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La Ville de Victoria envisage d’utiliser la taxe foncière pour la réconciliation

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Les membres du conseil municipal de Victoria et de la nation Songhees posent pour une photo à Victoria, en Colombie-Britannique, le 11 mars 2022. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Kathryn Marlow

La Ville de Victoria votera le 7 avril pour créer un fonds de réconciliation qui donnera aux propriétaires la possibilité de verser volontairement des contributions financières aux Premières Nations Esquimalt et Songhees. Ce concept de réciprocité, où les échanges et les richesses, notamment foncières, profitent à tous, est actuellement mis au point en parallèle par le Reciprocity Trust, un groupe de Victoria.

Dans un premier vote, le 24 mars, la majorité des membres du conseil municipal de Victoria se sont prononcés en faveur de ce fonds, qui permettra aux propriétaires d'ajouter volontairement entre 5 et 10 % de plus à leur montant annuel de taxe foncière.

La mairesse de Victoria, Lisa Helps, explique que la Ville recueillera l'argent et le transférera aux Premières Nations Songhees et Esquimalt, en plus d'une subvention pour la réconciliation de 200 000 $, déjà été approuvée par le conseil municipal.

La directrice générale de la Première Nation Songhees, Katherine Legrange, dit qu'elle reconnaît le travail et les efforts de la mairesse dans cette initiative importante.

« Il est encourageant que certains propriétaires de Victoria aient exprimé le désir de verser volontairement une partie de leurs impôts fonciers à la nation Songhees, comme étape significative et tangible vers la réconciliation. »

— Une citation de  Katherine Legrange, directrice générale, Première Nation Songhees

Katherine Legrange espère que cela créera un précédent pour que d'autres villes et municipalités en fassent de même.

Un concept émergent

En parallèle, un groupe de Victoria travaille sur ce concept depuis le printemps 2020. Je pense que l'idée des fiducies réciproques a demandé de nombreuses années de réflexion avant d'être mise en place, explique la directrice du programme de Reciprocity Trust, Sarah Reid.

Le groupe est en discussion avec 10 Premières Nations du sud de l'île de Vancouver pour mettre au point une plateforme en ligne, actuellement en phase bêta, qui mettra en relation des propriétaires, des locataires et des entrepreneurs avec les nations autochtones sur les terres desquelles ils vivent et travaillent.

Elle soulagera les Premières Nations du fardeau administratif, explique Sarah Reid, et cette source de revenus sera utilisée par ces dernières comme elles l’entendent.

« Cela permettra aux gens d'effectuer des paiements volontaires associés à un pourcentage de leur loyer, de leur impôt foncier ou de leurs revenus d'entreprise directement à une fiducie détenue et contrôlée par des Autochtones dans la région où ils vivent. »

— Une citation de  Sarah Reid, directrice du programme, Reciprocity Trust

Le groupe a déjà collecté les noms de 750 personnes intéressées, dont 250 dans le sud de l'île de Vancouver. L’idée est de changer la culture de la propriété privée, explique Sarah Reid.

Elle se réjouit du pas fait par la Ville de Victoria, car il contribue à normaliser le concept et imagine qu'il pourrait être étendu à tout le Canada.

Deux possibilités de faire des dons

Les habitants de Victoria pourraient donc bientôt avoir le choix entre deux possibilités pour apporter leur contribution, en passant par la Ville, dont l’argent ira aux Premières Nations Songhees et Esquimalt, ou par la fiducie du Reciprocity Trust qui concernera, elle, 19 Premières Nations.

Lisa Helps assure que de nombreux non-Autochtones de Victoria ont exprimé le souhait d'en faire davantage pour la réconciliation et que le conseil municipal considère une contribution financière volontaire comme un engagement de réconciliation significatif.

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Le chef de la Première Nation Songhees, Ron Sam, et la mairesse de Victoria, Lisa Helps, s'enlacent lors d'une cérémonie le 11 mars 2022.

Photo : Radio-Canada / CBC/Kathryn Marlow

Sur son site Internet, la mairesse a expliqué, dimanche, que le principe de réciprocité signifie la reconnaissance du fait que les résidents, les entreprises et la Ville elle-même génèrent de la richesse en vivant sur les terres autochtones et que cette richesse doit s'accompagner d'une responsabilité.

Toutefois, le conseiller Stephen Andrew, candidat à la mairie l’automne prochain, est en désaccord avec cette décision. Il affirme que les habitants n'ont pas besoin de se tourner vers un programme municipal pour contribuer directement aux Premières Nations locales.

« Cette motion est une autre incursion du conseil municipal dans ce qui relève clairement de la compétence provinciale et fédérale. Selon moi, c'est un étalage de vertu. »

— Une citation de  Stephen Andrew, conseiller municipal, Victoria

Sarah Reid fait remarquer que les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation s’adressent directement aux municipalités et que tous les ordres de gouvernement et tous les individus ont un rôle à jouer dans la réconciliation.

Dans les appels à l’action, il est notamment demandé aux administrations municipales de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans le cadre de la réconciliation et de rejeter les concepts ayant servi à justifier la souveraineté européenne sur les peuples et les territoires autochtones, comme la doctrine de la découverte et celle de la terra nullius.

Avec des informations de La Presse canadienne

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