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Un cycliste de Vancouver doit payer 3700 $ pour les dommages de la voiture qui l’a heurté

Un homme tient dans ses mains des morceaux de vélo.

Ben Bolliger tient les morceaux du vélo qu'il conduisait lorsqu'il a été heurté par une voiture en 2021.

Photo : CBC

Radio-Canada

Un cycliste vancouvérois doit payer une facture de 3700 $ pour la réparation du capot et du pare-brise de la voiture qui l'a heurté et blessé l'été dernier. La société d'assurance automobile de la Colombie-Britannique (ICBC) estime que Ben Bolliger est coresponsable de l'accident, ce que le cycliste déplore.

Ben Bolliger se rendait à vélo dîner sur l'île Granville lorsque le conducteur d'une Mercedes-Benz a ignoré un panneau d'arrêt à l'intersection de la rue Willow et de la 7e Avenue Ouest, le heurtant suffisamment fort pour lui casser le bras droit et briser son vélo en deux.

Je me suis engagé dans l'intersection à une vitesse de 5 kilomètres à l'heure et j'ai été projeté sur 14 mètres, se souvient-il. Ils ont retiré de nombreux morceaux de pare-brise de mon dos. Je pense qu'au final [j'ai reçu] près de 97 points de suture et agrafes.

L'ICBC estime que Ben Bolliger est responsable à 50 % de la collision. On lui a donc demandé de payer la somme de 3700 $ pour les dommages subis par le véhicule.

Des failles dans le système pointées du doigt

Ben Bolliger et des défenseurs du cyclisme affirment que son cas met en lumière les failles du système d'assurance récemment introduit par l'ICBC.

Dans le cadre du système sans égard à la responsabilité, adopté en mai 2021 par l'ICBC, les personnes ne peuvent plus intenter de poursuites en dommages-intérêts si elles sont blessées dans un accident impliquant un véhicule.

Ils traitent mon vélo comme s'il s'agissait d'un véhicule non assuré... tout comme ils le feraient pour une voiture, ce qui, à mon avis, est insensé, déplore Ben Bolliger.

Et dans le cadre de ce nouveau régime d'assurance sans responsabilité, qui semble comique à ce stade, il n'y a vraiment aucun ou très peu de recours pour les cyclistes, ajoute-t-il.

De son côté, l’assureur automobile indique dans une déclaration que les enquêteurs examinent toutes les preuves avant de prendre une décision. Il souligne que, dans le cas de réclamations impliquant des récits contradictoires ou des preuves insuffisantes, la responsabilité de l'accident peut être partagée et que les décisions peuvent faire l'objet d'un appel par le biais du processus de résolution civile.

D’autres cyclistes dans cette situation

Il s'avère que Ben Bollinger n'est pas le seul cycliste mécontent contre la société d'assurance automobile britanno-colombienne.

Alecia Sharp a raconté à CBC qu'elle a été heurtée par une voiture qui, selon elle, a brûlé un feu rouge à l'intersection d'une piste cyclable importante, à l'angle de la 10e Avenue Est et de Clark Drive.

L'ICBC lui a dit qu'elle était entièrement responsable de l'accident parce qu'elle s'est engagée dans l'intersection après un panneau d'arrêt.

J'ai attendu d'avoir le signal de passage pour piétons, raconte-t-elle. Mais comme je suis partie sur une civière, malheureusement, je n'ai pas pu obtenir d'information sur la scène. Donc, je ne sais rien sur la voiture qui m'a percutée et je n'ai pas pu obtenir d'informations sur les témoins non plus.

L'accident et ses conséquences ont été particulièrement stressants pour la femme qui est enceinte, mais contrairement à Ben Bolliger, elle n'a appris que récemment que l'ICBC ne lui demandera pas d'argent.

Porter une caméra d'intervention, la solution?

Selon un avocat spécialisé dans les dommages corporels qui représente les cyclistes, les deux cas mettent en évidence l'injustice de l'ICBC.

Après [l'introduction de] l'absence de faute, la possibilité de contester toute décision prise par l'ICBC, notamment en matière de responsabilité, a été supprimée ou fortement restreinte, précise David Hay, avocat spécialisé dans la représentation de cyclistes. Dans l'ancien système, on pouvait retenir les services d'un avocat pour créer un certain effet de levier. Dans le nouveau monde, on ne peut pas poursuivre pour dommages et intérêts.

Me Hay recommande aux cyclistes de porter une caméra d'intervention à des fins de preuve en cas d'accident.

Le groupe de défense des cyclistes HUB se prononce également en faveur d'une révision de la Loi provinciale sur les véhicules à moteur (Motor Vehicle Act) afin de mieux protéger les piétons et les cyclistes, notamment.

Elle est très désuète et ne fait pas grand-chose pour les personnes qui marchent ou qui font du vélo, a déclaré son porte-parole Jeff Leigh. Une loi spécifique sur les usagers vulnérables de la route serait un grand pas en avant.

Avec des informations de Janella Hamilton

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