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New York : des employés d’Amazon votent pour la syndicalisation

Des employés à l'extérieur d'une installation de distribution d’Amazon.

Des employés d’Amazon à l'extérieur d'une installation de distribution à Redondo Beach, en Californie

Photo : Getty Images / PATRICK T. FALLON

Associated Press

Des employés d'Amazon de Staten Island, dans l'État de New York, ont voté vendredi en faveur d'un syndicat, ce qui constitue la première tentative fructueuse de syndicalisation des travailleurs du géant américain de la vente en ligne.

Les ouvriers de l'entrepôt ont été au nombre de 2654 à voter pour le syndicat, soit environ 55 %, ce qui a suffi pour donner une victoire à l'Amazon Labor Union (ALU). D'après le Conseil national des relations de travail des États-Unis (National Labor Relations Board, ou NLRB), qui supervisait le processus, 2131 travailleurs, soit environ 45 %, ont rejeté la proposition de syndicat.

Les 67 votes qui ont été annulés ou dont la validité était contestée par Amazon ou le syndicat n'étaient pas assez nombreux pour renverser le résultat.

Plus de 8300 employés pouvaient voter, et environ 57 % d'entre eux l'ont fait.

Chaque camp peut présenter une contestation du résultat jusqu'au 8 avril, faute de quoi le résultat deviendra officiel à ce moment.

Cette victoire représente un coup d'éclat pour le syndicat indépendant, qui est formé d'employés actuels et anciens d'Amazon, qui n'est pas appuyé par un grand syndicat national et qui n'avait qu'une fraction des moyens de son gigantesque adversaire.

En dépit de tous ces obstacles, les leaders syndicaux croyaient que leur approche populaire plairait aux travailleurs et qu'elle les aiderait à triompher là où d'autres avaient échoué avant eux.

Chris Smalls, un employé remercié par Amazon qui dirigeait l'ALU dans son combat à Staten Island, est sorti en courant et en sautant de joie après l'annonce de la victoire. Ses collègues et lui ont ouvert une bouteille de champagne.

J'espère que tout le monde est attentif maintenant, parce que plusieurs personnes doutaient de nous, a-t-il affirmé.

M. Smalls espère que la victoire à New York encouragera les travailleurs d'autres installations à lancer leurs propres campagnes de syndicalisation. Même son groupe dirigera bientôt son attention sur un entrepôt Amazon voisin à Staten Island, où une élection syndicale distincte doit avoir lieu fin avril. Les organisateurs pensent que la victoire de vendredi leur permettra de gagner plus facilement.

Amazon a publié vendredi une déclaration sur son site web d'entreprise, dans lequel elle dit évaluer ses options après les élections. Elle a signalé qu'elle pourrait refuser de reconnaître le résultat.

Nous sommes déçus du résultat du vote à Staten Island, car nous pensons qu'avoir une relation directe avec l'entreprise est ce qu'il y a de mieux pour nos employés, indique le message. Nous évaluons nos options, y compris le dépôt d'objections basées sur l'influence inappropriée et indue du NLRB dont nous et d'autres [y compris la National Retail Federation et la Chambre de commerce des États-Unis] avons été témoins lors de cette élection.

Amazon soutient depuis longtemps que ses travailleurs n'ont pas besoin d'un syndicat, car l'entreprise offre déjà de bons salaires ainsi que des avantages sociaux tels que des soins de santé, des plans de régime de retraite 401(k) et un programme de frais de scolarité prépayés pour aider à développer la carrière des travailleurs.

Autre vote en Alabama

Pendant ce temps, des employés d'Amazon à Bessemer, dans l'Alabama, semblaient en voie de rejeter la formation d'un syndicat, mais certains bulletins contestés pourraient changer l'issue du scrutin. Le vote était de 993 à 875 contre le syndicat. Une audience pour réviser 416 bulletins contestés aura toutefois lieu au cours des prochains jours.

Amazon est le deuxième employeur privé en importance au pays, et il a déployé l'artillerie lourde avant les deux votes. L'entreprise a organisé des rencontres obligatoires pendant lesquelles on a expliqué aux travailleurs que les syndicats étaient une mauvaise idée.

Amazon a aussi lancé des sites Internet antisyndicats à l'intention des travailleurs, en plus de tapisser l'entrepôt de Staten Island d'affiches en anglais et en espagnol appelant à un rejet du syndicat.

Le syndicat avait encaissé une défaite cuisante à Bessemer l'an dernier, quand une majorité d'employés avaient voté contre la syndicalisation. Le Retail, Wholesale and Department Store Union (RWDSU) des États-Unis a cependant obtenu une deuxième chance quand le NLRB a ordonné une reprise, après avoir déterminé qu'Amazon avait influencé le premier vote.

Le président du RWDSU, Stuart Appelbaum, a indiqué jeudi que le syndicat a l'intention de contester la manière dont Amazon a organisé le vote à Bessemer, mais il n'a pas voulu donner plus de détails.

Amazon a apporté certains changements à Bessemer, mais le géant a laissé en place une boîte postale qui avait incité le NLRB à invalider le vote de l'an dernier. Installée dans le stationnement de l'entrepôt, cette boîte postale donne la fausse impression qu'Amazon organise le vote et tous les employés qui l'utilisent peuvent être filmés par des caméras de surveillance, ce qui représente une tactique d'intimidation, selon le syndicat.

Amazon a révélé jeudi avoir dépensé 4,2 millions de dollars américains en 2021 pour des consultants en relations de travail, que les syndicalistes reprochent à l'entreprise d'engager pour inciter les employés à ne pas se syndiquer. On ne sait pas combien Amazon a dépensé pour de tels services en 2022.

Les employés de l'entrepôt de Bessemer sont majoritairement noirs, à l'image de la population de la ville. Les syndicalistes réclament de meilleures conditions de travail, notamment au chapitre des conditions de travail, de la durée des pauses et des salaires. Le salaire d'un employé à temps plein est d'au moins 15,80 $ US de l'heure, soit environ 1,25 $ US de plus que la moyenne de la ville.

Ces campagnes syndicales surviennent à un moment de grande agitation ouvrière au sein de plusieurs entreprises américaines. Les employés de plus de 140 cafés Starbucks des États-Unis, par exemple, ont demandé des élections syndicales, et plusieurs ont déjà réussi à se syndiquer.

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