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Approbation du projet Bay du Nord : de vives réactions à Terre-Neuve-et-Labrador

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« C’est une nouvelle économique incroyable pour la province », dit Andrew Furey, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / David Richard

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Les réactions fusent de toutes parts à propos du mégaprojet pétrolier Bay du Nord, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui vient de recevoir l’aval du gouvernement fédéral.

D’un côté, la province crie victoire en pensant aux importantes redevances et à la création d’emplois, de l’autre, les environnementalistes sont indignés et parlent d’un recul du Canada dans sa lutte contre les changements climatiques.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, peut pousser un soupir de soulagement. Le rejet du projet aurait été perçu comme un énorme échec pour son gouvernement libéral.

C’est que les redevances seront considérables, de l’ordre de 3,5 milliards de dollars, pour la province la plus endettée au pays.

Le premier ministre répète que la création d’emploi liée à ce projet stimulera l’économie, qui en a réellement besoin.

C’est une nouvelle économique incroyable pour la province. Elle montre notre engagement envers cette industrie et ses ressources précieuses pendant cette période de transition. Elle montre aussi notre engagement envers les travailleurs et cela donne de l’espoir à une industrie qui a tant souffert dans les dernières années, dit Andrew Furey.

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Selon Equinor, le gisement pourrait permettre de produire au moins 300 millions de barils de brut sur 30 ans.

Photo : Radio-Canada

À Terre-Neuve-et-Labrador, tous les députés fédéraux et provinciaux, sauf un, approuvent ce mégaprojet pétrolier. 

Le ministre fédéral du Travail et député de St. John's-Sud - Mount Pearl, Seamus O’Regan, s’est réjoui de l’annonce sur son compte Twitter.

Un contrôle des émissions

Le ministère de l’Environnement et du Changement climatique soutient, dans un communiqué, que le projet Bay du Nord devra respecter certaines conditions environnementales les plus strictes jamais imposées.

Le gouvernement fédéral affirme que des technologies de pointe seront utilisées pour s’attaquer à la pollution durant l’extraction du pétrole.

La ministre du Développement économique rural du Canada et députée de Long Range Mountains, à Terre-Neuve-et-Labrador, Gudie Hutchings, qualifie ce projet de grande nouvelle pour la province.

Ce sera le projet le plus propre et le plus écologiquement protégé de son genre dans l’histoire du Canada. Je suis fière d’avoir travaillé avec mes collègues pour mener à bien ce projet, dit-elle sur son compte Twitter.

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Charlene Johnson, présidente et directrice générale d'Energy N.L.

Photo : Radio-Canada / Ted Dillon

De son côté, la présidente et directrice générale d'Energy N.L., Charlene Johnson, vante les mérites du projet, affirmant qu’il s’agit de l’un des projets pétroliers les plus faibles en émission de dioxyde de carbone au monde.

Le projet Bay du Nord est un élément essentiel dans notre démarche pour atteindre la carboneutralité, tout en fournissant des emplois et des avantages économiques importants, dit-elle.

Un seul député provincial contre le projet

Le député provincial qui dénonce ce projet est Perry Timper, député indépendant pour la circonscription Lake Melville, au Labrador.

Ce scientifique n’est pas très surpris de la décision du gouvernement fédéral d’approuver le projet et se dit conscient que sa province se retrouve devant deux grandes luttes : la crise climatique et la crise fiscale de la province.

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Perry Trimper est député indépendant de Lake Melville.

Photo : Radio-Canada

« Si on va continuer avec le style de vie avec le pétrole, ça va continuer d’être plus sérieux pour nos petits enfants et leurs petits enfants. »

— Une citation de  Perry Timper, député indépendant, Lake Melville, au Labrador

Bay du Nord sera le cinquième projet pétrolier de la province. Pour Perry Trimper, c’est justement là que le bât blesse.

Mais le problème, c’est pour nous, c’est du déjà vu. On vient de faire quatre projets pétroliers et nous sommes encore avec de gros problèmes, dit-il.

Perry Trimper croit que la province doit plutôt se concentrer sur la transition énergétique et la diversification des ressources.

Des environnementalistes indignés

Pour plusieurs environnementalistes, le problème est plutôt du côté des émissions lors de la combustion du pétrole, et non lors de l’extraction, sur laquelle le gouvernement fédéral dit vouloir se concentrer.

C’est le cas de Sarah Sauvé, de Social Justice Co-operative de Terre-Neuve-et-Labrador.

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Sarah Sauvé, Social Justice Co-operative de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada

La majorité des émissions, ça se passe quand on brûle du pétrole, pas à l'extraction. Donc ça va peut-être avoir un effet minime sur les émissions, mais en général, l’impact [des technologies annoncées par le gouvernement fédéral] ne sera pas énorme, dit-elle. 

Sarah Sauvé se dit incroyablement déçue par l’approbation du projet par le gouvernement fédéral. C’est en opposition directe de toute la recherche qu’on a au niveau international, qui démontre qu’il faut arrêter maintenant de créer des nouveaux projets et d’extraire du pétrole. Il faut se [diversifier] maintenant, pas attendre 5 ans, pas attendre 10 ans, ça sera trop tard.

« C’est notre dépendance sur l’industrie pétrolière qui nous a mis dans cette situation. La solution, ce n’est pas de mettre plus d’argent là dedans, c’est de diversifier. »

— Une citation de  Sarah Sauvé, Coopérative de justice sociale et environnementale de T.-N.-L.

Équiterre n’a pas tardé non plus à réagir à l’annonce mercredi, dénonçant le projet sur les médias sociaux.

Produire du pétrole qu’on dit vert ou propre, c’est une vue de l’esprit : ça n’existe pas. Du pétrole, c’est du pétrole : il y aura des impacts, peu importe la manière dont il est produit ou la manière dont il est brûlé, peut-on aussi lire sur le compte Twitter d'Équiterre.

Julia Levine, gestionnaire de programmes du groupe Environmental Defence, une organisation canadienne de défense de l’environnement, soutient que le mégaprojet pétrolier produira jusqu’à un milliard de barils de pétrole, qui produiront à leur tour 400 millions de tonnes de dioxyde de carbone, l’équivalent de faire fonctionner 100 usines de charbon pendant un an.

Nous devons assumer la responsabilité des impacts du pétrole et du gaz que nous émettons dans le monde, lance-t-elle.

La mise en exploitation du projet est prévue pour 2028. Des discussions doivent se poursuivre entre les gouvernements fédéral et provincial et Equinor, la compagnie pétrolière norvégienne responsable du projet.

Avec les informations de Patrick Butler, du Réveil Nouvelle-Écosse et T.-N.-L., de CBC et du Téléjournal Acadie

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