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Après Boutcha, les Occidentaux veulent des enquêtes sur les « crimes de guerre »

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Volodymyr Zelensky a visité Boutcha, où les services d'urgence continuait de rassembler les cadavres de civils tués pendant l'occupation russe, le 4 avril 2022.

Photo : afp via getty images / Ronaldo Schemidt

Radio-Canada

L'exécution présumée de civils ukrainiens par l'armée russe à Boutcha, en banlieue de Kiev, continue de susciter l'indignation à travers le monde. Réunis lundi pour élaborer de nouvelles sanctions contre Moscou, certains dirigeants européens n'ont pas hésité à parler de « génocide », ce qu'a refusé de faire le président américain, réclamant toutefois un « procès pour crime de guerre ».

Le président ukrainien lui-même s'est rendu à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, où les services d'urgence ukrainiens continuaient lundi d'arpenter les rues et les domiciles pour rassembler les corps de civils tués pendant l'occupation russe.

« Ce sont des crimes de guerre et ce sera reconnu par le monde comme un génocide. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Selon M. Zelensky, il est devenu plus difficile pour l'Ukraine de négocier avec la Russie, à mesure qu'elle prend connaissance des atrocités commises par les soldats russes, qui ont amorcé leur retrait de la région de Kiev. Plus la Fédération de Russie fait traîner en longueur le processus de rencontres, pire ce sera pour eux, pour cette situation et pour cette guerre.

Des cadavres dans une rue.

Le corps de civils jonchent une rue de Boutcha, en banlieue de Kiev, le 2 avril 2022, après le retrait des forces russes.

Photo : Reuters / Zohra Bensemra

Occupée dès le 27 février par l'armée russe, Boutcha (36 000 habitants) a été inaccessible pendant plus d'un mois. Les bombardements y ont cessé jeudi et les forces ukrainiennes ont pu y pénétrer complètement il y a quelques jours. Samedi, les funestes découvertes ont commencé à faire surface.

Le nombre total de morts reste encore incertain. Selon la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés à Boutcha et dans d'autres territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes, qui s'en sont retirées pour se redéployer vers l'est et le sud.

Le bureau de la procureure a notamment annoncé la découverte des corps de cinq civils non armés avec les mains liées dans la cave d’un sanatorium pour enfants à Boutcha. Dans une publication accompagnée de photos sur Telegram, le bureau de la procureure soutient que ces hommes ont été battus avant d’être tués par des soldats des forces armées de la Fédération de Russie.

Poutine est un criminel de guerre, réitère Biden

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Le président américain, Joe Biden, arrive à Washington, le 4 avril 2022.

Photo : Reuters / Leah Millis

Si le président américain a déclaré lundi vouloir un procès pour crimes de guerre après la découverte de nombreux corps à Boutcha, il a toutefois refusé de parler d'un génocide.

Nous devons rassembler les informations et nous devons avoir tous les détails pour avoir un procès pour crimes de guerre, a déclaré Joe Biden devant les journalistes qui l'attendaient à Washington, au retour d'un week-end dans sa résidence familiale du Delaware.

S'agit-il d'un génocide? lui a-t-on demandé. Non, je pense que c'est un crime de guerre, a répondu M. Biden,

Au cours d'une conférence de presse, son conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a précisé la position de la Maison-Blanche. Nous avons vu des atrocités, nous avons vu des crimes de guerre, nous n'avons pas vu jusqu'ici un niveau d'attaque de la vie du peuple ukrainien qui atteigne le niveau du génocide. Mais c'est quelque chose que nous continuons à surveiller, a-t-il expliqué.

Ce qui se passe à Boutcha est scandaleux et tout le monde l'a vu, a par ailleurs soutenu Joe Biden, qualifiant le président russe de brutal.

« Vous vous souvenez peut-être que j'ai été critiqué pour avoir appelé Poutine un "criminel de guerre". Eh bien, la vérité […], c'est qu'il est un criminel de guerre. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Il faut qu'il rende des comptes, a-t-il encore lancé, assurant également qu'il voulait prendre des sanctions supplémentaires contre la Russie.

Plus tôt lundi, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU a annoncé que les États-Unis allaient chercher à obtenir la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme. Nous ne pouvons pas laisser un État membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à cœur participer au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, a tweeté Linda Thomas-Greenfield.

Se disant horrifiée, la haute-commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a quant à elle appelé à préserver toutes les preuves de ces possibles crimes de guerre et violations graves des droits de l'homme.

De son côté, la Russie nie les accusations de l'Ukraine et de ses alliés occidentaux, affirmant que les multiples photographies et vidéos de Boutcha ne sont qu’une provocation et une mise en scène ukrainienne, orchestrée par les États-Unis.

C'est un génocide et il doit être jugé, dit la Pologne

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé lundi à créer une commission d'enquête internationale sur le génocide commis, selon lui, par l'armée russe à Boutcha. Ces massacres sanglants commis par des Russes, des soldats russes, méritent d’être appelés par leur nom. C’est un génocide, et il doit être jugé, a déclaré à la presse Mateusz MorawieckiC’est pourquoi nous proposons de mettre en place une commission internationale pour enquêter sur ce crime de génocide.

Le pétrole russe divise l'Europe

L'Europe s'est réunie lundi pour discuter de nouvelles sanctions à imposer à Moscou, devant les horreurs découvertes en banlieue de Kiev. La Commission européenne prépare ainsi un nouvel ensemble de sanctions et n'exclut pas de proposer aux pays membres un embargo sur le pétrole russe, a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de l'exécutif.

Très clairement, en tant qu'Union européenne, nous devons en faire davantage pour mettre fin à cette guerre et à ces atrocités, a dit Valdis Dombrovskis à son arrivée à une réunion des ministres des Finances de l'UE à Luxembourg.

La Commission prépare déjà le prochain paquet de sanctions et j'espère que les États membres seront en mesure de prendre des décisions sur de prochaines mesures ambitieuses en ce qui concerne les sanctions. Nous devons accentuer la pression sur la Russie et nous devons accentuer notre soutien à l'Ukraine, a-t-il ajouté.

Un embargo sur le pétrole russe pourrait-il figurer dans ce nouveau train de sanctions? En ce qui concerne la Commission, rien n'est exclu, a répondu Valdis Dombrovskis.

L'UE importe environ 40 % de son pétrole et de son gaz de Russie. Elle prévoit déjà réduire des deux tiers sa dépendance à l'énergie russe d'ici la fin de l'année, et s'en défaire complètement d'ici 2030.

L'Allemagne, l'un des pays d'Europe les plus dépendants de l'énergie russe, continue toutefois d'exclure de frapper le secteur gazier russe. Nous devons envisager de dures sanctions, mais à court terme, les livraisons de gaz russe ne sont pas substituables et les interrompre nous nuirait plus qu'à la Russie, a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, avant la réunion avec ses homologues lundi.

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui évoqué des sanctions individuelles et des mesures sur le charbon et le pétrole, mais il n'a pas mentionné les achats de gaz.

Notre dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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