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Attentat au Métropolis en 2012 : un survivant témoigne au procès civil

Des policiers montant la garde autour du Métropolis.

Les plaignants reprochent à la SQ et au SPVM d'avoir été négligents le soir de l'attentat contre la première ministre élue, Pauline Marois, il y a 10 ans.

Photo : Getty Images / AFP

La Presse canadienne

Un technicien qui a survécu à la fusillade mortelle survenue au cours de la nuit de l'élection provinciale de 2012 a indiqué mardi, lors de son témoignage au procès civil sur l'intervention policière, qu'il pense encore à ce qu'il aurait pu faire pour sauver son collègue tué dans l'attentat.

Guillaume Parisien a décrit comment il a été appelé à la dernière minute pour aider à démonter la scène du Métropolis de Montréal, arrivant peu de temps avant le début de la fusillade, dans la nuit du 4 septembre 2012.

Richard Henry Bain a été reconnu coupable en 2016 d'un chef d'accusation de meurtre au deuxième degré et de trois chefs d'accusation de tentative de meurtre relativement à la fusillade survenue à l'extérieur du Métropolis, alors que la première ministre élue Pauline Marois prononçait un discours de victoire à l'intérieur.

Le technicien de scène Denis Blanchette a été tué dans l'attaque et son collègue David Courage a été blessé après avoir été touché par la même balle.

M. Parisien a décrit au tribunal les événements de cette nuit où le corps de M. Blanchette est tombé sur lui après la fusillade.

« C'était la terreur absolue. Je me suis dit, j'aurais dû prendre un moment pour voir si Denis allait bien, pour voir si je pouvais faire pression sur ses blessures. [...] J'aurais au moins pu le battre [le tireur]. »

— Une citation de  Guillaume Parisien

M. Parisien a déclaré au juge Philippe Bélanger de la Cour supérieure qu'il était aux prises avec des problèmes d'alcool et de drogue depuis septembre 2012, et a multiplié de façon exponentielle sa consommation depuis ce temps. Il a admis avoir pris de la cocaïne avant et pendant sa déposition auprès des avocats de la Ville en 2018.

Il a décrit la honte, la colère, le stress et les cauchemars qu'il a vécus après la fusillade.

M. Parisien et trois autres survivants qui ont été témoins de l'attaque affirment que la police de Montréal et la Sûreté du Québec n'ont pas correctement sécurisé l'événement et demandent 125 000 $ chacun, ainsi que plusieurs milliers de dollars pour une thérapie, en plus d'une somme forfaitaire de 100 000 $ en dommages-intérêts punitifs.

Les plaignants disent avoir subi un stress post-traumatique et d'autres dommages psychologiques en raison de la fusillade.

Un enregistrement bouleversant

À la barre, M. Parisien jouait nerveusement avec un stylo, intercalant souvent des jurons dans son témoignage.

M. Parisien a exprimé sa colère face au manque de présence policière sur les lieux, déclarant au tribunal qu'il y avait plus de sécurité dans les cinémas.

Lors de son témoignage, il s'est touché l'épaule sur laquelle Denis Blanchette est tombé et où il ressent encore de la douleur.

Lors de l'audience de mardi, le tribunal a entendu un enregistrement au 911 de M. Parisien rapportant la fusillade. En l'entendant, il est devenu visiblement bouleversé.

Ce que je ressens, ça me fait mal au cœur et à la tête, a-t-il confié.

La poursuite, qui a été déposée en mars 2019, indique que les plaignants ont connu des périodes de dépression et de dépendance à l'alcool et/ou à la drogue et ont ressenti des sentiments de honte et de culpabilité résultant du traumatisme.

Les procédures se poursuivent cette semaine.

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