•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réorganisation de la santé : Québec propose un guichet d’accès unique en première ligne

Christian Dubé s’adresse aux médias assis à la table de presse.

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a présenté mardi le plan de son gouvernement afin d'offrir des soins de santé accessibles et performants à tous les Québécois, notamment au million de citoyens qui n'ont pas de médecins de famille, par le biais d'un guichet d'accès unique pour les soins de première ligne.

Les Québécois qui ont besoin d'une consultation ou de services pourront y recourir via Internet ou par téléphone pour obtenir des conseils de professionnels de la santé. Il sera également possible d’obtenir un rendez-vous médical ou un renouvellement de prescription, selon le problème de santé et les besoins du patient.

Les infirmières praticiennes, les techniciens ambulanciers paramédicaux et les pharmaciens seront notamment mis à contribution dans la réorganisation des soins de première ligne proposée par le gouvernement Legault.

En conférence de presse avec son collègue ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, Christian Dubé a expliqué qu'il ne sera plus question désormais d'offrir aux citoyens des lignes téléphoniques où on ne fait que leur dire de se rendre à l'urgence.

Un seul canal où le patient est pris en charge par le bon professionnel dans un délai raisonnable. […] Un endroit où on peut même donner une évaluation du service que l’on vient de recevoir.

« Il est temps que le système de santé s’adapte aux citoyennes et citoyens, et non l’inverse. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Julie Drolet en entrevue avec le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Ce nouveau système est déjà mis à l'essai depuis deux ans dans le Bas-du-Fleuve, notamment à Rimouski et à Rivière-du-Loup, où il a donné de bons résultats.

On est en train de le répliquer à l'échelle du Québec et, je vous le dis, d'ici la fin de l'été, la majorité des Québécois qui sont sans médecin de famille, ce qu'on appelle des "patients orphelins", pourront passer par le guichet d'accès première ligne, a promis Christian Dubé.

Pour assurer la réussite de son système de santé 2.0, Québec entend continuer de travailler à l'amélioration de l'accès et au partage des données à travers le réseau via un système d'information de qualité, tout en procurant au personnel du réseau des infrastructures modernes où il fait bon travailler.

Deux objectifs

En élaborant ce plan, le gouvernement vise deux objectifs : que les Québécois puissent avoir la meilleure expérience patient et qu’ils soient fiers de leur réseau de la santé, et que le réseau devienne l’employeur de choix pour les 300 000 personnes qui y travaillent, mais aussi peur ceux qui veulent venir y travailler, selon les mots du ministre.

Pour atteindre ces deux objectifs, le ministre Dubé mise notamment sur le décloisonnement des professions, sur la complémentarité des services publics et privés et sur un virage vers les soins à domicile.

Le gouvernement Legault compte aussi procéder à une réorganisation du travail dans tout le réseau de la santé pour y assurer une meilleure rétention des professionnels qui ont quitté le bateau par milliers ces dernières années en raison de conditions de travail toxiques ou d'épuisement professionnel.

Christian Dubé s'adressant aux médias.

Christian Dubé défend le projet de loi qu'il a déposé mercredi.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Fin du temps supplémentaire obligatoire

Le gouvernement souhaite éliminer une fois pour toutes le temps supplémentaire obligatoire – un irritant majeur dans le réseau hospitalier – en prévoyant une capacité excédentaire de personnel et en s'appuyant sur la campagne de recrutement et les formations accélérées qui sont déjà en place.

Le ministre mise également sur un partenariat avec des cliniques médicales privées pour réduire les listes d'attente pour des chirurgies, qui se sont allongées pendant la pandémie. Rappelons qu'à la mi-février, on comptait près de 160 000 patients en attente d'une chirurgie au Québec.

Ce type de partenariat est déjà en place dans une quinzaine de cliniques de la province, et c'est l'État qui assume les coûts des interventions, indique le plan présenté par la CAQ.

Des milliers de patients en attente depuis plus de six mois pour une chirurgie mineure d'un jour ont pu être opérés sans que cela ne leur coûte un sou, se félicite le gouvernement.

Cela représente 14 % du total de l'activité chirurgicale effectuée actuellement au Québec, un chiffre que le gouvernement compte faire augmenter.

Davantage de responsabilités aux infirmières, pharmaciens et ambulanciers

Pour éviter que les médecins de famille et les urgences soient submergés, Québec veut aussi élargir les pouvoirs des infirmières praticiennes spécialisées, des pharmaciens et des techniciens ambulanciers paramédicaux.

Ces derniers auraient ainsi la capacité d'orienter le patient vers le bon soin et le bon professionnel au lieu de systématiquement effectuer un transport aux urgences. La création d'un ordre professionnel pour les techniciens ambulanciers est aussi sur la table.

Ce plan, c’est le plan de tout le monde. Ça va être comme la rénovation complète d’une maison : on va certainement rencontrer des obstacles, on aura peut-être même des moments de découragement, mais on aura le courage et la détermination d’aller jusqu’au bout, a déclaré Christian Dubé, qui n'a annoncé à peu près aucune mesure spécifique, précise ou chiffrée pour appuyer cette stratégie.

Il a néanmoins assuré que sur le plan financier, le ministère de la Santé a les moyens de ses ambitions. En effet, le budget provincial déposé la semaine dernière par le ministre des Finances Eric Girard prévoit 8,9 milliards sur les cinq prochaines années pour opérer le virage souhaité.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !