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La communauté de Mashteuiatsh

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

Radio-Canada

C’est une journée empreinte d’émotion dans les communautés autochtones canadiennes, dont celle de Mashteuiatsh. Dans une allocution au Vatican, le pape François a présenté les excuses officielles de l’Église catholique pour les mauvais traitements subis dans les pensionnats autochtones.

En entrevue peu après le discours papal vendredi matin, le chef du conseil de bande Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, Gilbert Dominique, a soutenu qu’il s’agit d’une grande journée de réconciliation.

C’était immensément attendu. J’ai parlé à ma mère, qui a vécu ce calvaire, elle avait perdu confiance. C’est un peu une surprise, mais c’est une belle journée empreinte d’émotion et de satisfaction.

Gilbert Dominique se dit convaincu que le pape François a bien saisi l’ampleur du traumatisme.

« Il a reconnu le grand tort à notre identité, à notre culture. Ce sont des paroles qui sont fortes de sens. »

— Une citation de  Gilbert Dominique, chef du conseil de bande de Mashteuiatsh

À son avis, il s’agit d’un premier pas qui aidera les gens qui ont été victimes des sévices à poursuivre leur guérison après des années de dénonciation.

C’est incompréhensible tout le temps que ça a pris. Ça a pris beaucoup de preuves autant pour les gouvernements que pour l’Église pour reconnaître ce qui s’est passé, déplore toutefois le chef Dominique

Comme plusieurs membres des Premières Nations, il attend de voir comment ces paroles vont se transposer en actions concrètes de la part de l’Église.

Pour entamer un processus de guérison, il faut dans un premier temps que les deux parties reconnaissent la situation puis là, on sent que cette ouverture-là va permettre de créer une guérison, a commenté plus tard en journée Mélanie Boivin, directrice générale du Centre Mamik Lac-Saint-Jean.

Des avis partagés

Si les excuses papales ont été bien accueillies par certains membres de la communauté innue, pour d'autres, elles arrivent trop tard.

J'avais 10 ans, je suis allé dans les pensionnats à la Baie-James. J'ai passé quatre ans là à avoir de la misère. [...] C'est très bien ce qu'il a fait. J'ai trouvé ça beau. C'est signe qu'on a un coeur dans la vie, a partagé un homme âgé interrogé à Mashteuiatsh vendredi.

Je crois que ça va être bien reçu, surtout ceux à qui c'est arrivé, a poursuivi un autre homme.

Moi je ne trouve pas ça correct. Il faudrait qu'il en fasse plus, a cependant lancé un autre.

Ça met de la rage au coeur, a lancé une dame visiblement émue.

Maintenant que ce geste historique a été posé, plusieurs espèrent une suite et une reconnaissance politique plus significative.

J'ose croire qu'il y aura aussi des dédommagements à la population autochtone pour les organismes qui travaillent auprès de ces individus, à reconstruire l'identité, a dit encore Mélanie Boivin.

Visite papale au Canada

Une des premières choses que le pape François compte faire est de venir en personne au Canada pour fouler les sols ancestraux, d’ici la fin de l’année.

Il en a fait l’annonce devant la délégation autochtone canadienne venue le rencontrer au Vatican cette semaine.

C’est une étape de plus, un engagement supplémentaire. On va espérer qu’au-delà de la visite, il y aura des engagements concrets en termes de processus d’accompagnement vers la guérison, poursuit Gilbert Dominique.

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