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Une chasse aux phoques de plus en plus précaire

Les chasseurs doivent donc attendre le début de la mue des veaux pour autoriser la chasse, ce qui survient à un peu plus d’une quinzaine de jours après la mise bas (archives).

Photo : PC Archives

Récemment des chasseurs de phoques madelinots ont critiqué le ministère des Pêches et des Océans pour avoir tardé à ouvrir la chasse. Les rares chasseurs qui sont sortis sur la banquise sont presque tous revenus bredouilles.

Pourtant, cette année, une impressionnante mouvée de 200 000 phoques était observable à quelques milles marins de l’archipel. Malheureusement, les vents ont dispersé le troupeau avant le début de la chasse.

La bonne date

La question de la date d’ouverture est toujours délicate compte tenu de toutes les variables météorologiques qui entrent en ligne de compte. Ce sont des éléments d’une complexité assez impressionnante, admet Cédric Arseneau, directeur du bureau de secteur de Pêches et Océans Canada aux Îles-de-la-Madeleine.

Le porte-parole du MPO indique que ces conditions météorologiques changeantes s'ajoutent les éléments réglementaires qui encadrent la chasse, soit l’interdiction de chasser durant la mise bas et celle d’abattre des blanchons.

Pour le ministère, la date d’ouverture de la chasse aux phoques, le 17 mars dernier, respectait la réglementation. Cédric Arseneau souligne que si les chasseurs étaient partis en expédition trop tôt, ils seraient arrivés dans une mouvée où la chasse n'aurait pas été permise,

Les chasseurs doivent donc attendre le début de la mue des veaux pour autoriser la chasse, ce qui survient à un peu plus d’une quinzaine de jours après la mise bas.

Un blanchon est considéré comme étant en mutation dès qu’il commence à perdre ses poils blancs. Les blanchons commencent leur mue sur le dessus de la tête, ce qui reste facile à observer, commente M. Arseneau.

Une mouvée sous surveillance

Pour parvenir à déterminer le début de la chasse, Pêches et Océans effectue des missions sur les glaces pour observer la mouvée. On a notre biologiste, Mike Hammill, indique le porte-parole du MPO, qui se déplace sur le territoire pour relever les éléments de datation, entre autres, le moment où la mise bas a eu lieu, et de là, à partir des données qu’il a déjà colligées dans le passé, on est capable d’estimer le nombre de jours que ça prend avant d'en arriver à un stade qui permet l’abattage.

Le MPO s’est aussi doté de règles internes. Ainsi, 80 % des phoques du Groenland nés dans l’année doivent être arrivés à maturité avant d’autoriser la chasse.

Un troupeau de phoques sur la banquise

Un troupeau de phoques dans le golfe Saint-Laurent (archives).

Photo : Gil Thériault

Cédric Arseneau ajoute que cette règle est assez facile à suivre pour le troupeau de phoques du Groenland puisque toutes les femelles mettent bas sensiblement au même moment. Parce qu’ils attendent les conditions météorologiques favorables, précise le responsable du MPO aux Îles.

Le directeur du bureau de Pêches et Océans Canada aux Îles-de-la-Madeleine réfute les arguments selon lesquels la date de départ est trop tardive.

C’est même le contraire, dit-il. Depuis quelques années, l'ouverture de la chasse a été devancée.

M. Arseneau rappelle qu’autrefois, les gens chassaient le phoque pour sa fourrure et très peu pour sa viande. Ce que les chasseurs nous demandaient, dit-il, c’étaient de coordonner l’ouverture avec la valeur maximale de la peau. Il fallait attendre que la mue soit terminée.

Désormais, le produit de la chasse est surtout traité en boucherie et le gras, utilisé pour en tirer des Oméga-3.

Des chasseurs ont aussi remis en cause la fermeture de la chasse aux blanchons. Ce n’est clairement pas une direction que le ministère semble vouloir prendre pour le moment, commente Cédric.

Entre règlements et changements climatiques.

Au cours des dernières années, la formation d’une banquise autour de l’archipel madelinot tend à devenir de moins en moins fréquente et de plus en plus brève.

Un blanchon et un phoque adulte sur un morceau de glace flottant parmi plusieurs autres amas de glaces, avec des eaux libres à l'arrière.

Depuis 2010, 42 % des hivers n'ont pas permis la formation d'une couverture de glace sécuritaire pour assurer la tenue des expéditions d'observation des blanchons (archives).

Photo : Rei Ohara/Hôtels Accents

Depuis 2010, 42 % des hivers n'ont pas permis la formation d'une couverture de glace sécuritaire pour assurer la tenue des expéditions d'observation des blanchons.

Cette année n'a pas fait exception. Jusqu’en début de février, il n’y avait pas de glaces, indique M. Arseneau. La formation de la glace cette année a été très tardive, cette année, et a été de courte durée.

Sur ce point, le représentant du MPO partage le même constat que les chasseurs sur la pérennité de la chasse à long terme. Est-ce qu’on va avoir une banquise de manière suffisante pour que les phoques puissent mettre bas. Malheureusement, je pense que c'est une question plus large et difficile que juste la date d’ouverture.

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