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Corée du Nord : Kim a ordonné le tir d’un puissant missile balistique intercontinental

Kim Jong-un, surplombant une ville nouvelle, au pied de montagnes.

Kim Jong-un a déclaré l'an dernier que l'amélioration des capacités militaires de son pays était prioritaire.

Photo : La Presse canadienne / AP/Korean Central News Agency/Korea News Service

Agence France-Presse

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a personnellement ordonné et supervisé le tir du plus puissant missile balistique intercontinental (ICBM) du pays, s'assurant que Pyongyang est prêt pour un « affrontement de longue haleine » avec les États-Unis, a rapporté vendredi l'agence de presse d'État.

Ce tir a été condamné vendredi par le G7, qui a dénoncé une violation flagrante des obligations de la Corée du Nord vis-à-vis des Nations unies.

La Corée du Nord a certainement d'autres choses en réserve après avoir tiré ce missile, a estimé pour sa part le conseiller à la sécurité nationale américaine Jake Sullivan.

Une réunion du Conseil de sécurité se tiendra vendredi à partir de 15 h, selon l'ONU et des diplomates.

La Corée du Nord a tiré jeudi, pour la première fois depuis 2017, un missile à pleine portée qui a volé plus haut et plus loin que tous les précédents ICBM testés par le pays doté de l'arme nucléaire.

Baptisé Hwasong-17, le missile, qui est capable de frapper n'importe quelle partie du territoire américain, a atterri dans la zone maritime économique exclusive du Japon.

Le missile, lancé depuis l'aéroport international de Pyongyang, a atteint une altitude maximale de 6248,5 km et a parcouru une distance de 1090 km pendant 4052 secondes avant de frapper avec précision la zone prédéfinie, a précisé KCNA.

Des photos prises par les médias d'État montrent le dirigeant, vêtu de son habituel blouson de cuir noir et de lunettes de soleil sombres, marchant sur le tarmac devant un énorme missile.

Sur d'autres, il applaudit et célèbre le tir avec de hauts gradés en uniforme.

Le nouvel ICBM fera prendre conscience au monde entier […] de la puissance de nos forces armées stratégiques, a déclaré Kim Jong-un, ajoutant que le pays est désormais prêt pour un affrontement de longue durée avec les impérialistes américains.

Le Hwasong-17, dévoilé pour la première fois en octobre 2020, est surnommé missile monstre par les analystes. Il n'avait jamais été testé avec succès auparavant, et le lancement a entraîné de nouvelles sanctions américaines.

Il s'agit d'une rupture du moratoire sur les lancements de missiles balistiques intercontinentaux auquel le président Kim Jong-un s'était engagé en 2017, a déploré le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken s'est entretenu jeudi soir avec le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Chung Eui-yong, affirmant que ce tir démontre la menace que les programmes illégaux d'armes de destruction massive et de missiles balistiques de la RPDC font peser sur ses voisins et sur l'ensemble de la communauté internationale, selon le porte-parole du département d'État, Ned Price.

L'armée sud-coréenne a indiqué avoir riposté en tirant des missiles depuis le sol, la mer et les airs vers le large de ses côtes.

Les Nations unies, par la voix du porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, ont condamné jeudi avec force ce tir.

Le lancement d'un missile de longue portée fait courir le risque d'une importante escalade des tensions dans la région, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général.

Ces actions inconsidérées menacent la paix et la sécurité régionales et internationales, posent un risque dangereux et imprévisible pour l'aviation civile internationale et la navigation maritime dans la région et exigent une réponse unie de la communauté internationale, ont souligné vendredi les ministres des Affaires étrangères des sept membres du G7 ainsi que le haut représentant de l'Union européenne.

Les résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord, frappée par de lourdes sanctions internationales pour ses programmes nucléaires et d'armement, de procéder à des essais de missiles balistiques.

Ce qui n'a pas empêché Pyongyang de réaliser une dizaine de tests de ce type d'armement depuis le début de l'année.

Un missile capable d'atteindre les États-Unis

Mais il ne s'agissait pas jusqu'à présent de missiles intercontinentaux, même si Washington et Séoul soupçonnent le régime nord-coréen d'avoir testé certains systèmes d'ICBM lors de ces lancements.

Pyongyang a effectué trois lancements d'ICBM en 2017. L'engin alors testé, le Hwasong-15, était capable d'atteindre les États-Unis.

Selon Séoul, un essai de missile par la Corée du Nord le 16 mars s'est soldé par un échec, le projectile explosant dans le ciel au-dessus de Pyongyang peu après son lancement.

Des analystes s'attendaient à ce que Pyongyang, qui célébrera le 15 avril le 110e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur du pays et grand-père de Kim Jong-un, se livre à une démonstration de force pour marquer la fête la plus importante du calendrier politique nord-coréen.

Kim Jong-un a déclaré l'an dernier qu'améliorer les capacités militaires du pays était prioritaire pour le régime.

Priorité parmi les priorités : développer un ICBM capable de porter plusieurs ogives conventionnelles ou nucléaires suivant chacune une trajectoire indépendante, difficiles à intercepter par les systèmes antimissiles.

Kim a probablement le sentiment que c'est le moment parfait pour développer des ICBM, et rappeler au monde avec insistance que le Nord, contrairement à l'Ukraine, est un pays doté de l'arme nucléaire, a expliqué à l'AFP Ahn Chan-il, expert de la Corée du Nord.

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