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En Ukraine, ne mêlez pas l’aide humanitaire à l’envoi d’armes, demande la Croix-Rouge

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L'aide humanitaire s'organise en Ukraine (archives).

Photo :  Facebook / Tebukhukhov_Maksym DeabArtist

La Presse canadienne

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande au Canada de ne pas mêler des promesses d'aide humanitaire à l'Ukraine à des annonces d'appuis militaires ou de sanctions contre la Russie.

Cet amalgame compromet la neutralité des groupes humanitaires sur le terrain et nuit à leur sécurité, souligne le directeur des opérations du CICR, Dominik Stillhart.

« Ne liez pas votre action humanitaire aux autres mesures d'appui à l'Ukraine que vous prenez pour des motifs politiques si vous les annoncez publiquement. Il y a un risque qu'on perçoive cette aide humanitaire comme un outil ou comme une arme pour appuyer l'une ou l'autre des parties. »

— Une citation de  Dominik Stillhart, directeur des opérations du CICR

Le Canada a jusqu'à présent promis environ 180 millions de dollars en aide à l'Ukraine depuis le début de l'invasion. Environ 30 millions seront remis à la Croix-Rouge. M. Stillhart prédit que ce montant gonflera dans un avenir rapproché.

Il affirme par ailleurs que la Croix-Rouge est reconnaissante de la contribution canadienne. Le directeur des opérations du CICR dit aussi comprendre la volonté du gouvernement fédéral de démontrer son appui aux Ukrainiens en ces temps de détresse.

Ces propos n'ont pas pour but de critiquer le Canada parce qu'il a choisi d'appuyer l'Ukraine dans ce conflit, assure M. Stillhart.

« Il est important que l'action humanitaire ne fasse pas partie de l'effort de guerre. On a trop tendance de dire qu'un pays aide militairement l'Ukraine en lui envoyant des armes et de l'aide humanitaire. »

— Une citation de  Dominik Stillhart

Le cabinet du ministre du Développement international, Harjit Sajjan, n'a pas voulu commenter la sortie de M. Stillhart.

Le président du CICR, Peter Maurer, s'est rendu la semaine dernière à Moscou pour y rencontrer le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Tous deux ont discuté des façons de protéger les civils en Ukraine. Il avait auparavant effectué une visite similaire à Kiev pour rencontrer des responsables ukrainiens.

De nombreux membres de la diaspora ukrainienne au Canada ont critiqué le voyage de M. Maurer à Moscou. M. Stillhart l'a défendu en déclarant que la capacité de parler aux deux parties était cruciale pour protéger des vies.

« Il est difficile pour eux de comprendre cela, car ils sont les victimes de l'agression. La neutralité est un concept difficile à comprendre quand on est agressé. Mais il est important pour la diaspora ukrainienne d'ici de comprendre qu'en demeurant neutres, nous pouvons agir aux endroits les plus difficilement accessibles. »

— Une citation de  Dominik Stillhart

M. Stillhart reconnaît que la Russie a refusé de coopérer lorsqu'est venu le temps d'approvisionner et d'évacuer la population civile des villes assiégées par les envahisseurs, notamment Marioupol.

J'aimerais constater une plus grande coopération de la part des deux parties. La confiance est totalement absente, mais il faut une plus grande coopération de la part des deux parties, plus particulièrement des Russes.

La Croix-Rouge a dû retirer du personnel de Marioupol, où environ 100 000 personnes sont prises au piège par le siège russe. L'artillerie et les roquettes russes continuent de frapper les décombres.

Notre équipe là-bas manquait de nourriture, d'eau. Elle est demeurée quelque temps dans les abris avec les familles, raconte M. Stillhart. Elle ne pouvait plus le supporter et a trouvé un moyen de s'en échapper. Les témoignages sont vraiment terrifiants.

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