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L’armée russe dit vouloir se concentrer sur l’est de l’Ukraine

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Un soldat ukrainien dirige un char russe capturé.

Photo : Reuters / THOMAS PETER

Radio-Canada

Affirmant avoir atteint ses objectifs initiaux, l’état-major de l’armée russe a déclaré vendredi qu’il allait désormais se concentrer sur la « libération » de l'est de l'Ukraine, tandis que les combats se poursuivent aussi à Kharkiv et à Kiev.

« Les capacités de combat des forces ukrainiennes ont été réduites de manière importante, ce qui permet [...] de concentrer le gros des efforts sur l'objectif principal : la libération du Donbass. »

— Une citation de  Sergueï Roudskoï, adjoint au chef de l'état-major russe

Les principales avancées des troupes russes ont eu lieu dans l'est et le sud de l'Ukraine, mais elles n'ont pas réussi à prendre de grandes villes.

Le Donbass est contrôlé en partie depuis 2014 par des séparatistes prorusses. Juste avant l'offensive du 24 février, la Russie avait reconnu leur indépendance.

En se concentrant davantage sur la libération du Donbass, la Russie veut un effort concerté de ses troupes pour aller au-delà de la ligne de contact qui sépare le territoire contrôlé par le gouvernement ukrainien dans l'est du pays des républiques populaires séparatistes soutenues par Moscou de Donetsk et Louhansk.

En faisant une telle annonce, Moscou sait que sa stratégie d'avant-guerre a échoué, estiment des diplomates occidentaux.

La Russie reconnaît qu'elle ne peut pas poursuivre ses opérations sur plusieurs axes simultanément, a déclaré un responsable occidental.

Les responsables occidentaux craignent depuis un certain temps que la Russie ne tente d'encercler et d'enrôler les meilleures unités de combat ukrainiennes, qui sont stationnées le long de la ligne de contact.

J'espère que c'est là [l'est] que l'approvisionnement en armes de l'Occident apportera une contribution significative aux forces ukrainiennes, a déclaré un responsable.

Moscou a reconnu vendredi la perte de 1351 soldats depuis le début de son offensive en Ukraine.

Depuis le 24 février, 1351 militaires ont été tués et 3825 ont été blessés, a déclaré l'adjoint au chef de l'état-major russe Sergueï Roudskoï lors d'un point de presse. Les Occidentaux commettent une erreur en livrant des armes aux Ukrainiens, a-t-il ajouté.

Le précédent bilan des pertes rendu public par Moscou remontait au 2 mars et faisait état de 498 soldats russes tués en Ukraine. Un contraste avec celui annoncé par Kiev qui mentionne plusieurs milliers de soldats russes tués.

Alors que les combats se poursuivent, un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiï Arestovytch, a annoncé que les forces ukrainiennes avaient tué un autre général russe, dans le sud du pays.

« Nos troupes [...] ont tué le commandant de la 49e armée du district sud de la Russie, le général Iakov Rezantsev, dans un bombardement de l'aérodrome de Tchornobaïvka. »

— Une citation de  Oleksiï Arestovytch, conseiller de la présidence ukrainienne

À ce jour, Moscou a confirmé la mort du général Andreï Soukhovetski, commandant adjoint de la 41e armée.

Nouveaux affrontements près de Kiev, nouvelles victimes civiles à Kharkiv, contre-offensive à Kherson

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Les combats continuent de faire rage dans la région de la capitale.

Photo : Reuters / Marko Djurica

Un bombardement russe sur un centre médical de Kharkiv, dans l'est du pays, a fait quatre morts et au moins trois blessés, a annoncé vendredi la police régionale de la deuxième ville du pays.

Sept civils ont été blessés, dont quatre ont succombé à leurs blessures dans un bombardement aux lance-roquettes multiples, a indiqué la police sur sa chaîne Telegram. Elle a précisé que la frappe avait eu lieu vers 5 h 45 TMG [1 h 45 HAE] sur un centre médical dans le sud de Kharkiv.

La police régionale a indiqué qu'un centre d'aide humanitaire se trouvait non loin de ce centre médical, où il n'y a pas d'installations militaires à proximité, selon elle.

La situation est aujourd'hui très difficile, a déclaré le maire de Kharkiv, au cours d'un point de presse improvisé dans un lieu tenu secret et protégé des bombes.

Tous les jours, il y a des bombardements indiscriminés sur la ville et de nombreux tués. Ces bombardements visent des zones résidentielles, des civils, des infrastructures comme des écoles, a ajouté le maire.

Deuxième ville en importance d'Ukraine, et comptant près de 1,5 million d'habitants avant la guerre, Kharkiv est située à une quarantaine de kilomètres de la frontière russe.

Elle est la cible de violents combats depuis le début de l'invasion russe, il y a un mois, mais reste à ce stade sous contrôle des forces ukrainiennes.

