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Forêts anciennes et Fairy Creek : les manifestants se préparent, l’industrie s’inquiète

Un manifestant sur une installation bloquant l'accès à Fairy Creek.

Depuis 2020, des manifestants occupent des campements situés dans le bassin versant de Fairy Creek, près de Port Renfrew, sur l'île de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Pour une troisième année, les manifestants postés à l’entrée de la route forestière menant au bassin versant de Fairy Creek s'apprêtent à monter aux barricades pour dénoncer l'exploitation des forêts anciennes. Une situation « difficile » pour l’entreprise forestière Teal Jones.

Mar Mar, qui préfère utiliser son nom de camp par crainte de représailles, a passé plusieurs mois à Fairy Creek, à quelques kilomètres de Port Renfrew, sur l'île de Vancouver. C’était la première fois qu’il apercevait les arbres géants qu’il souhaite préserver.

La province a enregistré des records de chaleur en 2021, d’importants feux de forêt et des inondations historiques. Mar Mar affirme que la crise climatique vient souligner l’importance de protéger le délicat équilibre des forêts anciennes.

Lors de la journée la plus chaude, lorsque nous étions sous le dôme de chaleur, il faisait 45 oC, mais lorsque nous sommes entrés dans la forêt ancienne, [...] le sol était humide et froid et l’air était brumeux, se remémore-t-il en guise d’explication.

Des arbres et une zone de coupe forestière avec un chemin.

Une zone d'exploitation forestière à Fairy Creek, près de Port Renfrew, en octobre 2021

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Rediriger les efforts

Sans vouloir dévoiler les tactiques qui seront adoptées dans les prochains mois, Mar Mar souligne que l’hiver a permis aux membres du mouvement de tirer des leçons des deux dernières années de manifestations et de concentrer leurs efforts sur le côté cérémoniel de leur protestation.

« Nous apprenons comment travailler pour la réconciliation, comment mener par l’exemple et faire mieux que ce que font nos gouvernements. »

— Une citation de  Mar Mar, manifestant, Fairy Creek

Au plus fort de la contestation, près d’une dizaine de campements ont été érigés çà et là le long de différentes routes forestières. Depuis, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est parvenue à déloger les manifestants de la montagne et à démanteler tous les campements.

Des officiers de la GRC et des manifestants se font face sur le site de Fairy Creek

La GRC a procédé à des milliers d'arrestations dans la région du bassin versant de Fairy Creek depuis l'adoption d'une injonction en faveur de l'entreprise forestière Teal Jones en avril 2021.

Photo : Radio-Canada / Adam van der Zwan / CBC

La GRC a décliné nos demandes d'entrevue, mais son dernier communiqué de presse concernant la situation à Fairy Creek, daté du 2 décembre, fait état d’un total de 1188 arrestations depuis le début du conflit.

À la fin du mois de janvier, la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a, dans une décision unanime, prolongé l’injonction contre les manifestants jusqu’au 26 septembre 2022. Déterminés, les militants se préparent pour une autre année de dénonciation dans les bois.

Un stress pour les travailleurs, assure Teal Jones

Le responsable du partenariat autochtone et des relations stratégiques pour l’entreprise forestière Teal Jones, qui détient les droits de coupe dans cette région de l'île de Vancouver, assure que la dernière année a causé une quantité incroyable de stress aux travailleurs.

Ça a été très difficile émotionnellement pour eux, souligne Conrad Browne en précisant que les barricades ont privé les employés de travail une bonne partie de l’été. Cela risque de créer certaines appréhensions pour la prochaine saison, selon lui.

Ils nous ont empêchés d’aller dans des zones qui devaient être exploitées. Mais nous allons tenter d’y retourner cette année et voir comment ça se passe, dit-il en assurant que la coupe dans les forêts anciennes peut être une pratique durable.

Il y a assez d’arbres anciens dans la province actuellement pour que chaque Britanno-Colombien puisse posséder une forêt de la taille de l’Aréna Rogers. Le nombre d’arbres anciens n’est pas limité. Chaque 20 secondes, un autre arbre devient ancien, soutient-il.

Même objectif depuis 2020

Pour Mar Mar, l’objectif de cette nouvelle année de mobilisation sera encore une fois de convaincre le gouvernement provincial d'interdire la coupe dans les forêts anciennes sur l’ensemble du territoire britanno-colombien.

Écoutez-nous, écoutez les 1100 personnes qui ont été arrêtées, écoutez les Pacheedaht et les Premières Nations et écoutez les scientifiques qui disent que ce n’est pas la plus brillante des idées, plaide-t-il.

Plus tôt cette semaine, un groupe de 90 scientifiques ont d’ailleurs signé une lettre ouverte demandant au Canada de protéger les forêts anciennes et primaires dans l’ensemble du pays.

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