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Des solutions proposées pour pallier la pénurie de médecins dans le Nord

La façade d'un hôpital.

La salle d'urgence de l'hôpital Red Lake a été fermée pendant plusieurs heures la semaine dernière.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Radio-Canada

Plus d'une semaine après qu'une pénurie de médecins a entraîné la fermeture de la salle d'urgence de Red Lake, des professionnels de la santé se penchent sur des solutions possibles pour le Nord de l'Ontario.

Les chefs de personnel du Nord-Ouest ont envoyé une note d'information aux politiciens et à d'autres personnes intéressées par la question, y compris des actions qui pourraient aider.

Plusieurs médecins ont également parlé à CBC de solutions possibles au problème à court et à long terme.

Deux personnes ont été transportées de Red Lake à Dryden par ambulance pendant la fermeture de Red Lake.

La présidente du Conseil des chefs du personnel du Nord-Ouest affirme que ce qui s'est passé là-bas se produira probablement dans la plupart des petits hôpitaux de la région au cours des six prochains mois.

C'est très grave, dit la Dre Sara Van Der Loo.

Dre Sara Van Der Loo, chef du personnel dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Selon la Dre Sara Van Der Loo, ce qui s'est passé à Red Lake se produira probablement dans tous les petits hôpitaux du Nord-Ouest de l'Ontario au cours des six prochains mois.

Photo : Dre Sara Van Der Loo

Le gouvernement et l'Association médicale de l'Ontario (OMA) ont déjà donné suite à certaines solutions à la pénurie de médecins que les médecins de la région avaient proposées auparavant. Celles-ci incluent :

  • permettre aux médecins des régions rurales du Nord de travailler à temps partiel. Une nouvelle Entente sur les services médicaux, ratifiée par les médecins à la fin mars, permet le travail à temps partiel;
  • faciliter le transfert d'une pratique pour les médecins en permettant aux contrats de se chevaucher afin qu'un médecin sortant puisse en encadrer un nouveau. La nouvelle entente de services médicaux permet un chevauchement de trois mois;
  • réévaluer le nombre de médecins nécessaires dans les collectivités du Nord et ajuster le financement en conséquence;
  • augmenter le nombre d'étudiants en médecine dans la province. L'Ontario a annoncé qu'il ajoutera 160 places de premier cycle et 295 postes de troisième cycle aux facultés de médecine au cours des cinq prochaines années.

Voici cinq autres solutions possibles qui ont été proposées par les chefs de personnel et les médecins qui ont parlé avec CBC.

1. Offrir aux médecins de l'urgence des communautés rurales un accès virtuel en temps réel à des spécialistes

L'un des obstacles au recrutement de médecins pour effectuer des quarts de travail dans les salles d'urgence de communautés rurales est la peur des médecins de se retrouver seuls avec un patient souffrant d'une maladie de laquelle ils n'ont aucune expérience, selon la Dre Sarah Newbery, doyenne associée de la stratégie de la main-d'œuvre médicale à l’Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario.

La Dre Sarah Newbery de l'École de médecine du Nord de l'Ontario.

La Dre Sarah Newbery, doyenne associée de la stratégie de la main-d'œuvre médicale à l'Université de l'École de médecine du Nord de l'Ontario, affirme que la Colombie-Britannique fait « l'envie du pays » lorsqu'il s'agit de soutenir les médecins ruraux.

Photo : Twitter/Dre Sarah Newbery

Elle affirme que le Nord-Ouest de l'Ontario pourrait surmonter cet obstacle en mettant en place un système d'accès virtuel en temps réel à des spécialistes sur appel.

La Colombie-Britannique dispose d'un tel système, auquel les médecins peuvent accéder à partir de leurs téléphones intelligents, a-t-elle ajouté.

2. Offrir du financement pour les déplacements et l'hébergement des résidents en médecine afin qu'ils effectuent des stages facultatifs dans les communautés du Nord

Présentement, les résidents en médecine doivent payer de leur poche tout voyage et l’hébergement.

Cela peut être dissuasif si ceux-ci paient déjà le loyer d'un appartement dans le Sud de l'Ontario, affirme la Dre Newbery.

Nous savons qu'un résident postdoctoral sur cinq qui vient faire un stage facultatif dans le Nord de l'Ontario reviendra pour un travail futur, déclare Mme Newbery.

3. Veiller à ce que les médecins remplaçants qui se rendent dans la région emmènent un médecin résident de leur établissement d'attache

Dans le cadre de l'Initiative rurale et du Nord de l'Université de Toronto, des suppléants associés au programme de médecine familiale emmènent les médecins résidents dans le Nord lorsqu'ils s'y rendent pour exercer.

Répliquer le programme avec d'autres écoles ne devrait pas être difficile, affirme la Dre Newbery.

4. L'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario doit faciliter l'octroi de permis aux diplômés internationaux des facultés de médecine qui souhaitent travailler dans le Nord

Lorsque certains diplômés internationaux en médecine arrivent au Canada pour la première fois, le collège leur donne un permis restreint et les oblige à travailler sous supervision pendant un an ou plus.

La personne responsable du recrutement de médecins dans le district de Rainy River a déclaré avoir recruté un médecin formé aux États-Unis vers 2015 et que les responsables avaient dû nommer trois autres médecins pour assumer ces rôles de mentorat et de supervision.

Todd Hamilton s'occupe du recrutement de médecins à Fort Frances.

Todd Hamilton s'occupe du recrutement de médecins à Fort Frances.

Photo : Todd Hamilton

Les médecins sont déjà occupés. La raison pour laquelle nous sommes dans ce genre de situation, c'est qu'ils sont surchargés de travail, indique Todd Hamilton.

Certaines communautés n'ont même pas trois médecins, dit-il.

5. Plus d'incitatifs et d'obligations de retour de service pour amener les médecins dans le Nord

Les recruteurs d'hôpitaux et les chefs du personnel du Nord-Ouest demandent davantage d'arrangements, par exemple la gratuité ou la réduction des droits de scolarité, un allégement de la dette ou d'autres avantages pour les nouveaux diplômés en médecine durant une période de service dans une communauté du Nord.

Les Forces armées peuvent offrir de couvrir les frais de scolarité des médecins dans les écoles de médecine en Ontario et ils peuvent obtenir un retour de service de cinq à sept ans du médecin de famille, donc je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas le faire pour une communauté rurale, a déclaré Hamilton.

Le système a besoin d'une refonte

La doyenne de l’Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, la Dre Sarita Verma, a indiqué à CBC que la province doit revoir son système de planification des ressources humaines en santé et adopter une approche holistique.

Actuellement, dit-elle, le système comprend plusieurs agences et des dizaines de programmes.

Une femme sourit à la caméra.

La Dre Sarita Verma est doyenne et directrice générale de l'École de médecine du Nord de l'Ontario (EMNO).

Photo : Markus Schwabe de CBC News

Nous avons besoin d'un système intégré, cohérent et prévisible qui est bien financé sur une longue période, affirme-t-elle.

Elle ajoute que la nouvelle Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, qui était auparavant liée aux universités Lakehead et Laurentienne, aspire à devenir un influenceur dans le domaine de la politique de santé du Nord.

Avec les informations de Heather Kitching, de CBC

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