Plus près de la capitale, la Russie a affirmé avoir détruit jeudi la plus grande réserve de carburant de l’armée ukrainienne avec des missiles de croisière.

Jeudi soir, des missiles Kalibr de haute précision ont visé une base [de stockage] de carburant près du village de Kalinovka, près de Kiev, a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, dans un communiqué.

M. Konachenkov a en outre déclaré que les forces russes avaient détruit plusieurs équipements militaires ukrainiens depuis la veille, dont trois systèmes de défense antiaérienne et quatre drones. Il n’était pas possible de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Les forces ukrainiennes ont lancé une contre-offensive sur la ville de Kherson (sud), seul centre urbain majeur conquis entièrement par les forces de Moscou, qui est désormais contestée, a indiqué vendredi un haut responsable du Pentagone ayant requis l'anonymat.

Prise dès le 3 mars par les forces russes, cette ville stratégique située à l'embouchure du Dnipro, où des manifestations ont été violemment réprimées, est de nouveau un territoire contesté, a-t-il ajouté.

Si les Ukrainiens parvenaient à reprendre le contrôle de la ville, les positions russes autour de Mikolaiv se retrouveraient prises en sandwich entre les forces ukrainiennes qui défendent Mikolaiv et celles de Kherson, a-t-il expliqué.

Les Russes auraient beaucoup de mal à progresser sur le terrain vers Odessa, a-t-il noté. Ce serait un développement important sur le front sud.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Un centre de commandement touché

L’armée ukrainienne admet de son côté que le centre de commandement des forces aériennes ukrainiennes, à Vinnytsia dans le centre du pays, a été frappé vendredi par une salve de missiles de croisière russes.

Les Russes ont tiré six missiles de croisière. Certains ont été abattus par la défense antiaérienne. Les autres ont touché plusieurs bâtiments, causant des dommages significatifs, a précisé le commandement des forces aériennes sur Telegram.

En revanche, les soldats ukrainiens seraient parvenus à reprendre des positions défensives et de petites villes occupées par les forces russes jusqu’à 35 kilomètres à l’est de Kiev, d’après des observations du ministère britannique de la Défense qui commente quotidiennement l’évolution du conflit.

Qui plus est, quelque 20 000 personnes ont fui la ville de Boryspil à l’appel de son maire, Volodymyr Borysenko. La municipalité est à une trentaine de kilomètres à l’est de Kiev et se situe tout près d’un aéroport international.

M. Borysenko a pressé les résidents de quitter les lieux pour permettre aux soldats ukrainiens de mieux déloger les forces russes qui y seraient toujours installées.

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Image du théâtre de Marioupol après le bombardement russe.

Photo : Reuters

Le bombardement russe qui a détruit le théâtre de Marioupol le 16 mars aurait fait 300 morts, alors que des centaines de personnes y étaient abritées, selon des témoins cités par la mairie de la ville.

Jusqu'au bout, on ne veut pas croire à cette horreur. Jusqu'au bout, on veut croire que tout le monde est sauf. Mais les témoignages de ceux qui se trouvaient à l'intérieur du bâtiment au moment de cet acte terroriste disent le contraire, a écrit la mairie sur son compte Telegram sans donner plus de détails.

Les autorités municipales ont indiqué que l'entrée de l'abri où se trouvaient des centaines de personnes, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, était bloquée par des débris. Cela complique les opérations de secours, qui se déroulent sous les bombardements.

Au lendemain de la frappe, l'émissaire ukrainienne aux droits de la personne, Lioudmyla Denissova, avait déclaré que l'abri situé dans le théâtre avait résisté au bombardement.

Plus tard, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que plus de 130 personnes avaient pu être sauvées du bâtiment, mais que des centaines d'autres demeuraient sous les décombres.

Victimes civiles et fosses communes à Marioupol

Plus de 2000 civils ont été tués à Marioupol, selon un dernier bilan communiqué par la mairie.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) a avancé, quant à lui, les chiffres de 1081 morts et 1707 blessés parmi les civils en Ukraine. Il a précisé toutefois que le bilan réel était probablement beaucoup plus élevé.

La cheffe de la mission de surveillance du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU en Ukraine a déclaré que ses observateurs recevaient de plus en plus d'informations sur la présence de fosses communes dans la ville de Marioupol, assiégée par les forces russes.

L'une d’elles contiendrait environ 200 corps, a -t-elle précisé.

La France, la Turquie et la Grèce vont mener une opération humanitaire d'évacuation dans les tout prochains jours de la ville assiégée de Marioupol, dans le sud de l'Ukraine, a annoncé vendredi le président français Emmanuel Macron.

J'aurai d'ici 48 à 72 heures une nouvelle discussion avec le président [russe Vladimir] Poutine pour bien en arrêter les détails et sécuriser les modalités, a précisé M. Macron.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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