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Le Canada vise une réduction de 31 % des GES pour l’industrie pétrolière et gazière

L'industrie pétrolière et gazière devra réduire ses GES de 31 % (2005) d'ici 2030 pour atteindre les cibles.

Justin Trudeau.

Beaucoup ont réalisé que l'action climatique et l'économie peuvent aller de pair, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau dans son discours d'ouverture du Globe Forum 2022, à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Le gouvernement du Canada a détaillé son plan de réduction des gaz à effet de serre pour 2030 dans le cadre de la conférence nord-américaine sur le climat et la durabilité, le Globe Forum 2022. Le premier ministre Justin Trudeau a prononcé le discours d'ouverture de ce forum, en cours à Vancouver jusqu'à jeudi. Il est accompagné de ses ministres de l’Environnement, Steven Guilbeault, et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson.

Dans son allocution, le premier ministre Justin Trudeau a d’abord parlé de la situation en Ukraine et expliqué que tous les chefs d'État européens à qui il a parlé récemment veulent mettre fin à leur dépendance au carburant de la Russie et accélérer leur transition vers des énergies propres.

« Le Canada peut jouer un rôle important dans cette transition [vers les énergies propres]. Nous n’avons pas à choisir entre une économie forte et un environnement sain. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le premier ministre a affirmé que, si, auparavant, la lutte contre les changements climatiques était vue comme une responsabilité sociale, beaucoup ont réalisé que l'action climatique et l'économie peuvent aller de pair.

Nous avons mis un prix sur la pollution, nous nous sommes battus jusqu’en Cour suprême pour ce droit, et il y a donc maintenant plus d’argent dans la poche des Canadiens et davantage d’air pur , a déclaré Justin Trudeau.

Le premier ministre Justin Trudeau a déposé son plan de réduction des GES, un plan qu'il juge ambitieux, mais pragmatique. Reportage de Laurence Martin.

La crise climatique sous plusieurs angles

En s’adressant aux participants du Forum Globe, le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a raconté son passé de militant auprès de Greenpeace et Équiterre et de consultant auprès de compagnies pour expliquer qu’il a observé la crise climatique sous plusieurs angles.

Nous n’avons plus besoin de convaincre les gens de l’urgence d’agir. La cause principale du réchauffement climatique est les émissions de carbone , a-t-il déclaré. Mais l’obligation d’agir peut tout à la fois stimuler l’économie et créer des emplois.

« L’action climatique n’est pas seulement un devoir, c’est également une manne d’occasions à saisir! C’est ce que représente le Globe. »

— Une citation de  Steven Guilbeault, ministre fédéral de l’Environnement

Il a cité comme exemple des effets dévastateurs du réchauffement climatique, les nombreux feux de forêt qui ont ravagé la Colombie-Britannique l’été dernier, dont celui qui a rasé le village de Lytton, et les inondations catastrophiques.

Un pâté de maisons entièrement rasé par les flammes.

Quelques jours après avoir enregistré le mercure le plus élevé jamais signalé au Canada, le village de Lytton, en Colombie-Britannique, a été presque entièrement détruit par un feu de forêt causé par la vague de chaleur.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le plan

Le Plan de réduction des émissions pour 2030 : Prochaines étapes du Canada pour un air pur et une économie forte (Nouvelle fenêtre) prévoit un investissement fédéral de 9,1 milliards de dollars dans l'espoir de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % à 45 % d’ici les 8 prochaines années et d'arriver à la carboneutralité d’ici 2050.

Ce plan prévoit que l'industrie pétrolière et gazière devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 31 % par rapport au niveau de 2005 (42 % par rapport au niveau de 2019 ) d'ici 2030, si le pays veut atteindre ses nouvelles cibles.

Ottawa prévoit que les émissions liées à l'électricité seront de près de zéro d'ici la fin de la décennie, mais qu'il faudra plus de temps pour observer un réel progrès du côté du secteur des transports.

Le plan comporte des mesures visant l’ensemble de l’économie, comme la tarification du carbone et les combustibles propres, ainsi que des mesures ciblées pour chaque secteur, comme les bâtiments, les véhicules, l’industrie ou encore l’agriculture.

Une station de recharge de véhicules électriques à Rexton, au Nouveau-Brunswick, le 28 octobre 2020.

