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Le PQ « troublé » d’apprendre que l’attentat au Métropolis n’a rien changé à la SQ

Joël Arseneau en point de presse.

Joël Arseneau s'inquiète du fait que les méthodes de la SQ n'ont pas évolué depuis l'attentat du Métropolis.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Le Parti québécois (PQ) déplore que le plan de sécurité des soirées électorales de la Sûreté du Québec (SQ) n'ait pas été modifié depuis le terrible attentat survenu au Métropolis le soir de la victoire de Pauline Marois, le 4 septembre 2012.

En point de presse vendredi matin, son chef parlementaire, Joël Arseneau, s'est dit troublé d'apprendre – comme l'a révélé jeudi un représentant de la SQ dans le cadre d'un procès lié à cet attentat – que le corps policier n'a pas changé ses méthodes dans les 10 dernières années.

J'aurais plutôt pensé qu'avec un certain recul, la Sûreté du Québec puisse admettre que ces événements-là étaient absolument inadmissibles et inexcusables, qu'il y avait eu des failles majeures dans la sécurité [...] et que, fort de l'examen de l'ensemble des circonstances, on ait amélioré nos pratiques, a-t-il déclaré.

Selon lui, une telle nouvelle n'augure rien de bon au moment où les électeurs s'apprêtent à retourner aux urnes et que la société québécoise, au sortir de la pandémie, est encore plus polarisée qu'elle pouvait l'être en 2012.

« On a une campagne électorale qui s'en vient, on veut s'assurer que la Sûreté du Québec, dans ses pratiques, soit à la fine pointe non seulement de la technologie, mais des méthodes d'intervention. Et là, le message est plutôt inquiétant, je vous dirais. »

— Une citation de  Joël Arseneau, chef parlementaire du Parti québécois

Les révélations au sujet du plan de sécurité des soirées électorales émanent d'un témoignage rendu en cour jeudi par le patron de l'unité de protection rapprochée, le lieutenant Pierre Bertrand, qui est à la tête des 15 gardes du corps qui protègent le premier ministre, sa conjointe et les dignitaires qui visitent le Québec.

Même si la soirée du 4 septembre 2012 a coûté la vie à un technicien de scène et en a blessé gravement un autre; même si un tireur a fait irruption derrière le Métropolis, alors que Pauline Marois prononçait son discours de victoire : la SQ, a-t-il affirmé, n'a pas modifié ses méthodes en vue des prochaines élections, prévues pour octobre.

Ce sera le même plan qu'il y a 10 ans, a expliqué le policier : les éléments de base seront les mêmes; les agents auront les mêmes positionnements; seules certaines améliorations [...] au niveau des relations avec les partenaires auront été apportées.

Un huis clos contesté

Le lieutenant Bertrand s'exprimait jeudi dans le cadre du procès civil intenté par quatre anciens techniciens du Métropolis, qui estiment que les policiers ont été négligents le soir de l'attaque. Ils réclament chacun plus de 150 000 $ en dommages en raison du choc post-traumatique qui a fait basculer leur vie.

Les propos du lieutenant Bertrand s'inscrivent plus précisément dans le cadre d'une requête des médias, dont Radio-Canada, qui contestent une demande de huis clos et de non-publication déposée par le Procureur général du Québec afin que les détails du plan de sécurité des soirées électorales demeurent confidentiels.

Mais, selon Joël Arseneau, le témoignage du policier n'est rien de plus qu'une ligne de défense de la Sûreté du Québec pour protéger son image.

Les autorités affirment pour leur part n'avoir commis aucune faute, et que le seul responsable des dommages est le tireur.

Pauline Marois et son conjoint.

L'ex-première ministre Pauline Marois et son conjoint Claude Blanchet lors des funérailles de Denis Blanchette.

Photo : Radio-Canada / Ryan Remiorz

Richard Henry Bain a été condamné en novembre 2016 à une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 20 ans.

Durant le procès, la défense avait opté pour une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, tandis que la Couronne avait soutenu que l'accusé était sain d'esprit et qu'il avait prémédité cet attentat, motivé par sa haine des souverainistes que l'élection du Parti québécois avait ravivée.

Le juge l'avait finalement déclaré coupable du meurtre non prémédité du technicien Denis Blanchette et de trois tentatives de meurtre, notamment sur un autre technicien, Dave Courage.

Avec les informations de Geneviève Garon

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