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Plus de 3000 personnes « sauvées » de Marioupol, selon Zelensky

Des soldats ukrainiens viennent en aide à des personnes âgées.

Des milliers de civils sont toujours coincés à Marioupol, qui est bombardée quotidiennement par les forces russes.

Photo : afp via getty images / ARIS MESSINIS

Radio-Canada

Plus de 3000 personnes ont pu être sauvées de Marioupol, ville du sud-est de l'Ukraine assiégée par les forces russes, a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à samedi.

Aujourd'hui [vendredi], les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions : Donetsk, Lougansk et Zaporojia. Nous avons réussi à sauver 6266 personnes, dont 3071 de Marioupol, a-t-il dit.

Vendredi soir, les journalistes de l'Agence France-Presse (AFP) avaient observé une trentaine de bus d'évacuation entrer dans la ville de Zaporojia, certains d'entre eux transportant des personnes qui avaient fui Marioupol par leurs propres moyens, puis qui avaient avaient été emmenées en bus vers le territoire contrôlé par l'Ukraine.

Ces habitants de Marioupol avaient réussi à gagner la ville de Berdiansk, occupée par les forces russes, où ils avaient été pris en charge par le convoi, selon les témoignages d'arrivants à l'AFP et des responsables officiels.

On ignore si M. Zelensky a fait référence aux mêmes personnes dans sa vidéo.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui devait prendre part à l'évacuation, avait annoncé vendredi que son équipe envoyée à Marioupol avait dû rebrousser chemin, l'évacuation prévue de milliers de civils étant impossible ce jour.

Plus tôt, l'information a été confirmée par la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, dans une vidéo sur Telegram.

« Dès aujourd'hui, alors que nous enregistrons cette vidéo, les bus sont déjà en route pour mettre des habitants de Marioupol; 42 bus, en sécurité. »

— Une citation de  La vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk

Nous savons combien vous espérez être sauvés. Chaque jour, nous allons tenter et tenter encore de passer jusqu'à ce que vous ayez une chance de quitter la ville et, le plus important, de vivre paisiblement, a ajouté Mme Verechtchouk.

Elle avait indiqué jeudi que le gouvernement ukrainien envoyait 45 bus pour évacuer des civils depuis Marioupol après que Moscou eut annoncé une trêve pour permettre leur départ.

Dans la journée, la Croix-Rouge et le gouverneur de la région de Donetsk affirmaient que les chargements de vivres et de médicaments à destination de la ville assiégée de Marioupol demeurent bloqués, en dépit des promesses russes d’ouvrir un corridor humanitaire.

Les livraisons humanitaires, malgré tous les accords et les promesses de la partie russe, n'ont pas été effectuées, a déclaré vendredi le gouverneur Pavlo Kyrylenko lors d’une allocution télévisée.

« Le couloir humanitaire n'est pas opérationnel pour l'essentiel. »

— Une citation de  Pavlov Kyrylenko, gouverneur de l'oblast de Donetsk
Une femme devant ce qu'il reste de tours d'habitation. Les immeubles sont éventrés et carbonisés.

Svetlana Savchenko, une infirmière de Marioupol, devant l'immeuble de logements où elle habitait avant qu'il ne soit bombardé.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

L'équipe du CICR, qui comprend trois véhicules et neuf personnes, n'a pas atteint Marioupol et n'a pas pu faciliter le passage en toute sécurité des civils aujourd'hui, a déclaré le Comité international de la Croix-Rouge dans un communiqué.

Selon le CICR, l'équipe a dû faire demi-tour et est retournée à Zaporijia, à 250 kilomètres au nord-ouest de Marioupol. Ce voyage avait pourtant été qualifié de désespérément important en raison de la situation dans la ville assiégée.

Ils essaieront à nouveau samedi de faciliter le passage en toute sécurité de civils de Marioupol, a promis la Croix-Rouge dans un communiqué.

Encerclée depuis plus d’un mois par les forces russes, la ville portuaire de Marioupol est pilonnée quotidiennement par l’artillerie russe.

Les milliers de civils qui s’y trouvent sont privés de vivres, de matériel médical et de tous les produits de première nécessité depuis plus d’un mois, forcés de vivre dans des abris et des souterrains pour se protéger des bombes.

Marioupol comptait 400 000 habitants avant la guerre. Environ 160 000 s'y trouveraient toujours, selon les autorités municipales.

En Ukraine, l'opération d'évacuation des civils de la ville de Marioupol n'a toujours pas débuté. Les Ukrainiens accusent les Russes de bloquer les autobus censés évacuer les civils. Les précisions de notre envoyé spécial, Yanik Dumont-Baron.

L'ONU demande un cessez-le-feu humanitaire

Les efforts répétés du gouvernement ukrainien, des ONG et des autorités locales pour acheminer de l'aide aux habitants de Marioupol au moyen d'un corridor humanitaire ont tous échoué jusqu’ici, Kiev et Moscou se rejetant mutuellement la faute.

Vendredi matin, un adjoint du maire de Marioupol assurait que la ville assiégée était toujours fermée à quiconque voulait entrer et qu’elle demeurait très dangereuse pour quiconque tentait de la quitter.

Petro Andryushchenko a expliqué que les forces russes empêchaient depuis jeudi l'acheminement de la moindre quantité d'aide humanitaire aux habitants pris au piège par les bombardements dans la ville.

Le secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour les Affaires humanitaires, le Britannique Martin Griffiths, se rendra dimanche à Moscou afin d'obtenir des Russes un cessez-le-feu humanitaire en Ukraine, a annoncé vendredi le chef des Nations unies, Antonio Guterres.

En Ukraine, l’évacuation de ceux qui se trouvent toujours à Marioupol devra attendre. La Croix-Rouge soutient que les garanties de sécurité fournies par les Russes sont insuffisantes. Le récit de Lise Villeneuve.

Frappe contre un dépôt de carburant en Russie

Cette levée de boucliers du Kremlin pourrait être liée au bombardement d'un dépôt de carburant en territoire russe survenu au cours des dernières heures.

Un responsable russe a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir mené une attaque à l'hélicoptère contre un dépôt de pétrole dans la ville de Belgorod, dans l'ouest de la Russie, à une quarantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

Un incendie dans un dépôt de pétrole a eu lieu à cause d'une frappe aérienne menée par deux hélicoptères de l'armée ukrainienne qui sont entrés sur le territoire russe à basse altitude, a déclaré sur son compte Telegram le gouverneur de la région de Belgorod, Viatcheslav Gladkov.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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