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Les étudiants se seraient démobilisés depuis la pandémie

Des dizaines d'étudiants manifestent devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

Quelques mois avant le début de la pandémie, des étudiants manifestaient, à Sherbrooke, pour réclamer davantage d'actions des gouvernements dans la lutte aux changements climatiques.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des professeurs et des représentants du milieu universitaire constatent une démobilisation des étudiants dans les luttes sociales. La pandémie aurait coupé l'herbe sous le pied de plusieurs mouvements étudiants, en particulier la protection de l'environnement.

En automne 2019, quelques mois avant le début de la pandémie, les marches pour le climat sont qualifiées d'historiques, autant à Sherbrooke qu'à Montréal. Les étudiants se trouvaient au coeur du mouvement.

Mais aujourd'hui, la situation est complètement différente, se désole l'étudiant Guillaume Bernard, qui est vice-président aux affaires locales et environnementales de la Fédération universitaire de l'Université de Sherbrooke.

C'est une grande mobilisation qui s'est tournée autour d'un enjeu qui était fédérateur, tout le monde se représentait dans l'enjeu environnemental, explique-t-il. Il y a quelque chose qui a disparu. La fibre d'implication n'est pas toujours là pour les nouvelles personnes qui arrivent à l'Université. C'est quelque chose qu'on essaie de réengager. Mais ça prend beaucoup d'énergie, beaucoup de force pour le faire.

Enseignement à distance, mesures barrières, diminution des contacts : l'élan de mobilisation a été freiné à plusieurs égards. C'est le point de vue de Stéphanie Gaudet, professeure titulaire de l'École d'études sociologiques et anthropologiques de l'Université d'Ottawa. Je ne suis pas surprise, parce que ce qui fait en sorte que les gens se mobilisent, c'est le fait d'être sollicités, et ça c'est dans tous les groupes d'âge, affirme-t-elle.

Mauvaise santé mentale

Comme facteur de désengagement, la professeure Stéphanie Gaudet ajoute toutefois qu'il est difficile de s'impliquer lorsque notre propre santé mentale fait défaut. En effet, les problèmes psychologiques chez les jeunes se sont accrus au cours des deux dernières années.

En décembre 2020, une enquête de l'Université de Sherbrooke révèle que près de la moitié des jeunes adultes québécois présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression. Et d'autres statistiques similaires ont été publiées depuis.

Pourtant, les avantages de l'engagement étudiant sont grands, rappelle Ophélie Langevin, coordonnatrice par intérim du Comité de mobilisation de l'Association étudiante du Cégep de Sherbrooke.

Pour ma part en tout cas, je sais que l'implication m'a vraiment aidée, avec l'école à distance et tout ça. Je trouve aussi qu'on a un sentiment de reconnaissance, on fait des choses, on accomplit des choses. C'est vraiment cool et l'fun s'impliquer.

Par contre, la jeune femme avoue qu'il est difficile de mobiliser des jeunes qui n'ont jamais connu le Cégep ou l'Université autrement qu'en mode pandémie.

Rencontré sur le campus de l'Université de Sherbrooke, l'étudiant en philosophie, Félix Baril, laisse croire que les mobilisations étudiantes reprendront vie peu à peu.

Avec l'été qui revient, l'assouplissement des mesures, je suis un peu plus poussé vers l'implication, mais c'est sûr que la COVID m'a comme collé dans mon salon, admet-il.

Avec les informations de Christine Bureau

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