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COVID-19 : appel à la vigilance des deux côtés de la rivière des Outaouais

Une femme d'Ottawa portant un masque attend l'autobus.

Le port du masque n'est plus obligatoire en Ontario, mais il l'est encore au Québec (archives).

Photo : CBC/Trevor Pritchard

Radio-Canada

Alors que la sixième vague de COVID-19 touche un peu moins la région de l'Outaouais, plusieurs signaux font état d’une progression de la pandémie ces derniers jours, selon la Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais. Une raison suffisante pour rester vigilant, selon elle.

Actuellement, 14 personnes sont hospitalisées en lien avec la COVID-19, dont une personne se trouve aux soins intensifs. Une légère augmentation qui s’ajoute à d’autres signaux qui démontrent que l’Outaouais n’en a pas fini avec la pandémie.

Depuis au moins deux semaines, on a des signaux assez forts d’une augmentation de la transmission communautaire dans la région. On semble avoir commencé à avoir une augmentation un peu plus tard que les autres régions, mais la transmission est clairement en augmentation dans la région, au moins depuis deux semaines. On voit une augmentation dans les cas, on le voit aussi dans le nombre d’éclosions actives. On a plus de nouvelles éclosions dans les milieux de soins et aussi dans les milieux d’hébergement. Notre taux de positivité de nos tests est aussi en augmentation et depuis la fin de la semaine dernière, on commence à voir une augmentation dans les nouvelles hospitalisations, constate, mercredi, la Dre Pinard, en entrevue à l’émission Les Matins d’ici.

« C’est une augmentation très légère pour le moment, mais considérant qu’on voit une augmentation dans l’ensemble de nos indicateurs, c’est fort probable qu’on va continuer à voir une augmentation dans les hospitalisations dans les prochains jours, dans les prochaines semaines. »

— Une citation de  Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais

La région semble moins affectée par cette nouvelle vague, mais il pourrait ne s’agir que d’un impact décalé, poursuit-elle.

On pense que les régions qui ont été plus affectées par les vagues précédentes, en particulier la cinquième vague, pourraient être un peu plus protégées présentement de cette sixième vague à cause de l’immunité collective qui serait en place, avance la Dre Pinard, sans vouloir toutefois tirer de conclusions trop hâtives.

La directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais rappelle toutefois que ce n’est pas toute la population qui est vaccinée ou qui a déjà contracté la COVID. Elle appelle donc à la plus grande vigilance pour se protéger, mais aussi protéger les personnes les plus vulnérables à des complications, en raison de leur âge, de leur état de santé ou de leur situation vaccinale.

Garder les mesures en place

Raison pour laquelle, elle accueille favorablement la décision de Québec de prolonger le port obligatoire du masque jusqu’au 30 avril.

C’est une mesure qui est toujours en place du côté du Québec, donc la meilleure chose qu’on peut faire présentement, c’est de la prolonger pour nous aider à éviter de continuer d’avoir une transmission en augmentation de manière importante. Comme c’est une mesure qui est en place, c’est plus facile de la conserver pour nous aider à gérer la situation.

Une femme accorde une entrevue via vidéoconférence.

Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l’Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

La Dre Pinard préconise également de maintenir les habitudes prises depuis deux ans.

On a beaucoup appris lors de la pandémie, on sait quoi faire lorsqu’il y a une augmentation du risque de transmission, on sait très bien qu’il faut pratiquer la distanciation physique, mettre le masque, pratiquer aussi l’hygiène des mains et faire attention aux personnes vulnérables. C’est un temps important pour pratiquer ces bons comportements et optimiser notre vaccination, dit-elle.

La situation actuelle inquiète aussi du côté de l’Ontario. Les plus petits bureaux de santé de l’est de la province constatent une hausse des hospitalisations qui pourrait annoncer, prochainement, une situation similaire dans les grands centres urbains, comme à Ottawa.

Selon le Dr Robert Cushman, médecin hygiéniste par intérim du comté de Renfrew, le gouvernement de Doug Ford est allé trop vite en levant certaines restrictions comme le port du masque obligatoire. Il aurait préféré que l’Ontario adopte une approche progressive similaire à celle du Québec, remarquant que le port volontaire du masque dans les zones rurales est moins important que dans les centres urbains.

Spécialiste des maladies infectieuses à l'Université Queen's, le Dr Gerald Evans estime que la décision du gouvernement Ford d'adopter une seule stratégie provinciale de lutte contre la COVID-19 pourrait entraîner des lacunes dans certaines régions.

Si nous voulons gérer les choses à l'échelle provinciale et non régionale, ​​nous devons tenir compte de ce qui se passe dans certaines de ces petites unités de santé à faible population, dit-il.

La santé sous pression

En Outaouais, la situation pandémique fait l’objet d’une grande surveillance, alors qu’actuellement, le taux d’occupation dans les hôpitaux de la région est très élevé et que près de 170 employés du CISSS de l’Outaouais sont absents en raison de la COVID-19.

« La pression augmente présentement, donc c’est vraiment important de demeurer vigilants dans tous les milieux qu’on fréquente. »

— Une citation de  Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais

La pression augmente, parce qu’on voit le nombre de travailleurs de la santé affectés en augmentation aussi. C’est certain que ça demande une gestion beaucoup plus serrée. Présentement, il y a une équipe du CISSS - une équipe dédiée - pour suivre les travailleurs qui sont affectés, soit comme cas ou encore comme contact domiciliaire. Il y a un suivi très étroit fait pour évaluer la situation de chaque personne pour s’assurer que si on s’approche d’un bris de service, qu’il y ait une bonne gestion pour la santé du travailleur et aussi pour prévenir les risques de transmission dans les milieux de soins, explique la Dre Pinard.

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, le Dr Cushman encourage les résidents à continuer de porter le masque, à limiter leurs contacts et même d’y penser à deux fois avant d'aller à un match de hockey, car l'augmentation des cas et des hospitalisations pourrait affecter l’économie.

La quantité de COVID dans la communauté affecte certainement notre capacité à accélérer la reprise économique, dit-il.

Avec des informations d’Andrew Foote et de Matthew Kupfer, CBC News

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