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Élections en Ontario : qui sont les chefs des principaux partis?

Vous connaissez sans doute Doug Ford, mais savez-vous qui tente de défaire le premier ministre le 2 juin?

Montage de trois photos des politiciens.

Le cheffe du NPD, Andrea Horwath, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, et le chef libéral Steven Del Duca.

Photo : Radio-Canada / Colin Roch

Quatre candidats sont sur la ligne de départ alors que s’amorce la campagne électorale en Ontario. Chacun tentera de convaincre les Ontariens qu’elle ou il est mieux placé pour sortir la province de la pandémie et combattre la hausse du coût de la vie.

Les chefs des partis d’opposition, qui ont eu beaucoup de difficulté à sortir de l’ombre de Doug Ford depuis l’élection de 2018, vont tenter de se démarquer l’un de l’autre dans les prochaines semaines. Le premier ministre, lui, souhaite conserver ses acquis.

Voici le portrait des chefs qui vont se livrer bataille d’ici au scrutin du 2 juin.

Le nouveau Doug

Doug Ford est le chef du Parti progressiste-conservateur et n’a plus besoin d’introduction. Avec ses centaines de points de presse depuis mars 2020, M. Ford incarne la réponse à la pandémie en Ontario, pour le meilleur et pour le pire.

Il a remporté une écrasante majorité en 2018 grâce à une conjoncture d’événements : la démission surprise de Patrick Brown à la tête du Parti progressiste-conservateur, l’improbable ascension de M. Ford à la chefferie contre la favorite Christine Elliott et l’inévitable écroulement du Parti libéral, usé par 15 ans au pouvoir.

La famille Ford est une dynastie politique. Avant de devenir premier ministre, Doug Ford a siégé au conseil municipal sous son frère Rob, le maire controversé de Toronto. Ford père a été député dans le gouvernement conservateur de Mike Harris et le neveu Michael, lui aussi conseiller municipal, est candidat dans York-Sud-Weston à l'élection provinciale.

Doug Ford regarde vers le ciel et tient une main dans les airs.

Doug Ford, entouré de sa famille, a une pensée pour son défunt frère Rob Ford après son élection à la direction du Parti conservateur.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

En 2018, la Ford Nation s’est transposée non sans fracas du conseil municipal à l’Assemblée législative. Doug Ford a emmené avec lui son caractère bouillant, ses conseillers controversés, et sa volonté de sabrer les dépenses publiques.

De l’avis de bien des observateurs, les deux premières années de son gouvernement ont été chaotiques et ponctuées de polémiques, comme les coupes budgétaires en santé, en éducation et dans les services en français, le retrait de la bourse du carbone et les allégations de népotisme visant son chef de cabinet.

Doug Ford se faisait huer en public (Nouvelle fenêtre). La pandémie a tout changé. Son gouvernement a délié les cordons de la bourse et annoncé des investissements majeurs en santé, en transport en commun, dans le secteur automobile et pour la construction d’autoroutes. M. Ford s’est assagi et a laissé plus de place à ses ministres expérimentés.

Pour s’accrocher à leur majorité, les progressistes-conservateurs devront conserver leurs acquis dans la couronne de Toronto, le 905. Cela inclut des circonscriptions pivots qui étaient libérales avant le scrutin de 2018. Le Parti espère aussi faire des gains en territoire néo-démocrate dans la région de Windsor et dans le Nord.

La vieille routière

Andrea Horwath tente de devenir première ministre de l’Ontario pour une quatrième fois et dirige le Nouveau Parti démocratique depuis 2009. En 2018, le NPD a enregistré son meilleur score depuis l'époque de Bob Rae et formé l’opposition officielle.

Militante avant de devenir politicienne, Mme Horwath a dénoncé les compressions de Mike Harris à la fin des années 1990 en organisant des manifestations à Hamilton, sa ville natale. Avant de devenir députée, elle a été conseillère municipale de la ville de l’acier.

Durant la pandémie, la cheffe a remporté certaines batailles contre Doug Ford. Son offensive de près d’un an sur les congés de maladie payés, une mesure rejetée avec véhémence par le premier ministre, a porté fruit au final. Mais sa volte-face sur la vaccination obligatoire des enseignants et des travailleurs de la santé lui a fait de l’ombre.

La cheffe Andrea Horwath lors de la période de questions.

La cheffe Andrea Horwath est souvent combative lors de la période de questions.

Photo : The Canadian Press / Chris Young

La cheffe peine à élargir la base du NPD. L’opération séduction de Doug Ford auprès des travailleurs, applaudie par des leaders syndicaux, risque de lui voler des appuis. La création de régimes provinciaux d’assurance dentaire et médicaments, deux promesses phares de Mme Horwath, pourraient perdre leur lustre maintenant que des programmes fédéraux sont sur la table.

