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L’équipe de Jean Charest victime d’une supercherie informatique

Jean Charest devant une banderole indiquant : « Jean Charest : Built to win. »

L’équipe de campagne de Jean Charest serait victime de désinformation provenant de l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Oseremen Irete

Un pirate informatique, de la désinformation provenant supposément de l’Ukraine et une possible fuite de données personnelles se sont invités dans la course à la direction du Parti conservateur.

L’équipe de Jean Charest a été inondée de fausses informations dans une tentative évidente de créer le chaos dans sa campagne pour devenir chef du Parti conservateur du Canada, déplore-t-on.

C’est très préoccupant et nous avons demandé aux instances du Parti conservateur d’ouvrir une enquête, indique une source haut placée du camp Charest.

Le samedi 19 mars, des centaines de membres du Parti conservateur se sont enregistrés sur le site Internet de Jean Charest, en promettant de faire un don à sa campagne pour devenir chef.

Le hic, c’est que ces promesses de dons étaient fictives. Elles ont toutes été effectuées durant un court laps de temps, la même journée, à partir d’une adresse IP déguisée pour avoir l’air de provenir de l’Ukraine.

De plus, les noms utilisés pour cette supercherie semblent provenir d’une réelle liste de membres du Parti conservateur qui date de plusieurs années.

Un événement troublant, selon plusieurs conservateurs, qui soulève des inquiétudes sur l’intégrité de l’ensemble de la course à la direction du parti.

Un drôle de courriel

J’ai reçu un drôle de courriel qui me remerciait pour mon engagement à donner 120 $ à la campagne de Jean Charest, raconte Mélanie Paradis, une membre du parti. C’était bizarre, dit-elle, parce qu’en tant qu’ex-stratège pour Erin O’Toole, elle a choisi de rester neutre dans cette course.

Ce qui était encore plus préoccupant, c’est qu’ils avaient le bon courriel, une de mes anciennes adresses civiques d’il y a deux ans, confie-t-elle. C’est elle qui a alerté la campagne de Jean Charest, qui a ensuite fait enquête et découvert la supercherie.

Mélanie Paradis estime que ses informations personnelles ont été tirées d’une vieille liste de membres du Parti conservateur. Elle n’a perdu aucune somme d’argent.

N’empêche, il ne faut pas être complaisant à ce sujet, selon elle. C’est notre système politique en général qui est menacé par ce genre d’interférence, qu’elle provienne d’un sympathisant d’une campagne adverse ou d’une influence externe.

Un épisode préoccupant

C’est très préoccupant, sur le plan de l’intégrité de la campagne, estime Dimitri Soudas, l’ex-directeur des communications sous Stephen Harper. Ce sont clairement des gestes pour déstabiliser une campagne et leur faire perdre du temps.

Pour le moment, seul le camp Charest semble avoir été victime de cette supercherie.

On a vérifié, et on n’est pas touché, dit l’équipe de Pierre Poilievre. Nous n’avons eu aucun problème du genre, indique pour sa part le camp de Patrick Brown.

On est perplexe, lance le sénateur Léo Housakos, qui fait partie de l’équipe de Pierre Poilievre. Je peux vous garantir que ce n’est pas nous qui sommes à l’origine de ce piratage chez Jean Charest, assure-t-il.

Le directeur général du Parti conservateur du Canada, Wayne Benson, indique que le piratage allégué fait l’objet d’une enquête. Nous faisons des vérifications en ce moment, et nous réservons nos commentaires pour plus tard, indique-t-il. En entrevue avec La Presse canadienne, il s'est dit convaincu que les données internes sur les membres du parti n'avaient pas été compromises.

Le camp Charest craint que cet épisode ne soit néfaste pour la course. On ne veut pas que le processus soit teinté par ça, parce que les enjeux pour le parti sont trop importants, indique une source haut placée de son équipe.

De son côté, le sénateur Housakos estime que le Parti conservateur devrait demander une enquête policière. C’est clair que quelqu’un utilise une vieille liste du parti, selon lui, et c’est illégal. Il faut prendre ça au sérieux.

Les candidats conservateurs ont jusqu’au 19 avril pour amasser 300 000 $ et 500 signatures de membres du parti pour se qualifier dans la course à la direction du parti.

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