•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les excuses du pape vues par des membres des communautés autochtones du Manitoba

Chargement de l’image

« Je veux vous dire, de tout mon cœur, je suis vraiment peiné », a déclaré le pape François.

Photo : AFP / ANDREAS SOLARO

Radio-Canada

Les différentes communautés autochtones du Manitoba saluent les excuses présentées, vendredi, par le pape François, pour les torts subis dans les pensionnats pour Autochtones au Canada.

L'Assemblée des chefs du Manitoba, qui représente 62 communautés autochtones dans la province, souligne le moment historique, tout comme le fait l'organisme Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO).

« C'est un moment rempli à la fois de tristesse et d'espoir.  »

— Une citation de  Eric Redhead, chef par intérim de l'Assemblée des chefs du Manitoba

Plus de 150 000 enfants ont été arrachés à leur famille et forcés de fréquenter des pensionnats pour Autochtones. [..] Les excuses papales faisaient partie des 94 appels à l'action de la Commission de vérité et de réconciliation, rappelle le chef par intérim de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Eric Redhead.

Grand chef de MKO, Garrison Settee ajoute que recevoir des excuses du pape François n'est rien de moins que miraculeux. Ces excuses ouvrent la porte à de nombreuses personnes pour qu'elles puissent entamer le processus d'une véritable guérison.

Plusieurs Métis du Manitoba se réjouissent également des excuses présentées par le pape François, y compris le président de la Fédération métisse du Manitoba, David Chartrand.

M. Chartrand souligne que ces excuses viennent à point nommé. Une délégation de Métis de la rivière Rouge sera à Rome le 21 avril. Une rencontre y est prévue avec le souverain pontife.

Nous espérons que ces excuses, combinées à une rencontre exclusive entre le pape François et les Métis de la rivière Rouge, contribueront à amorcer le processus de guérison et à nous unir sur le chemin de la réconciliation, de dire M. Chartrand dans un communiqué de presse.

L'ancien président de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Guy Savoie se réjouit de ces excuses qu'il qualifie d'un pas important vers la réconciliation.

Je pense qu'il reconnaît le problème qu'il y a eu et qui existe encore avec la réconciliation. Une fois que ces excuses sont faites et acceptées, déjà ça avancerait. À un moment donné, on se réconcilie avec tout, souligne-t-il.

Chargement de l’image

Guy Savoie, ancien président de l'Union nationale métisse Saint-Joseph.

Photo : Radio-Canada

Selon Guy Savoie, le fait que ces excuses aient lieu maintenant est un changement majeur pour les survivants des pensionnats pour Autochtones, mais aussi pour les jeunes générations.

Pour les survivants, c'est quelque chose parce que c'est un aveu que c'est un traitement qui n'aurait pas dû être fait. Pour les plus jeunes, c'est l'histoire qui se règle alors on peut être fier de nous-mêmes.

Dorolès Gosselin, une aînée métisse, est du même avis. D'après elle, la demande de pardon du souverain pontife constitue un geste fort.

Chargement de l’image

Dolorès Gosselin croit qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction.

Photo : Radio-Canada

Elle est également ravie que les Premières Nations, les Métis et les Inuit se soient unis et aient décidé de travailler ensemble pour la réconciliation.

Il y a beaucoup d'étapes qui ont déjà commencé, alors on doit continuer en faisant des exercices de réconciliation et des rencontres avec différents groupes pour les sensibiliser à ce qui se passe et ce qui s'est passé. C'est un processus difficile, mais qu'il faut faire. On ne doit pas brusquer les gens. Il faut laisser les gens faire leur réconciliation, ajoute-t-elle.

La vice-présidente de la section michif bispirituelle de la Fédération métisse du Manitoba, et survivante de la rafle des années 60, Charlotte Nolin, déplore que les excuses aient été prononcées en italien seulement.

Il a fait des excuses, mais ils ne pouvaient pas parler dans notre langue, en anglais ou en français. Pour moi ça veut dire qu'il ne souhaitait pas vraiment présenter des excuses. [...]Les dommages ne disparaîtront pas parce qu'il a fait des excuses, affirme Mme Nolin, qui dit avoir pardonné l'Église.

Chargement de l’image

La vice-présidente de la section michif bispirituelle de la Fédération métisse du Manitoba, et survivante de la rafle des années 60, Charlotte Nolin

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Charlotte Nolin espère que le pape viendra faire ses excuses en anglais au Canada.

Aller maintenant au-delà

Mona Moquin, une jeune métisse de la rivière Rouge se dit soulagée après les excuses du pape. Toutefois, elle estime qu'il faut aller au-delà.

Je crois qu'il y a des fonds qui étaient censés être remis aux Premières Nations et Inuit, aux survivants des pensionnats, mais tout cet argent-là n'a pas été remis. Donc que des actes semblables soient faits, estime-t-elle.

Chargement de l’image

L'artiste visuelle et bijoutière Mona Moquin

Photo : Julie Winicky

Dolorès Gosselin est également en faveur d'une indemnisation, mais selon elle, cela doit obéir à un processus.

Selon moi, l'argent ne devrait pas être donné comme ça. Il devrait contribuer à construire des centres pour la réconciliation et à faire plus d'activités qui s'y rapportent, pas juste avec les Premières Nations, mais avec tout le monde, suggère-t-elle.

Pour sa part, Mona Moquin souhaite aussi que les artefacts des peuples autochtones soient restitués.

Il y en a qui ont été remis à l'église comme cadeaux, mais je ne crois pas que c'était le cas pour tous les articles donc on pourrait voir ce qui peut être remis comme geste de réconciliation, affirme-t-elle.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko et de Mario De Ciccio

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !