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La région de Kiev « libérée », témoignages sur de possibles meurtres de civils

Une dame et un chien devant un paysage de ruines.

Une dame promenait son chien dans la région de Kiev, samedi, après cinq semaines de guerre.

Photo : Getty Images / Alexey Furman

Agence France-Presse

L'Ukraine a annoncé samedi que toute la région de Kiev était désormais « libérée », les forces russes opérant un « retrait rapide » du nord du pays, alors que des témoignages font état de meurtres de civils dans certaines de ces zones.

Pour tenter d'accroître la pression sur Moscou, les États baltes ont de leur côté annoncé samedi cesser leurs importations de gaz russe, dont ils dépendent très largement.

À mesure que les troupes russes se replient, tel qu'annoncé, des régions de Kiev et de Tcherniguiv (nord), les forces ukrainiennes ont pu reprendre des dizaines de localités, dévastées par les combats : Irpin, Boutcha, Gostomel et toute la région de Kiev ont été libérées de l'envahisseur, a affirmé la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

Mais à Boutcha, au nord-ouest de Kiev, près de 300 personnes ont dû être enterrées dans des fosses communes, a raconté à l'AFP son maire, Anatoly Fedorouk. Toutes ces personnes ont été abattues, tuées, d'une balle à l'arrière de la tête, assure-t-il, ajoutant que parmi les habitants de sa ville ayant péri il y a des hommes et des femmes de tous âges.

Un journaliste de l'AFP y a vu les cadavres d'au moins 20 hommes en vêtements civils, l'un d'eux avec les mains liées dans le dos, à côté d'un passeport ukrainien ouvert reposant sur le sol.

La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss s'est dite, sur Twitter, horrifiée par les atrocités à Boutcha et d'autres villes en Ukraine. Les informations rapportées sur les forces russes visant des civils innocents sont abjectes. Le Royaume-Uni travaille avec d'autres pays pour rassembler des preuves et soutenir l'enquête sur les crimes de guerre menée par la Cour pénale internationale, a-t-elle ajouté.

Un homme passe devant un véhicule blindé brûlé à Marioupol, en Ukraine.

Un homme passe devant la carcasse incendiée d'un véhicule blindé de transport de troupes près de bâtiments détruits dans la ville portuaire de Marioupol, dans le sud de l'Ukraine.

Photo : Reuters

Boutcha et la ville voisine d'Irpin – où selon les services d'urgence, 643 engins explosifs ont été désactivés depuis le départ des forces russes – ont été le théâtre de certains des combats les plus féroces depuis que la Russie a attaqué l'Ukraine le 24 février.

Et dans une zone proche de Kiev, un photographe et documentaliste ukrainien chevronné, Maks Levine, dont on était sans nouvelles depuis trois semaines, a été retrouvé mort, tué par balle, ont annoncé samedi les autorités ukrainiennes. Pour le parquet ukrainien, le photographe a été victime de tirs de soldats russes.

Le retrait rapide des forces russes du nord du pays, signifie qu'elles veulent s'emparer à la fois du Donbass et du sud de l'Ukraine, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une allocution vidéo samedi soir.

Une femme âgée marche avec un chariot devant un grand immeuble de logements endommagé par les bombes.

Un convoi de la Croix-Rouge devait se rendre à Marioupol vendredi mais a dû abandonner sa mission parce que le corridor humanitaire promis par Moscou n'était pas ouvert.

Photo : Reuters / Alexander Ermochenko

Le conseiller présidentiel ukrainien Mykhaylo Podolyak a averti sur les réseaux sociaux que sans armes lourdes, nous ne serons pas en mesure de chasser les troupes russes.

Au 38e jour de l'invasion de l'Ukraine, le négociateur en chef ukrainien dans les pourparlers de paix avec la Russie, David Arakhamia, a cependant affirmé que Moscou avait accepté « oralement » les principales propositions ukrainiennes, à l'exception de celle qui concerne la Crimée, ajoutant que Kiev attendait désormais une confirmation écrite. S'exprimant dans une émission télévisée, il a laissé entendre que les discussions visant à mettre fin aux hostilités avaient considérablement avancé.

Vendredi, la Russie, accusant l'Ukraine d'avoir mené une frappe par hélicoptères sur son sol, avait pourtant agité la menace d'un durcissement des négociations. Un incendie s'est déclaré dans les installations de stockage de carburant du géant de l'énergie Rosneft à Belgorod, ville russe à environ 40 kilomètres de la frontière avec l'Ukraine.

Des débris dans une rue de Marioupol.

Une route et des bâtiments endommagés par les combats à Marioupol

Photo : Reuters

Pression supplémentaire sur la Russie, les États baltes ont cessé d'importer du gaz naturel russe qui n'est plus acheminé vers la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie depuis le 1er avril, a indiqué samedi le dirigeant de l'entreprise de stockage lettone Conexus Baltic Grid.

Si nous pouvons le faire, le reste de l'Europe peut le faire aussi!, a-t-il affirmé. Les pays baltes sont désormais desservis par des réserves de gaz stockées sous terre en Lettonie.

Sur Twitter, le président lituanien Gitanas Nauseda a appelé le reste de l'Union européenne à suivre l'exemple des pays baltes : À partir de ce mois-ci, plus de gaz russe en Lituanie, a-t-il déclaré.

Selon Eurostat, en 2020, la Russie comptait pour 93 % des importations estoniennes de gaz naturel, 100 % des importations lettones et 41,8 % des importations lituaniennes.

Les États-Unis ont interdit l'importation de pétrole et de gaz russes après l'invasion de l'Ukraine, mais pas l'UE qui s'approvisionnait en Russie à hauteur de 40 % environ en 2021.

Les efforts des troupes russes pour consolider leurs positions dans le sud et l'est de l'Ukraine se sont heurtés à la résistance des Ukrainiens à Marioupol, où quelque 160 000 personnes seraient toujours bloquées et dont au moins 5000 habitants ont été tués, selon les autorités locales.

Pour Moscou, contrôler Marioupol permettrait d'assurer une continuité territoriale de la Crimée jusqu'aux deux républiques séparatistes prorusses du Donbass, Donetsk et Lougansk.

La centrale nucléaire de Tchernobyl.

La centrale de Tchernobyl a été le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire de l'histoire en 1986.

Photo : Reuters / Gleb Garanich

Impossibles pendant des semaines, des évacuations ont commencé à petite échelle. Vendredi, les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6266 personnes, dont 3071 de Marioupol, a affirmé le président Zelensky dans la nuit de vendredi à samedi.

Quelque 1263 personnes ont voyagé samedi de Marioupol et Berdiansk à Zaporojie par leurs propres moyens, et une dizaine de bus en convoi sont partis de Berdiansk, avec à leur bord 300 habitants de Marioupol, a annoncé la vice-première ministre Iryna Verechtchouk sur Telegram. D'autres évacuations ont eu lieu dans l'Est du pays.

Toujours dans le sud, à Energodar, ville occupée par les forces russes, une manifestation de civils a été dispersée samedi par des tirs de grenades assourdissantes qui ont fait quatre blessés, selon une responsable ukrainienne et des vidéos diffusées sur Internet.

En Russie, au moins 211 personnes ont été arrêtées dans 17 villes, dont Moscou et Saint-Pétersbourg, pour avoir protesté contre la guerre, a indiqué l'ONG spécialisée OVD-Info.

Un char russe détruit en Ukraine.

Des soldats ukrainiens devant l'épave calcinée d'un char russe à l'extérieur du village de Mala Rogan, à l'est de Kharkiv

Photo : Getty Images / SERGEY BOBOK

Des manifestations assises avaient été annoncées sur les réseaux sociaux dans une trentaine de villes, de Vladivostok (Extrême-Orient) à Sotchi (sud). Les organisateurs voulaient protester contre l'effondrement de l'économie russe, contre [le président russe Vladimir] Poutine et pour la libération de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny.

Sans le nommer, le pape François, en déplacement sur l'île de Malte, a lui aussi dénoncé le président russe. Quelque puissant, tristement enfermé dans ses prétentions anachroniques d'intérêts nationalistes, provoque et fomente des conflits, a déclaré le souverain pontife dans une allusion transparente au chef du Kremlin.

Il a ajouté envisager de se rendre prochainement en Ukraine à l'invitation du président Zelensky : Oui, c'est sur la table, a-t-il sobrement indiqué.

Notre dossier Guerre en Ukraine

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