Le plan prévoit l'ajout 50 000 bornes de recharge pour véhicules zéro émission au pays. (archives 2020)

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Le plan est une obligation légale en vertu de la Loi sur la responsabilité en matière de carboneutralité, que les libéraux ont adoptée l'année dernière.

Le plan devait être déposé à la fin de décembre, mais le ministre Steven Guilbeault s'est prévalu d'une clause lui permettant de demander un sursis de trois mois.

Avant de le déposer, Steven Guilbeault a déclaré que les Canadiens y verraient quelque chose d'inédit : une feuille de route pour atteindre un objectif climatique.

Le Canada a publié au moins 11 plans et fixé 9 objectifs d'émissions depuis 1988. Il n'en a jamais atteint un seul.

Les progrès réalisés dans le cadre du plan seront examinés dans des rapports d’étape en 2023, en 2025 et en 2027. D’autres cibles et plans seront élaborés tous les cinq ans, de 2035 à 2050.

Un plan qui ne va pas assez loin, disent les environnementalistes

Pour la première fois, un plan climatique canadien prévoit que le secteur pétrolier et gazier réduise significativement ses émissions, se réjouit Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada.

Toutefois, les exigences envers l’industrie sont insuffisantes et le plan est trop axé sur le financement public de solutions technologiques risquées plutôt que sur la transition vers les énergies propres, nuance-t-il.

La Fondation David Suzuki voit également d’un bon œil le plan qui constitue un pas en avant encourageant pour l’action climatique au pays.

« Ce plan a de meilleures chances de succès que tous les plans climatiques canadiens qui l’ont précédé. Les projections d’émissions secteur par secteur liées à des mesures spécifiques aideront le Canada à rester sur la bonne voie. »

— Une citation de  Sabaa Khan, directrice générale, Fondation David Suzuki, Québec et Atlantique

La Fondation souligne par contre une lacune principale du plan. Le plafond des émissions du secteur pétrolier et gazier est fixé bien en deçà des 40 à 60 % que les analyses montrent comme étant atteignables, déplore-t-elle.

Les détails

Mesures du plan de lutte contre les GES pour 2030 :

  • Stratégie canadienne pour des bâtiments écologiques (150 millions $)
  • Subvention canadienne pour des maisons plus vertes (458,5 millions $)
  • Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone (2,2 milliards $)
  • Mesures de lutte contre les changements climatiques par les peuples autochtones (180 millions $)
  • Initiatives régionales stratégiques de création d’emplois durables (25 millions $)

Faciliter la transition des Canadiens vers les véhicules électriques :

  • Ajouter 50 000 bornes de recharge pour véhicules zéro émission (400 millions $)
  • Infrastructures de recharge et de ravitaillement des véhicules zéro émission (500 millions $)
  • Réduire le coût d’achat des nouveaux véhicules légers électriques (1,7 milliard $)
  • D'ici 2026, 20 % des nouveaux véhicules légers vendus devront être des véhicules zéro émission.
  • D'ici 2030, 35 % de tous les véhicules moyens et lourds vendus devront être des véhicules zéro émission.

Réduire la pollution par le carbone dans le secteur pétrolier et gazier :

  • Réduction par le secteur pétrolier et gazier de ses émissions d’environ 42 % par rapport aux niveaux de 2019.
  • Réduction, d'ici 2030, des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier d’au moins 75 %
  • Programme des énergies renouvelables intelligentes et de trajectoires d’électrification (600 millions $)
  • Développement de grands projets d’électricité propre (250 millions $)
  • Élaboration d’une stratégie de captage, d’utilisation et de stockage du carbone et instauration d’un crédit d’impôt
  • Fonds des solutions climatiques axées sur la nature (780 millions $)
  • Fonds d’action climatique à la ferme du programme Solutions agricoles (470 millions $)
  • Programme des technologies propres en agriculture (330 millions $)

Le Plan de réduction des émissions pour 2030 oblige également le gouvernement du Canada à explorer la possibilité de prendre des mesures qui contribueraient à garantir le prix de la pollution.

Au cours de sa visite en Colombie-Britannique, Justin Trudeau rencontrera aussi le premier ministre de la province, John Horgan, et au cours de la semaine, il se rendra dans la Première Nation de Williams Lake.

Avec des informations de La Presse canadienne

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