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Analyse

Tramway : quand la transparence nuit à la « bonne collaboration »

Le maire de Québec ne veut pas de nouvelles conditions pour le projet de tramway

Bruno Marchand, le maire de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Le maire Marchand ne veut plus faire de compromis pour le projet de tramway, au risque de se mettre à dos certains partenaires à qui il avait promis une meilleure coopération.

La dernière semaine aura permis de découvrir un maire de Québec plus combatif dans le dossier du tramway. Questionné en début de semaine sur son attitude conciliante à l'égard du gouvernement de la CAQ, il avait répondu avoir le bon ton au bon moment. Rattrapé par les derniers événements, il a dû corriger le tir.

La CAQ promet maintenant de donner à la Ville de Québec les autorisations nécessaires pour le tramway si le maire s'engage à respecter certaines conditions. La réponse de Bruno Marchand ne pouvait être plus clair : On ne veut pas de condition, a-t-il prévenu, mardi, après que le gouvernement lui ait demandé de retirer du projet l'aménagement d'une rue partagée sur le boulevard René-Lévesque.

Le maire de Québec a dit les choses comme il les pense. Il a entre autres accusé la CAQ de trouver des prétextes pour retarder le projet et de nuire volontairement à l'acceptabilité sociale du tramway.

Compétence municipale

Pour ne pas avoir à prendre toute la chaleur du débat, le maire Marchand a joué la carte de l'accroc à la démocratie municipale. Il reproche à la CAQ de ne pas respecter l'autonomie des villes. Son enjeu devient celui de toutes les municipalités du Québec. Dans l'aventure, il a réussi à rallier à sa cause la mairesse de Montréal.

Quand les deux plus grandes villes du Québec se dressent devant le gouvernement du Québec, il y a un rapport de force qui peut s'établir. Une formule gagnante qu'avait bien compris avant lui, Régis Labeaume. Pour tenir tête au gouvernement, dont celui du Parti québécois, il a formé à quelques occasions, des alliances avec l'ancien maire Denis Coderre.

Bruno Marchand peut aussi compter sur l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Prix à payer

En martelant que le projet de tramway est d'abord un projet pour les citoyens de Québec, Bruno Marchand crée aussi du mécontentement. Certains maires de la Rive-Sud se demandent maintenant si le maire de Québec n'est pas en train de tourner le dos au fleuve. M. Marchand avait séduit plusieurs d'entre eux en laissant croire par cette image qu'il était investi d'un réel désir d'ouverture et de collaboration.

On reproche au maire de Québec de laisser entendre que les villes de la périphérie font partie du problème de congestion, de pollution et d'étalement urbain.

Même le maire de Lévis avait eu de la difficulté à se porter à la défense du maire de Québec. Lévis fait partie de l'UMQ, mais Gilles Lehouillier joue de prudence pour ne pas à la fois se mettre dos ses homologues de la Rive-Sud et le gouvernement de la CAQ sur lequel il mise pour réaliser le troisième lien.

Voix commune en transport

En coulisses, les députés caquistes de la région de Québec aimeraient bien que le maire de Québec soit plus discret sur ce qu'il pense du projet de tunnel Québec-Lévis. La dernière semaine aura plutôt permis à Bruno Marchand d'être encore plus affirmatif. Il a indiqué qu'il n'était pas à vendre, qu'il ne marchanderait jamais le tramway en échange d'un appui au troisième lien.

Son prédécesseur avait choisi une autre voie. Même si on se doutait que Régis Labeaume était contre le projet de tunnel, ce qu'il a confirmé au dernier jour de son mandat, il avait opté pour appuyer le projet porté par la CAQ jusqu'à ce qu'il soit certain qu'il n'y avait plus de retour en arrière pour son projet de tramway.

La stratégie de la transparence vient parfois avec quelques revers.

D'une certaine façon, le maire Marchand est en train d'imposer, lui aussi, ses conditions.

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