•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les aînés LGBTQ victimes d’abus, une population « invisible »

Un aîné gay victime d'exploitation financière, sur une affiche visant à mettre fin à l'abus envers les aînés LGBTQ.

Une affiche visant à sensibiliser les gens sur les abus envers les aînés LGBTQ, dont le texte dit : « Gai. Amateur de films. Grand-père. Souffrant de démence. Et victime d'exploitation financière. »

Photo : offert par : Claire Robson

La vulnérabilité des aînés LGBTQ à se retrouver victime d'abus, qu'ils soient financiers, physiques ou émotionnels, consiste en une « combinaison parfaite » de conditions défavorables, qui fait en sorte que des ravages ont lieu à l’insu des autorités, affirme une chercheuse de l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.

En partenariat avec un organisme LGBTQ de Vancouver, la professeure Claire Robson organise donc des sessions d’information pour donner une voix aux victimes, leur permettre de trouver une communauté de soutien, et au bout du compte réaliser une étude sur le sujet.

« Essentiellement, il s’agit du sombre secret de la communauté queer. Nous pensons que les abus ont lieu beaucoup plus fréquemment que chez nos confrères et consoeurs hétérosexuels. Mais personne n’a fait la recherche, et personne n’a parlé aux survivants.  »

— Une citation de  Claire Robson, professeure associée au département d’études sur le genre, la sexualité, et le féminisme, Université Simon Fraser

Il n’existe aucune étude qui a interviewé les survivants LGBTQ concernant l’abus des aînés, mais la population LGBTQ est pourtant plus à risque d’abus de la part d’une personne de confiance, selon Mme Robson, en raison de la prévalence de nombreux facteurs.

Ces facteurs incluent un taux plus élevé d’isolement, de dépression, d’antécédents de traumatisme et de violence, de toxicomanie, de pauvreté et de handicap. Il y a une probabilité plus faible que nous ayons des enfants, et si nous en avons, il y a une probabilité moins élevée que nous restions en contact avec eux, explique-t-elle.

Claire Robson a rencontré, par exemple, une lesbienne qui est entrée en relation avec une avocate reconnue dans sa profession, qui l’a convaincu de lui confier toutes ses économies. Après s’être enfuie avec cet argent, l’avocate lui a fait du chantage afin qu’elle n’en parle pas.

Claire Robson a également connu un homme gai qui travaillait dans les hauts rangs de l‘éducation, dont le partenaire, plus jeune que lui, lui a volé systématiquement de l’argent. Lorsqu’il l’a confronté, son partenaire lui a envoyé des menaces de mort. Il y a un dossier policier qui est encore ouvert à ce sujet, affirme Claire Robson.

Des conseillers psychologiques

Avec l’aide de l’organisme Qmunity, elle organise le Projet des survivants Indigo (Indigo Survivors Project), qui invite les aînés victimes d’abus de se présenter à des sessions d’information. On leur parlera de la possibilité de faire des suivis avec des conseillers psychologiques, ou de rejoindre un groupe de soutien. Claire Robson leur demandera également s’ils veulent se faire interviewer pour son projet de recherche.

Toute personne aînée LGBTQ qui a été victime d’abus est invitée à se présenter, en entrant en contact (Nouvelle fenêtre) avec l'organisme Qmunity, qui promet de garder leur identité confidentielle.

Lors de la deuxième rencontre prévue le mardi 29 mars, au moins quatre survivants ont signalé leur présence, dit la professeure Robson qui est heureuse, car il est très rare que des survivants veuillent bien partager leurs histoires.

« La communauté queer a plutôt tendance à souffrir d’âgisme, et à se préoccuper d’abord et avant tout des gens âgés de 25 à 35 ans. […] Les aînés queers sont plutôt invisibles. »

— Une citation de  Claire Robson, professeure, Université Simon Fraser

Elle ajoute que la science les ignore également, car elle préfère parler de grandes tranches de la population et de placer tous les groupes dans le même bateau. D’autres groupes d’aînés, comme les minorités raciales par exemple, sont aussi invisibles, regrette Mme Robson.

Dans le cas des aînés queers, elle soupçonne que les abuseurs utilisent comme arme la peur que l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des victimes soit connue, menaçant de la divulguer si la victime rapporte les abus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !