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Des étudiants ukrainiens ont de la difficulté à payer leurs frais de scolarité au Canada

Deux étudiantes regardent en direction de l'appareil photo.

Oleksandra Sheludko (à gauche) et Anastasiia Nastenko (à droite) fréquentent actuellement le Collège Humber à Toronto et font appel à leur école pour obtenir de l'aide pendant que leurs familles sont aux prises avec la guerre.

Photo : CBC / Christopher Langenzarde

Radio-Canada

Des étudiants ukrainiens doivent faire face à plusieurs difficultés à l’heure actuelle : ils doivent remettre leurs travaux, payer leur session et terminer leurs cours à temps tout en étant préoccupés par de graves problèmes dans leur pays d’origine. Or, des écoles postsecondaires ontariennes tentent d’aider ces étudiants.

Depuis que la Russie a envahi son pays d’origine, Oleksandra Sheludko, une étudiante de deuxième année en relations publiques au Collège Humber de Toronto, craint pour la sécurité de sa famille. Elle tente de rester en contact avec son père et son grand-père, qui sont restés en Ukraine, et elle essaie de faire venir une partie de sa famille au Canada.

Et elle subit aussi de la pression financière. Elle tente de trouver l’argent nécessaire pour rester inscrite à son programme d'études tout en travaillant comme serveuse à temps partiel.

Je ne pourrai peut-être pas terminer mes études ici, explique-t-elle.

La perspective de devoir abandonner ses études la dérange beaucoup, car ce n’est pas une option qu'elle veut envisager.

Au Collège Humber, de nombreux étudiants étrangers paient au moins 20 000 $ par an en frais de scolarité. Selon Statistique Canada, les frais moyens pour les étudiants étrangers s’élèvent à 33 623 $ au premier cycle en 2021-2022.

C'est pourquoi Oleksandra Sheludko et bien d'autres étudiants se tournent vers leurs écoles postsecondaires pour obtenir de l'aide pendant que leurs familles sont aux prises avec la guerre, qui a d'énormes répercussions sur leurs emplois et sur leurs revenus.

Anastasiia Nastenko dit que sa famille a fui la capitale ukrainienne, Kiev, pour se réfugier dans un village. Ses parents sont donc privés de leurs sources de revenu habituelles.

Pour arriver à payer ses cours, cette étudiante de deuxième année en communication numérique affirme qu'une réduction de ses frais de scolarité au Collège Humber l’aiderait à réduire la pression que sa famille subit actuellement d’un point de vue financier.

Ils ne me diront jamais que je dois les soutenir financièrement, même s'ils savent que je devrais le faire. Ils ne me le diront pas parce que je suis leur enfant et qu'ils veulent me soutenir, explique l’étudiante, qui essaie maintenant de trouver un emploi à temps partiel.

Le Collège Humber cherche des façons d’aider

En Ontario, le Collège Humber est celui qui dénombre le plus d’étudiants ukrainiens avec un total de 183.

La plupart d'entre eux (138) sont au Canada et 45 étudient à distance en Ukraine, explique le doyen chargé du volet international au Collège Humber, Andrew Ness.

M. Ness dit que l'école a agi rapidement pour fournir du soutien scolaire et des services en santé mentale et qu'elle a communiqué avec des groupes d'étudiants afin de faire connaître les types de soutien disponibles.

Oleksandra Sheludko aimerait que les étudiants ukrainiens paient les mêmes frais que les étudiants canadiens. Il s’agirait selon elle d’une solution qui leur permettrait de réduire leurs dépenses de façon considérable. Andrew Ness dit cependant que cette option n’est pas sur la table.

Vendredi, toutefois, le collège a annoncé un ensemble de mesures de soutien financier, y compris une aide pour payer les frais de scolarité et une aide au logement, de même que des bourses pour les frais de subsistance.

La fédération étudiante du Collège Humber a pour sa part annoncé qu’un don de 370 000 $ sera versé pour aider les étudiants ukrainiens et russes. L’argent proviendra entre autres de la fédération et de diverses organisations partenaires.

Je suis motivé par cet élan collectif. Nous devons faire tout ce que nous pouvons non seulement en tant qu'établissement scolaire mais aussi en tant que communauté pour essayer de soutenir ces jeunes, dit Andrew Ness.

Andrew Ness regarde en direction de l'appareil photo.

Le doyen chargé du volet international du Collège Humber, Andrew Ness, dit que le collège espère aider les étudiants ukrainiens autant que possible à poursuivre leurs études malgré l'invasion de leur pays.

Photo : CBC / Kirthana Sasitharan

D’autres écoles tentent d’aider leurs étudiants

Le personnel du Collège Seneca de Toronto dit être en contact direct avec chacun des 100 étudiants ukrainiens de l'établissement pour les aider à payer leur logement, leurs études et leurs frais de subsistance, explique le responsable de l'équité, de la diversité et de l'inclusion au collège, Cory Coletta.

Ils ont besoin de ressentir de l'empathie et de se sentir compris. En tant qu'étudiants, ils doivent s’occuper de nombreuses choses. Et en ce moment, les violences qui frappent leur pays doivent être leur priorité, dit-il.

D'autres institutions tentent d’aider de manière similaire.

L'Université de Toronto a récemment annoncé qu’elle versera le même montant que les dons destinés aux étudiants déplacés d'Ukraine jusqu’à un maximum de un million de dollars et qu'elle offrira des subventions d'urgence aux étudiants ukrainiens affectés par la guerre.

Des écoles comme le Collège Centennial et le Collège George Brown accordent également un financement d'urgence aux étudiants ukrainiens. Le Collège George Brown a mis 250 000 $ supplémentaires à la disposition des étudiants touchés par les conflits en Ukraine, en Russie et en Europe de l'Est.

Bien qu'elle-même et d'autres étudiants ukrainiens soient très reconnaissants pour tout le soutien fourni par leur établissement, Anastasiia Nastenko dit que rien ne peut vraiment résoudre le problème auquel ils doivent faire face.

Il est difficile d'admettre que notre pays est détruit, mais avec le temps, on s’y habitue d’une certaine façon. On essaie de vivre notre vie, de faire nos devoirs, de rencontrer des amis [...], mais en même temps, dans notre tête, on comprend que quelque chose ne va pas, conclut-elle.

Avec les informations de Vanessa Balintec, CBC News

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