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Facebook renforce la position des climatosceptiques, selon une étude

Le réseau social faillirait à sa tâche de diriger les internautes vers des informations fiables.

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La lutte à la désinformation donne des maux de tête à Facebook depuis plusieurs années.

Photo : phares-balises.fr

Radio-Canada

Les personnes qui doutent de l'existence des bouleversements climatiques se font suggérer davantage de groupes de désinformation ou de conspiration par l’algorithme de Facebook que la moyenne des gens. C’est du moins la conclusion à laquelle arrive une équipe de recherche menée par Global Witness, un organisme de défense des droits de la personne, qui a publié un rapport lundi.

Pour en venir à une telle conclusion (Nouvelle fenêtre), l’équipe de recherche a créé deux comptes de personnes fictives : un profil d’une personne climatosceptique (Jane), et celui d’une personne suivant des organismes scientifiques reconnus (John).

Chaque compte a suivi les recommandations d’abonnement à des pages et groupes, proposées par l’algorithme de Facebook.

Le profil de John a apposé sa première mention J’aime au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme scientifique des Nations unies. L’ensemble des pages et groupes proposés par l’algorithme par la suite montraient des contenus scientifiques fiables.

Pour Jane, toutefois, ça se complique. Le compte a d’abord mis une mention J’aime à quelques pages de désinformation et de scepticisme quant à la cause environnementale.

Le compte s’est rapidement fait proposer des contenus niant que l'activité humaine puisse engendrer des bouleversements climatiques, allant même jusqu’à qualifier de canulars les moyens d’atténuer ses effets.

Au fil des deux mois de la simulation, l’équipe de recherche a remarqué que le profil de Jane se faisait recommander des contenus de plus en plus extrêmes et marginaux sur le plan des théories du complot et de l’antiscientifique.

Alors qu’une seule page recommandée pour ce compte ne contenait pas de désinformation sur la crise climatique, les deux tiers n’avaient pas non plus d’épingle d’avertissement qui redirige les internautes vers le centre d’information climatologique de Facebook. Cette page web contenant des faits et données de sources fiables sur le sujet a été inaugurée en 2021 par le réseau social, justement pour lutter contre la désinformation sur l’environnement.

Facebook réplique

En réponse à une demande de commentaires de la part de la BBC, Facebook a indiqué que ses systèmes sont conçus pour réduire la désinformation, y compris la désinformation climatique, et non pour l'amplifier.

L’entreprise a aussi mentionné utiliser une combinaison d'intelligence artificielle, d'examen humain et de contribution de partenaires – y compris la vérification de faits – pour traiter les contenus à problème. Ceux-ci sont par ailleurs épinglés d’un avertissement, en plus d’être limités dans leur portée sur le réseau social.

Des spécialistes dénoncent depuis plusieurs années le problème de chambre d'échos que crée l’algorithme de Facebook. Les internautes se font entraîner dans un vortex de contenus en phase avec leurs intérêts, ce qui les empêche d’avoir accès à d’autres points de vue ou informations et les encourage dans leurs croyances, peu importe le sujet.

Facebook a déclaré à plusieurs reprises vouloir lutter contre la désinformation climatique sur sa plateforme – mais notre enquête montre à quel point il est facile et inquiétant pour ses utilisateurs et utilisatrices de se laisser entraîner dans une voie dangereuse qui va à l'encontre de la science et de la réalité, a indiqué Mai Rosner, chercheuse pour Global Witness.

Avec les informations de BBC

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