de réponse.

Pour l'instant, on n'a pas d'information sur ces régimes hydriques anticipés, et c'est ça qui nous préoccupe. C'est qu'on ne peut pas évaluer les impacts alors que c’est quelque chose qui risque d’avoir des impacts majeurs pour ces deux rivières là, explique Yves Grafteaux, directeur général de l’Organisme du bassin versant du Témiscamingue (OBVT).

Une consultation publique devait se tenir au printemps 2020, mais a été reportée en raison de la pandémie. Elle n’a toujours pas eu lieu.

Le projet Onimiki est porté par les communautés des Premières Nations de Kebaowek et de Wolf Lake, et la MRC de Témiscamingue.

La préfète de la MRC de Témiscamingue, Claire Bolduc, assure que le projet sera respectueux de l’environnement. Elle mentionne que les travaux sont en cours pour obtenir des données précises sur le projet et ses conséquences.

Pour toutes les communautés impliquées, que ce soit la MRC, que ce soit les communautés autochtones de Kebaowek et Wolf Lake, on travaille pour le mieux pour notre population. S’il y a des groupes environnementaux qui trouvent que ça prend du temps, on est désolés si ça les incommode, mais quand on va aller vers les gens, on aura quand même des informations concrètes à partager, dit-elle.

Claire Bolduc dans son bureau.

Claire Bolduc, préfète de la MRC de Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Claire Bolduc assure qu’une consultation publique aura lieu, et elle a bon espoir que ce sera avant l’adoption du projet, prévue pour juillet.

On le souhaite énormément, ce serait le meilleur scénario possible. On pense que c’est réaliste. Maintenant, il faut quand même avoir les bonnes informations à partager, ajoute-t-elle.

Cependant, les organismes veulent connaître les répercussions du projet avant que son élaboration ne soit terminée.

Ce que l'on craint, c’est que le projet soit tout préparé et que, quand vient le temps de nous consulter, nos préoccupations ne soient pas prises en compte, parce que le projet est trop avancé, souligne Louis Riopel.

Le Conseil régional en environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) et l’Association des riverains des lacs Tee et Moulin partagent les inquiétudes de l’OBVT et des Amis de la rivière Kipawa.

Les inquiétudes environnementales

L’Organisme du bassin versant du Témiscamingue (OBVT), le Conseil régional en environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) et l’Association des riverains des lacs Tee et Moulin ont plusieurs préoccupations quant au changement du débit de la rivière Kipawa.

Par exemple, dans le ruisseau Gordon, il y a des sédiments qui sont chargés en métaux lourds. S’il y a plus de débit, il peut y avoir plus de remises en suspension de ces sédiments-là, indique Yves Grafteaux.

Les perturbations du débit pourraient également influer sur les populations de poissons.

La rivière Kipawa.

La rivière Kipawa

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

Il y a des cycles naturels dans les cours d'eau qui sont changés, modifiés; les poissons pourraient avoir de la difficulté à accéder à des sites de reproduction au printemps, ajoute-t-il.

Claire Bolduc insiste pour dire qu’elle n’aurait pas appuyé le projet si elle n’avait pas été convaincue qu’il était positif sur le plan environnemental. La société Pek collabore avec la MRC pour l’étude du projet.

Les variations de débit, les enjeux environnementaux directs et indirects sont tous actuellement considérés. Il y a des firmes spécialisées qui accompagnent la société Pek dans ces travaux-là, conclut-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !