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« Moment critique » de la grève des professeurs à l’Université Sainte-Anne

Après un mois de grève, l’administration et le syndicat sont en désaccord sur l’arbitrage.

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Les professeurs et bibliothécaires de l'Université Sainte-Anne, en grève, manifestent à Halifax le 11 mars 2022.

Photo : Radio-Canada / Kheira Morellon

Radio-Canada

Un mois après le déclenchement d’une grève des professeurs à l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, un blocage important paralyse les négociations depuis quelques jours.

L’administration universitaire et le syndicat ne voient pas du même œil quels enjeux doivent être portés à l’attention d’un arbitre.

À l’Université Sainte-Anne, un établissement d’enseignement francophone situé à Pointe-de-l’Église, une quarantaine de membres de l’Association des professeurs et professeures et bibliothécaires (APPBUSA) sont en grève depuis le 3 mars. Leur convention collective est échue depuis 2020.

Le syndicat dit avoir demandé, ces derniers jours, l’aide du médiateur en chef de la province la semaine dernière. Il a recommandé aux deux parties d'avoir recours à l'arbitrage pour mettre fin à la grève qui a notamment entraîné la suspension des cours.

Il estimait que les deux parties étaient encore trop éloignées les unes des autres pour que la médiation puisse régler ce conflit, explique Daniel Long, professeur de l’Université Sainte-Anne et porte-parole syndical.

Selon l’APPBUSA, l’administration aurait refusé de discuter devant l’arbitre de tous les dossiers disputés dans ce conflit de travail.

Il y a l'association qui dit " nous acceptons de tout soumettre à l'arbitre, qu'il prenne sa décision, quelle qu'elle soit ". De l'autre côté, il y a l'administration qui dit " monsieur, madame l'arbitre, vous n'avez même pas le droit de regard sur telle ou telle demande faite par l'autre partie ", affirme Daniel Long.

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Daniel Long, professeur à l'Université Sainte-Anne.

Photo : Radio-Canada

Nous avons accepté d'avoir recours à l'arbitrage, donc nous suivons la recommandation du médiateur en chef, insiste-t-il. L'administration a tenté d'imposer des conditions à l'arbitrage. Elle ne suit pas la recommandation.

La partie patronale dépeint la situation différemment. L’Université Sainte-Anne accepte d’amener en arbitrage exécutoire les demandes liées aux conditions de travail, y compris la charge, les enjeux monétaires et la nature de la permanence des membres du secteur collégial, écrit la directrice des communications de l'université, Rachelle LeBlanc, dans un courriel à Radio-Canada, jeudi.

Cependant, le syndicat demande d’avoir son mot à dire dans la nomination de certains membres de comités, et l’Université n’est pas ouverte à cela, prétextant que la Loi concernant l’Université Sainte-Anne (Nouvelle fenêtre), une loi provinciale, lui donne les pleins pouvoirs sur cette question.

Des ententes de cogestion avec un syndicat créeraient des conflits d’intérêts et des droits de veto allant à l’encontre des principes de gouvernance et d’imputabilité, affirme l’administration universitaire.

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L'Université Sainte-Anne à Pointe-de-l'Église en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Daniel Long, du syndicat, réplique que c'est un peu curieux et que les droits de gestion de l'université sont limités par la convention [collective] elle-même.

Le porte-parole syndical affirme que les professeurs tiennent à reprendre les cours le plus tôt possible.

C'est un moment critique du conflit. Ce n'est pas le moment de tergiverser, dit Daniel Long. Nous voulons mettre fin au conflit immédiatement et retourner au travail, pouvoir enseigner, finir le trimestre. Nous aimerions bien que l'administration soit du même avis.

D’après le reportage de Stéphanie Blanchet

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