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Dans les profondeurs des lacs des Chic-Chocs

Un biologiste travaille sur la glace d'un lac gaspésien.

Le projet de recherche Créa cherche à mieux comprendre les écosystèmes présents dans les lacs des Chic-Chocs.

Photo : Gracieuseté de Louise Chavarie

Perrine Bullant

Depuis le début du mois de mars, une équipe de chercheurs effectue des prélèvements dans une trentaine de lacs des Chic-Chocs pour mieux comprendre ces écosystèmes.

On ne peut pas savoir comment ça changera dans l'avenir si on n’a pas de connaissances sur ce qui existe dans ces lacs-là, lance Louise Chavarie, professeure associée à l’université norvégienne pour les sciences de la vie (NMBU).

Aujourd’hui installée en Norvège, cette Gaspésienne d’origine a choisi de lancer le projet Créa-cc, il y a deux ans, pour revenir travailler sur sa terre natale.

Créa vise à bonifier les connaissances des écosystèmes aquatiques des Chics-Chocs grâce à des échantillonnages réalisés dans les lacs autant en été qu'en hiver. Cette étude, la première du genre, aidera à mieux comprendre les effets des changements climatiques sur un milieu alpin comme les Chic-Chocs, très sensible aux aléas du climat.

Louise Chavarie présente un poisson qu'elle tient entre ses mains.

Louise Chavarie, originaire de Gaspé, est l'une des porteuses du projet, avec Catherine Lambert Koizumi, de l'AGHAMM.

Photo : Gracieuseté de Louise Chavarie

Les lacs gaspésiens sont jusqu'à maintenant restés sous le radar des scientifiques.

En Gaspésie, on se concentre beaucoup sur le niveau côtier ou sur la faune terrestre. On a très peu de connaissances sur les lacs alpins, qui sont pourtant des écosystèmes très vulnérables aux changements climatiques, observe la biologiste.

Une campagne de terrain très difficile

Les premières étapes sur le terrain de cette mission, qui s'étendra sur trois ans, ont été lancées au début du mois de mars.

Les températures très froides et les précipitations de neige des dernières semaines dans le parc de la Gaspésie ont rendu la cueillette des échantillons ardue.

C’est une de mes campagnes de terrain les plus difficiles, constate Louise Chavarie, qui a pourtant travaillé dans des endroits hostiles, comme le territoire de l’Arctique.

La biologiste reconnaît qu’il a fallu beaucoup pelleter et creuser avant d'avoir accès à la surface glacée des lacs.

Les équipes ont finalement pu commencer à récupérer des espèces comme des poissons, des invertébrés et du zooplancton.

Elles effectueront entre autres des analyses de l’ADN environnemental de ces prélèvements, ce qui permettra d’estimer la biodiversité de chacun des 30 lacs étudiés.

L'objectif est d'en arriver à une évaluation globale des milieux aquatiques, de leurs propriétés physiques, chimiques et biophysiques.

« Certains lacs, on ne sait pas ce qu’il y a dedans. »

— Une citation de  Louise Chavarie, professeure associée à l’université norvégienne pour les sciences de la vie (NMBU)

Le cycle de la neige, de la glace et des nutriments est aussi sur la table de travail des chercheurs.

Des expertises croisées

Neuf universités participent aux travaux de recherche.

Pour accumuler le plus de données possible, Louise Chavarie a choisi de constituer une équipe pluridisciplinaire.

Le projet se déroule en étroite collaboration avec l'Association de gestion halieutique autochtone Mi'kmaq et Malécite (AGHAMM) et sa directrice générale, Catherine Lambert Koizumi.

On intègre l'AGHAMM dans de nombreuses activités, comme la formation de certains de leurs employés sur le terrain, précise Louise Chavarie.

La collaboration entre de multiples partenaires permettra de croiser les expertises. Ça permet d’acquérir des données sur plusieurs niveaux et ça nous donne de meilleures chances de mieux comprendre ce qu’il se passe avec les changements climatiques en milieu alpin, considère la responsable du projet.

La surface d'un lac est trouée.

Les biologistes pêchent plusieurs espèces, comme des poissons, des invertébrés et du zooplancton qui vivent dans les lacs.

Photo : Gracieuseté de Louise Chavarie

L'équipe collabore avec la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs (MFFP) et Destination Chic-Chocs.

Le projet, soutenu financièrement par le Réseau canadien des montagnes, se poursuivra encore deux étés et deux hivers, jusqu’en 2024. 

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