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Norme sur le nickel : le gouvernement caquiste permet cinq fois plus d’émissions

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Le secteur du port de Québec sera particulièrement scruté. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

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Malgré l’opposition citoyenne, le gouvernement caquiste confirme qu'il adoptera le 28 avril un règlement visant à augmenter de cinq fois la limite quotidienne d'émissions de particules de nickel dans l'air ambiant.

La nouvelle norme quotidienne de 70 nanogrammes par mètre cube (ng/m3) ainsi qu'une norme annuelle de 20 ng/m3 permettent au Québec de s'ajuster aux normes en vigueur ailleurs au Canada, notamment en Ontario, ainsi qu'en Europe, peut-on lire dans un communiqué du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Le gouvernement soutient que le comité chargé d’examiner la nouvelle norme a conclu qu’il était avantageux et sécuritaire de modifier le taux de particules permises dans l’air.

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Selon le ministre Benoit Charette, le Québec est la première province à avoir atteint ses cibles de protection de la biodiversité.

Photo : Radio-Canada

La CAQ se targue aussi de protéger le public des effets cancérigènes des particules, puisque la norme sera basée sur une période de 24 heures.

À noter que la norme annuelle est la norme la plus utilisée à l'international, plusieurs États n'appliquant pas de norme journalière. [...] Une valeur sur 24 heures protégera les individus plus sensibles qui pourraient être affectés plus rapidement que la population générale s'ils sont exposés à de fortes concentrations, indique-t-on dans le communiqué.

Le changement de norme est venu à la demande des minières, dont Glencore qui possède des installations dans le Port de Québec.

La compagnie a salué la décision du gouvernement. Le projet de règlement est le résultat du travail de quatre experts indépendants et d’un comité interministériel dont les travaux se sont étalés sur quatre ans, précise dans un courriel la porte-parole Amélie Rouleau.

QS redemande la démission de Benoit Charette

En prenant connaissance des intentions du gouvernement, les députés de Québec solidaire (QS) ont demandé à nouveau au ministre de l'Environnement du Québec de démissionner.

En autorisant les entreprises à polluer encore plus, le ministre Charette nous donne une autre raison pour laquelle il doit démissionner! Visiblement, il n’est pas le ministre de l’Environnement, mais plutôt celui des entreprises, indique Émilise Lessard-Therrien, responsable solidaire en matière d’environnement.

Les députés solidaires promettent de continuer à se battre dans ce dossier.

Si le gouvernement veut continuer d’empoisonner notre monde, il va nous trouver sur son chemin, soutient le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti.

Même son de cloche du côté de l'opposition officielle. La porte-parole libérale, Isabelle Melançon, affirme que l'environnement n'est visiblement pas au coeur des priorités du gouvernement caquiste.

Marchand demande au gouvernement de s’expliquer

La décision est loin de plaire au maire de Québec, Bruno Marchand. Le conseil municipal s’était unanimement prononcé contre la hausse de la norme en février.

Je ne peux certainement pas m’en réjouir. Je continue de penser qu’avant de modifier la norme, le gouvernement avait le devoir d’expliquer comment il ferait appliquer la réglementation, explique le maire Marchand.

Rappelons que la question des émissions de nickel est sensible pour de nombreux citoyens de Québec, notamment ceux qui résident dans le secteur Limoilou. Certains se plaignent de la qualité de l’air dans leur quartier depuis des années.

« Le ministère de l’Environnement doit maintenant expliquer aux citoyens qui sont inquiets pour leur santé de quelle façon il va faire respecter la nouvelle norme. »

— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec
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Bruno Marchand, le maire de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Du côté de Québec d'Abord, on déplore aussi la décision de Québec.

L'acceptabilité sociale c'est important pour le tramway mais pas pour la qualité de l'air. Il serait temps que la CAQ cesse de polluer l'air des citoyens de Québec, déclare le chef du parti, Claude Villeneuve.

Après ça, ils veulent nous faire croire que la CAQ se soucie de l'acceptabilité sociale?, a aussi twitté Jackie Smith, cheffe de Transition Québec.

Citoyens en colère

De nombreux citoyens en désaccord avec l'assouplissement de la norme étaient en rogne mardi, comme Véronique Lalande.

Grande déception et l'impression, encore fois que la vie des citoyens ne fait jamais le poids face au lobby de l'industrie du nickel, écrit par courriel celle qui fait partie de l'Initiative citoyenne de vigilance du Port de Québec

Mme Lalande croit que le gouvernement n'a jamais voulu changer son fusil d'épaule sur la question de la hausse, peu importe ce qu'on lui présentait. Si on ne souhaite pas soumettre ses décisions à l'épreuve des faits, on peut au moins avoir la décence de le dire.

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Ève Duhaime est membre du Conseil de quartier de Maizerets et de la Table citoyenne Littoral Est.

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, le président du conseil de quartier du Vieux-Limoilou Raymond Poirier a l'intention de maintenir la pression.

On va continuer à réclamer ce droit-là, et évidemment, sur le nickel, on va espérer qu’il y aura un recul, qu’on reviendra au statu quo, qu’on entendra le principe de précaution. Et on espère que les mesures autres qui viendront documenter et agir sur la pollution atmosphérique iront au-delà de ce qui a été annoncé actuellement, ce qui est largement insuffisant, réagit M. Poirier.

Suivi de Québec :

  • Un groupe de travail indépendant, chargé de brosser un portrait de la problématique de la contamination de l'air dans le quartier Limoilou, a été formé par le gouvernement du Québec. Il doit remettre son rapport le 1er décembre 2022. Son mandat est d'identifier les contaminants posant le plus de risques pour l'environnement et la santé et de proposer des mesures concrètes pour minimiser ces risques.
  • Le 18 février 2022, le ministre Charette a annoncé l'installation d'une nouvelle station de suivi de la qualité de l'air dans Limoilou. Elle viendra s'ajouter aux sept stations existantes sur le territoire de la Capitale-Nationale.
  • Un projet de suivi, d'une durée d'un an, sera réalisé en 2022, afin de mesurer les concentrations de métaux dans d'autres secteurs susceptibles de présenter des concentrations élevées de nickel.

    Source : Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques


Avec les informations de Louise Boisvert, Pierre-Alexandre Bolduc et de David Rémillard

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