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La crise s’aggrave en Tunisie avec la dissolution du Parlement par le président Saïed

Le département d'État américain se dit grandement préoccupé par la décision du président tunisien de dissoudre le Parlement.

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Le président de la Tunisie, Kaïs Saïed, a dissous le Parlement à la suite d'une séance virtuelle tenue par plus d'une centaine de parlementaires. (Sur la photo, le président tunisien lors d'un sommet de l'Union européenne sur l'Afrique à Bruxelles, en février 2022.)

Photo : Associated Press / Johanna Geron

Le chef de l'État tunisien, Kaïs Saïed, a dissous le Parlement à la suite d'une séance non autorisée tenue par des parlementaires qui s'opposent à ses mesures.

Il s'agit d'un nouveau cap dans la crise politique qui secoue la Tunisie, notamment depuis la suspension du Parlement en juillet dernier par le président Saïed, qui avait alors déclaré qu'il pouvait gouverner par décret.

Bravant cette suspension, plus de la moitié des parlementaires, soit 124 personnes, s'étaient réunis virtuellement mercredi. La quasi-totalité d'entre eux a voté contre des mesures qu'avait décrétées l'an dernier Kaïs Saïed. La réplique de ce dernier ne s'est pas fait attendre : c’est une tentative de coup d’État qui a échoué, a-t-il déclaré.

La plupart des participants à cette séance non autorisée font maintenant l'objet d'une enquête. De plus, au moins une vingtaine d'entre eux ont été cités à comparaître devant une unité antiterroriste pour leurs actions, qualifiées de conspiration contre la sécurité de l'État.

Parmi ceux cités à comparaître figurent des membres du parti islamiste Ennahda, selon le chef de ce parti qui préside aussi le Parlement, Rached Ghannouchi.

Nous considérons que le Parlement reste en activité, a affirmé Rached Ghannouchi, qui rejette la décision du chef de l'État et affirme que l'Assemblée va poursuivre ses activités.

M. Ghannouchi préside le Bureau de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), qui regroupe la présidence du Parlement et les partis qui y siègent, et qui avait organisé la séance virtuelle de mercredi.

Sur Twitter, la parlementaire Saïda Ounissi, qui était ministre de l'Emploi et de la Formation avant la suspension du Parlement, a écrit que Saïd entend utiliser tous les moyens pour écraser les voix de l'opposition. Il veut décourager les députés qui souhaiteraient organiser une troisième plénière.

Jeudi, le département d'État américain s'est dit grandement préoccupé par la décision du président de dissoudre le Parlement. Son porte-parole, Ned Price, a déclaré que les États-Unis n'ont eu de cesse de dire aux officiels tunisiens que tout processus de réforme politique devait être transparent et inclusif.

L'appui d'un syndicat au président

La Constitution tunisienne prévoit la tenue d'élections législatives anticipées dans un délai de trois mois à la suite de la dissolution du Parlement. Toutefois le président Saïed n'a pas encore indiqué s'il le fera.

Élu fin 2019, ce dernier s'était arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021 en limogeant le premier ministre et en suspendant le Parlement, dominé par le parti Ennahda.

Jeudi, le puissant syndicat UGTT a salué la décision du président Saïed de dissoudre le Parlement. Cependant, le syndicat réclame du président tunisien qu'il cesse de s'arroger des pouvoirs et qu'il remette le pays sur la voie de la démocratie.

En décembre, le président Saïed s'était engagé à tenir des consultations populaires sur des amendements constitutionnels et électoraux. Il s'était engagé aussi à tenir de nouvelles élections, en décembre 2022.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, Reuters, et New York Times

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