•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Î.-P.-É. peine à retenir ses immigrants, des chercheurs tentent de découvrir pourquoi

Une affiche avec un coeur « PEI » devant le pont de la Confédération.

Seuls 28% des immigrants arrivés à l’île décident de s’y installer définitivement après 5 ans, selon Statistique Canada.

Photo : Radio-Canada / John Robertson

Une équipe de chercheurs de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard souhaite identifier les raisons pour lesquelles une grande partie des immigrants quittent la province. L’étude est financée par le gouvernement de l'île.

L’Île-du-Prince-Édouard a le taux de rétention des immigrants le plus bas au pays, selon Statistique Canada.

Seulement 28 % des immigrants arrivés à l’île y sont toujours après cinq ans. En Ontario et en Alberta, ce taux peut atteindre 90 %.

L’étude, menée par la professeure Laurie Brinklow du département d'études insulaires à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, comprend un sondage et des entrevues de groupes.

Plus de 800 personnes ont déjà répondu au questionnaire.

Laurie Brinklow pose pour la photo en souriant.

Selon Laurie Brinklow, professeure à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, certains de ces immigrants ne se sentent pas les bienvenus.

Photo : Mike Needham/UPEI

Les résultats préliminaires indiquent que le manque d’opportunités d’emplois et d'études représente l’une des raisons pour lesquelles les gens quittent la province, selon Laurie Brinklow.

Elle ajoute que certains immigrants qui arrivent à l'île ont des membres de la famille et des amis qui résident dans de grandes villes ailleurs au Canada.

Selon la chercheuse, ces immigrants décident de partir pour être plus près des leurs proches.

« Parfois, ils ne se sentent tout simplement pas les bienvenus.  »

— Une citation de  Laurie Brinklow, professeure au département de Island Studies

Toutefois, elle explique que certains d’entre eux ne se sentent pas les bienvenus dans la province.

Ils trouvent que c’est à cause de la langue ou à cause d'une sorte de racisme [auquel ils ont été confrontés] qui fait en sorte que ce gens ne se sentent pas très bien accueillis, donc ils décident de partir, précise Laurie Brinklow.

Shabnam Hoolash pose pour la photo.

Shabnam Hoolash est étudiante de troisième année en psychologie, à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Elle souhaite quitter l'île pour étudier au Québec ou en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Shabnam Hoolash

Les gens qui partent

Originaire des îles Maurice, Shabnam Hoolash se réjouit des trois années passées à l'île.

L’an prochain, elle aura fini son programme en psychologie à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

La Mauricienne désire déménager au Québec ou en Ontario pour poursuivre ses études en pédopsychiatrie.

« L’Île-du-Prince-Édouard est quand même très restreinte en ce qui a trait aux offres de travail, surtout celles liées à mon domaine. »

— Une citation de  Shabnam Hoolash, étudiante en psychologie à UPEI

Même en sachant qu’une faculté de médecine sera bientôt mise sur pied à l’île, elle croit que la concurrence pour entrer dans le programme sera féroce pour les étudiants étrangers.

Le manque d’options de divertissement à l’île durant l’hiver motive aussi Shabdam Hoolash à partir.

Une vie plus mouvementée me conviendrait plus, surtout un équilibre entre travail, études et amusement, précise-t-elle.

Victor Cal y mayor.

Le chanteur d'opéra Victor Cal y Mayor prévoit de rester à l'île pour encore quelque temps.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Victor Cal y mayor

Les gens qui veulent rester

Le Méxican Victor Cal y Mayor habite à l’île depuis cinq ans.

Son plan d’immigration consistait initialement à quitter l’île après ses études.

Des opportunités de travail dans le secteur des arts l’ont toutefois motivé à rester.

« Malgré la pandémie, j’ai pu toujours faire de la musique, étudier et travailler en français. »

— Une citation de  Victor Cal y Mayor, immigrant

Française d’origine, Anna Remond demeure à l’île depuis deux ans.

Elle a quitté la province l’été dernier, à la recherche de nouvelles opportunités de carrière ailleurs au Canada. Peu de temps après, elle est revenue à l’île.

Elle décrit la province comme un lieu accueillant et compte y rester longtemps.

Anna Remond pose à côté d'une plaque de Brackley Beach.

Anna Remond prévoit de rester à l'île pour encore quelque temps.

Photo : Gracieuseté Anna Remond

« Je me suis rendu compte que la vie à l’Île-du-Prince-Édouard était quand même très agréable, et qu’il y avait plus d’opportunités professionnelles qu’on le pensait, et c’était facile de se créer un réseau ici. »

— Une citation de  Anna Remond, immigrante

Même s’ils désirent rester, Victor Cal y Mayor et Anna Remond comprennent les raisons pour lesquelles certains immigrants partent.

Le manque d’options de divertissement durant les saisons autres que l’été en serait une, selon Victor Cal y Mayor.

Ce que j’entends dire que l’île est très petite, et qu’il n’y a pas grand-chose à faire, dit-il.

Pour Anna Remond, le manque de possibilité d'avancement dans certaines carrières, comme le milieu communautaire, contribue à ce que certains immigrants prennent le chemin d’autres provinces.

Cela peut être redondant, et quand on a envie de changer de carrière, cela peut être plus facile de le faire dans d’autres provinces, dans des villes plus grandes et dynamiques, ajoute-t-elle.

Le rapport final de l'étude sera présenté au gouvernement de l’île cet été.

Avec des renseignements de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !