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Au-delà des mots, la C.-B. se dote d’un plan d’action pour les droits des Autochtones

Des membres de la Première Nation Squamish se rassemblent pour une cérémonie devant l'église historique Saint Paul, à North Vancouver, en Colombie-Britannique, le 31 mai 2021. Le rassemblement a été organisé dans la foulée de la découverte de 215 sépultures anonymes à Kamloops, en Colombie-Britannique.

De nombreux Autochtones de la Colombie-Britannique sont passés par les pensionnats pour Autochtones tenus par l'Église catholique. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Deux ans après avoir officiellement mis en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, la Colombie-Britannique dévoile un plan d’action sur cinq ans élaboré en partenariat avec des Premières Nations, pour s’assurer que ces principes sont respectés.

En 2019, la Colombie-Britannique est devenue la première province canadienne à instaurer cette Déclaration des Nations unies (Nouvelle fenêtre), qui garantit notamment le droit des Autochtones à l’autodétermination.

Mercredi, elle se félicite de marquer encore une fois l’histoire, en se dotant du premier plan d’action développé en collaboration avec des Premières Nations pour s’assurer du respect de ces principes, affirme le ministre des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation, Murray Rankin.

Après deux années de discussions, c’est le temps des actions, se réjouit à son tour John Hackett, représentant de l'Alliance of BC Modern Treaty Nations, un regroupement de Premières Nations qui milite pour la mise en oeuvre des traités modernes en Colombie-Britannique et le respect des droits qui en découlent.

Le plan de la province est composé de 89 actions concrètes. Le gouvernement provincial espère les mettre en oeuvre d’ici 2027 pour que soient respectés les principes énoncés par les Nations unies.

Pas juste des mots, assure la province

De l’éducation à la justice en passant par l’environnement, les missions que s’est données la province touchent de multiples domaines. Elle souhaite notamment collaborer avec les peuples autochtones sur des problématiques liées à la conservation et à la biodiversité, à la prévention des feux de forêt, à la gestion de l’eau et à la revitalisation d’espèces comme les saumons.

Le plan impose également à la province de fournir des rapports annuels sur la mise en œuvre de ces actions.

« Ce n’est pas juste des mots. Cela ne peut pas être juste des mots parce que nous serons tenus pour responsables tous les ans. »

— Une citation de  Murray Rankin, ministre des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation

Cheryl Casimer, membre du Conseil exécutif du Sommet des Premières Nations, a bon espoir que ces actions concrètes seront prises au-delà des engagements, chacune des 89 actions étant rattachée à un ministère précis. Nous savons qui sera responsable de leur mise en œuvre, dit-elle.

Un pas important de plus vers la réconciliation

Cette annonce a lieu alors que la gestion des territoires non cédés reste conflictuelle en Colombie-Britannique.

La Première Nation Nuchatlaht est devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique depuis une semaine pour obtenir un titre ancestral sur un territoire de l’île de Vancouver. Elle souhaite ainsi obtenir son droit de gestion du territoire en se battant contre le gouvernement devant les tribunaux.

Ce que nous avons vécu, c’est un [traumatisme] intergénérationnel, confirme le chef Jerry Jack, membre du conseil de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique.

« J’allais avec mon père à des barrages pour protester pour nos territoires et nos droits. Je ne veux pas que mes petits-enfants grandissent avec les mêmes batailles pour avoir des droits reconnus, et leurs terres, retrouvées. »

— Une citation de  Jerry Jack, membre du conseil de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique

La réalité sur le terrain aujourd’hui, c’est aussi une surreprésentation des Autochtones dans le système juridique, dit par ailleurs la vice-présidente du Conseil de justice des Premières Nations de la Colombie-Britannique, Rosalie Yazzie.

Si une grande partie du travail reste encore à faire, les représentants autochtones présents lors de l’annonce s’accordent sur le fait que ce plan d’action constitue un pas de plus dans la bonne direction.

C’est un pas important vers la réconciliation et le respect des engagements de la province, confirme John Hackett, notamment en qui a trait au respect des traités et des droits inhérents.

Pour que la mise en oeuvre de ces actions soit un succès, il faudra prendre des mesures pour transformer et décoloniser le processus législatif provincial, soutient de son côté Chery Casimer, du Sommet des Premières Nations. Selon elle, il ne permet pas aux Autochtones de participer pleinement à l'élaboration de la loi.

La province s’est également donné comme mission de formuler des directives pour le procureur général de la Colombie-Britannique dans la conduite de poursuites civiles qui impliquent les Autochtones.

Le colonialisme n’est pas théorique. C'est une réalité vécue tous les jours par les Premières Nations, reconnaît également le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan.

Et, si certaines oppositions perdurent, parfois même devant les tribunaux, le premier ministre considère que cela ne nuira pas à l’engagement mutuel que les Autochtones et la province ont conclu avec ce plan d’action.

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