•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Sénat confirme la nomination de la juge Jackson à la Cour suprême américaine

L’engagement électoral de Joe Biden deviendra réalité : pour la première fois de son histoire, la Cour suprême américaine comptera dans ses rangs une femme noire.

Chargement de l’image

Le président Biden avait invité la juge Ketanji Brown Jackson à la Maison-Blanche pour suivre le déroulement de ce vote historique.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Trois sénateurs républicains se sont joints, jeudi, aux démocrates pour donner le feu vert à la nomination de Ketanji Brown Jackson à la plus haute juridiction du pays. La 116e juge nommée à la Cour suprême sera la première femme noire à y siéger en 233 ans.

Avec 53 voix contre 47, la juge Jackson a ainsi rallié l'ensemble du caucus démocrate ainsi que les républicains Mitt Romney, Lisa Murkowski et Susan Collins.

Ces trois élus avaient signalé leur intention il y a quelques jours, ce qui avait ouvert la voie à une confirmation qui n'aurait pas besoin de la voix prépondérante de la vice-présidente Kamala Harris en cas d'égalité.

L'annonce des résultats, accueillie par une ovation debout dans le camp démocrate, avait été retardée en raison du retard du sénateur républicain Rand Paul pour le vote.

Le président Joe Biden, qui avait invité la juge Jackson à la Maison-Blanche pour le déroulement du vote, a applaudi au résultat sur Twitter.

« La confirmation [de la nomination] de la juge Jackson a été un moment historique pour notre nation. Nous avons fait un pas de plus pour que notre plus haute cour reflète la diversité de l'Amérique. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Elle sera une juge incroyable, et j'ai été honoré de partager ce moment avec elle, a-t-il écrit.

Signe de l'importance de ce vote, c'est Kamala Harris, première femme noire à accéder à la vice-présidence, qui en a assumé la présidence.

C’est un jour merveilleux, un jour joyeux, un jour inspirant, s'est exclamé avant le vote le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, saluant le modèle qu'offrira la juge Brown à des générations d'enfants.

C'est un grand moment pour la juge Jackson, mais c'est un moment encore plus grand pour l'Amérique, qui s'élève vers ''une union plus parfaite'', a-t-il dit, faisant allusion à la Constitution américaine.

L'heure n'était cependant pas à la célébration dans les rangs républicains, qui ont confirmé la nomination de trois juges conservateurs au cours des dernières années.

Aujourd’hui, l’extrême gauche a obtenu la juge de la Cour suprême qu’elle voulait, a affirmé le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avant le vote.

La magistrate de 51 ans prêtera serment lorsque le juge progressiste Stephen Breyer, qui a décidé de prendre sa retraite, cessera de siéger cet été.

L'expérience professionnelle de la juge Jackson, une diplômée de Harvard qui siège à la cour fédérale d'appel de Washington, tranche avec le profil habituel de ceux qui l'ont précédée ou qui œuvrent présentement à la Cour : au milieu des années 2000, elle a été avocate de la défense dans le service fédéral d'aide juridique.

Éviter un contrôle encore plus marqué de la droite

La juge Brown est la première juge nommée à la Cour suprême par les démocrates en 12 ans, puisque les républicains, lorsqu'ils contrôlaient le Sénat à l'ère de Barack Obama, avaient refusé de tenir un vote sur la nomination de Merrick Garland.

Donald Trump, lui, a ensuite pu nommer trois juges, cimentant ainsi le contrôle de l'aile conservatrice de la Cour, vraisemblablement pour des décennies.

L'arrivée de la juge Jackson ne changera pas l'équilibre de la Cour – six conservateurs et trois progressistes – puisqu'elle succède au juge progressiste Stephen Breyer, le doyen de l'institution à 83 ans.

Elle permettra toutefois aux démocrates d'éviter un scénario comme celui qu'avait provoqué la mort de la juge Ruth Bader Ginsburg en septembre 2020, qui avait fait basculer la Cour suprême plus à droite.

Une Cour qui ressemble davantage à l'Amérique

Chargement de l’image

De gauche à droite en commençant par la rangée du haut, les juges de la Cour suprême américaine Brett Kavanaugh, Elena Kagan, Neil Gorsuch, Amy Coney Barrett, Samuel Alito, Clarence Thomas, John Roberts (juge en chef), Stephen Breyer et Sonia Sotomayor.

Photo : Getty Images / AFP/ERIN SCHAFF

Depuis son arrivée en poste, Joe Biden a davantage mis l'accent sur la diversité que son prédécesseur Donald Trump.

Lors de la nomination de la juge Jackson à la Cour suprême, en février dernier, Joe Biden avait insisté sur la représentativité.

Pendant trop longtemps, notre gouvernement, nos tribunaux, n'ont pas ressemblé à l'Amérique. Je crois qu'il est temps que nous ayons une cour qui reflète tous les talents et la grandeur de notre nation, avec une candidate aux qualifications extraordinaires, avait-il dit en annonçant son choix.

Sur les 116 juges nommés à la Cour suprême depuis 1789, 108 ont été des hommes blancs.

Pour la première fois, ceux-ci ne seront pas majoritaires à la Cour, qui comptera dès cet été quatre hommes blancs et un homme noir, ainsi que quatre femmes, soit deux Blanches, une Hispanique et une Noire.

L'ancien président Barack Obama, premier président afro-américain, a félicité la juge Jackson sur Twitter, saluant un grand jour pour l'Amérique et un moment de fierté dans notre histoire. Se tournant elle aussi vers ce réseau social, l'ex-première dame Michelle Obama s'est pour sa part dite très émue.

Comme beaucoup d'entre vous, je ne peux m'empêcher d'éprouver un sentiment de fierté – un sentiment de joie – de savoir que cette femme noire accomplie et méritante fera partie de la plus haute cour du pays, a-t-elle écrit.

Joe Biden avait annoncé son intention de nommer une juge noire à la Cour suprême vers la fin du cycle des primaires démocrates.

Avant même de connaître l'identité de la juge choisie, des républicains avaient critiqué la décision, s'insurgeant contre l'exclusion des Blancs de ce processus.

Les audiences consacrées à sa nomination ont ensuite été marquées par la partisanerie. Décrite par des élus du camp républicain comme une militante de la gauche radicale et de la culture woke, la juge Jackson a dû répondre à des questions qui ne sont habituellement pas posées à un candidat, comme : Pouvez-vous définir le mot ''femme''? ou Les bébés sont-ils racistes?

Certains républicains l'ont aussi accusée d'avoir fait preuve de laxisme à l'égard des pédophiles, ce dont elle s'est défendue. Plusieurs analystes ont perçu cette ligne d'attaque comme une allusion aux théories complotistes de QAnon, qui font de la pédophilie une question centrale.

Avec les informations de Washington Post

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !