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Grève de la faim à l’UdeM : un étudiant conduit à l’hôpital

Des étudiants portant des masques médicaux sont assis en rond, entourés de pancartes sur lesquels on peut lire : « Grève de la faim »; « Ça va brûler »; et « Profs-étudiantes en criss! ».

Un groupe d'étudiants occupe un des pavillons centraux de l'Université de Montréal depuis lundi.

Photo : Alice Normand

Un étudiant de l'Université de Montréal qui observait une grève de la faim depuis cinq jours a été emmené à l'hôpital en ambulance, vendredi. Il a toutefois recommencé à manger et « se porte bien », selon une porte-parole de son groupe, qui se félicite que l'action de son camarade ait entraîné des résultats.

Vincent Vaslin fait partie de l'Écothèque, un groupe d'étudiants qui militent notamment pour que l'Université de Montréal élimine ses investissements dans les énergies fossiles d'ici 2025.

Comme lui, une trentaine de jeunes occupent le pavillon Roger-Gaudry depuis lundi. Vincent Vaslin avait toutefois poussé l'audace plus loin, entamant avec deux camarades une grève de la faim devenue, selon lui, un moyen de pression nécessaire.

Car pour arriver à ses fins, les étudiants avaient jusqu'ici essayé tous les canaux officiels, sans obtenir les résultats espérés.

« C'est vraiment dommage d'avoir à te rendre là pour que ton université t'écoute. »

— Une citation de  Vincent Vaslin, étudiant

Des trois grévistes, seul Vincent Vaslin poursuivait son action vendredi matin. Mais sous les conseils d'une infirmière, ce dernier a accepté de se rendre à l'hôpital en milieu de journée, a fait savoir l'Écothèque par voie de communiqué, précisant que son état de santé [s'était] gravement détérioré depuis la veille.

L'étudiant est revenu au pavillon occupé vendredi soir. Il se porte bien, selon Anne Desruisseaux, porte-parole de l'Écothèque.

Un plan d'ici le 1er juin

Vincent Vaslin a recommencé à manger après avoir obtenu la promesse que le recteur Daniel Jutras présentera d'ici le 1er juin 2022 un plan de désinvestissement total des actions cotées en bourse de l'industrie des énergies fossiles détenues directement ou indirectement par l'Université dans son fonds de dotation.

En vertu de ce plan, l'Université devra s'être départie de toutes ces actions avant le 31 décembre 2025, mentionne une copie des engagements pris par le recteur auprès de l'Écothèque.

Dans un échange de courriels samedi matin, une porte-parole de l'Université de Montréal a confirmé à Radio-Canada l'authenticité du document, mentionnant au passage que le plan de désinvestissement en question était en préparation depuis plusieurs mois.

La porte-parole, Geneviève O'Meara, a aussi insisté sur le fait que la santé et la sécurité des manifestants préoccupaient beaucoup les autorités universitaires, et que c'est son équipe santé qui avait convaincu M. Vaslin de recevoir des soins.

Nous sommes rassurés qu'il se soit rendu à l'hôpital [...] et qu'il se porte bien, a-t-elle ajouté.

Un mouvement de contestation mondial

L'occupation se poursuit néanmoins.

Car si l'Écothèque a mis de côté certaines de ses revendications immédiates, comme la vente des actions liées aux énergies fossiles détenues par le Régime de retraite de l’Université de Montréal et la décarbonisation du campus d'ici 2030, d'autres demandes subsistent.

Pour lever son campement, le groupe exige notamment que l'Université se débarrasse aussi de ses actifs dans le secteur de l'extraction des ressources naturelles non renouvelables et insiste pour que la direction fasse preuve d'une plus grande transparence dans la gestion de son fonds de dotation.

L'action de ces étudiants s'inscrit dans un mouvement plus large et découle de batailles similaires menées dans les dernières années sur d'autres campus au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Cette lutte a notamment incité l'Université de Victoria et l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, à annoncer leur intention de couper leurs liens avec l'industrie des énergies fossiles.

Au Québec, l'UQAM et l'Université Concordia ont déjà pris l’engagement de sortir du pétrole d'ici 2025.

Avec les informations de Gali Bonin

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