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Planter une microforêt au bord d’une autoroute

Trois hommes sur un terrain gazonné en bordure d'une autoroute.

Sébastian Doyon, président du groupe RPL, Yoann Dhion et Charles Marty, de l'organisme Hyf Forêts urbaines, sur le site qui accueillera la microforêt, à Boisbriand.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

« Personne n'aurait jamais pensé à planter une forêt ici », reconnaît Yoann Dhion, en pointant une bande de terrain gazonné, à quelques mètres de l'autoroute 640. C'est pourtant cet endroit que des amoureux de la nature ont choisi pour planter quelque 300 végétaux, sur une surface de 100 mètres carrés.

Le lopin de terre en question se trouve au fond du stationnement de Groupe RPL, dans un parc industriel de Boisbriand, au nord de Montréal. Je voulais faire des jardins sur le toit, explique le président de l’entreprise, Sébastian Doyon. Puisque la structure du bâtiment ne permettait pas ce type d'installation, il a fini par entrer en contact avec M. Dhion, un gérant de boulangerie qui jongle avec l'idée des microforêts depuis plusieurs années.

L'idée initiale vient du Japon, raconte M. Dhion. Le professeur Miyawaki est allé chercher des graines d'arbres dans les cimetières japonais, parce que ce sont des lieux sacrés et qu'on y trouvait des essences indigènes du Japon.

L'équipe de l'OBNL Hyf Forêts urbaines a elle aussi sélectionné une vingtaine d'espèces indigènes à planter à Boisbriand. Il y aura plusieurs espèces d'érables. Pour les conifères, on va mettre du pin blanc, de l'épinette, du mélèze, explique Charles Marty, membre de l’organisme, qui est aussi chercheur en écologie forestière à l'Université du Québec à Chicoutimi. Le petit espace comptera également de nombreux arbustes et des arbres fruitiers.

En tout, quelque 300 végétaux seront plantés de manière très dense, de façon à recréer une forêt naturelle. La densité est telle que tous les arbres ne pourront pas survivre; certains vont mourir, poursuit M. Marty. Cette complexité sur le plan de la structure permet de concevoir des habitats pour de nombreuses espèces, que ce soit des oiseaux, de petits mammifères, des rongeurs.

Ce projet vise à vérifier si une telle microforêt peut survivre à nos latitudes, explique le chercheur. Deux forêts de ce type ont été plantées en 2021 par l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, mais le concept est encore peu fréquent.

Les microforêts sont beaucoup plus nombreuses au Japon et en Inde, où elles ont été implantées depuis les années 1970, indique Yoann Dhion. On a les premières mesures au Japon et les résultats sont impressionnants : ça pousse, a priori, dix fois plus vite qu'une forêt traditionnelle.

Le concept va plus loin que l'approche ornementale, qui a longtemps dominé l'aménagement des forêts urbaines. Il fallait que ce soit beau, explique M. Dhion. On est maintenant rendu à réfléchir différemment et à se demander comment on peut stocker un maximum de carbone et où.

Un projet issu de l'Incubateur civique

Yoann Dhion a eu la piqûre forestière grâce à son père, arboriculteur, mais pour mettre son projet de microforêts sur pied, lui et son équipe ont profité du soutien de la Maison de l'innovation sociale, un organisme montréalais dont la mission est d'accompagner les citoyens qui veulent mettre sur pied des projets à portée sociale ou environnementale.

L'Incubateur civique vise à aider au démarrage de projets variés, explique Hugo Steben, de la Maison de l'innovation sociale. Dans des projets embryonnaires ou en amorçage, on n'a pas 100 % de taux de succès, mais par la suite, ces personnes-là s'engagent dans d'autres projets, peuvent changer de trajectoire de carrière. Certains sont même devenus des élus.

Si les gens avaient connaissance de ce type d'accompagnement, on aurait peut-être plus de beaux projets environnementaux et sociaux, croit Yoann Dhion. Toutes ces idées qui restent dans la tête des gens, dans leur salon, pourraient être mises à profit.

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