Pour qu’une vague orange déferle le 2 juin, la cheffe néo-démocrate doit s’imposer comme la meilleure solution de rechange à Doug Ford et trouver le moyen d’inspirer l’électorat après 10 ans à la tête du parti. Le NPD aura besoin de maintenir ses acquis à Toronto, où les libéraux tentent de revenir en force, et faire une percée dans le 905 en y recrutant des candidats vedettes.

Steven qui?

Steven Del Duca est le chef du Parti libéral depuis 2020. Son objectif premier est de faire renaître le Parti de ses cendres. Il a lui-même perdu son siège de Vaughan-Woodbridge en 2018. Son parti ne compte qu'une poignée d'élus.

L’ancien ministre des Transports a piloté des dossiers épineux lorsqu’il était au pouvoir, comme les retards de livraison de tramways de Bombardier.

Avant la pandémie, M. Del Duca a fait les manchettes et s’est attiré un lot de critiques dans le Grand Toronto parce qu’il voulait empiéter sur une zone protégée à l'arrière de sa maison pour sauver sa piscine creusée.

Un homme marchant dans une foule

Steven Del Duca lors de sa victoire à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Il demeure méconnu à l’échelle provinciale. N’ayant pas de siège à l’Assemblée législative, le chef a été moins présent dans les médias que les députés de son caucus. Ses adversaires le voient tout de même visiblement comme une menace. Les progressistes-conservateurs et le NPD ont lancé des publicités préélectorales pour l’associer à l’héritage du gouvernement Wynne.

Sous son leadership, le Parti libéral de l'Ontario a réussi à recruter des dizaines de nouveaux candidats, dont des candidats vedettes comme le Dr Nathan Stall, un gériatre qui a été une figure de proue de la lutte contre la COVID-19, et le maire de Barrie, Jeff Lehman, qui tente de défaire le procureur général Doug Downie.

Comme Justin Trudeau, Steven Del Duca veut jouer dans les platebandes néo-démocrates en poussant son parti plus à gauche, avec des promesses comme la semaine de quatre jours et le revenu minimum garanti.

L’écologiste pragmatique

Né au Kansas, où il a grandi sur une ferme céréalière, Mike Schreiner était entrepreneur dans le secteur agroalimentaire durable avant de remporter la chefferie des verts, en 2009. M. Schreiner a causé la surprise en 2018 en devenant le premier député vert à Queen’s Park.

Connu pour son franc-parler et son aversion pour la partisanerie, le chef est apprécié par les députés de tous les côtés de la Chambre. Il ne se gêne toutefois pas pour prendre des positions qui diffèrent de celles des autres partis et prône par exemple l’abolition des conseils scolaires catholiques.

Mike Schreiner, le chef du Parti vert de l'Ontario.

Mike Schreiner, le chef du Parti vert de l'Ontario, lors de la conférence de presse de présentation d'un programme axé sur la santé mentale.

Photo : Radio-Canada

Il est fortement opposé à la construction d’autoroutes et à l’étalement urbain dans les milieux écologiquement sensibles, mais sa plateforme ne se limite pas aux enjeux environnementaux. Sa stratégie sur le logement, en particulier, a reçu des accolades (Nouvelle fenêtre).

M. Schreiner est largement favori dans Guelph. Le chef a aussi recruté une candidate de taille dans la circonscription torontoise de University-Rosedale : l'ancienne commissaire à l'environnement de l'Ontario, Dianne Saxe.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections 2022 en Ontario.

Petits partis

19 autres formations politiques sont enregistrées auprès d’Élections Ontario. Deux de ces petits partis, issus de la droite sociale, sont représentés à l’Assemblée législative : le Parti Ontario et le Nouveau Parti bleu, par les députés Rick Nicholls et Belinda Karahalios, respectivement.

Ces deux députés n’ont pas été élus sous ces bannières, mais les ont rejoint après avoir été expulsés du caucus de Doug Ford pour leur opposition aux mesures sanitaires.

Jim Karahalios, le conjoint de Belinda, est le chef du Nouveau Parti bleu. M. Karahalios a tenté sans succès de briguer la présidence du Parti progressiste-conservateur, puis de se présenter à la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada, et a multiplié les batailles juridiques contre les deux partis.

Derek Sloan est le chef du Parti Ontario et est lui aussi un ancien candidat à la chefferie du PCC. Il a été expulsé du parti fédéral après avoir reçu un don d'un suprémaciste blanc connu. Le Parti Ontario affirme avoir embauché un controversé collaborateur de Donald Trump, Roger Stone, comme conseiller stratégique.

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