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« On s’est fait traiter de vendus » à cause d’un arrêté ministériel, dit la FIQ

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L'arrêté ministériel et les déclarations du ministre ont entraîné « un raz-de-marée contre les syndicats », a relaté le vice-président de la FIQ, Patrick Guay.

Photo : Gracieuseté : FIQ-SISSAT

La Presse canadienne

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) affirme avoir été carrément « fragilisée » par des déclarations du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. Et elle a perdu « énormément de crédibilité » auprès de ses membres et vécu des « tensions » internes, à cause d'un arrêté ministériel offrant un milliard de dollars de mesures incitatives aux infirmières, alors qu'elle venait de renouveler la convention collective.

C'est ce que des témoins de la FIQ ont relaté au tribunal, jeudi, alors que se poursuivait l'audition de sa plainte pour ingérence et négociation de mauvaise foi contre le gouvernement du Québec.

La FIQ fonde sa plainte sur des déclarations faites par le ministre Dubé en conférence de presse, l'automne dernier, ainsi que sur l'arrêté ministériel 2021-071, qui prévoyait diverses mesures incitatives pouvant atteindre 1 milliard de dollars, dont des primes de 15 000 $ pour ramener des infirmières à temps plein dans le réseau public.

Ces primes n'avaient pas été négociées. La FIQ en a pris connaissance lors de la conférence de presse de Québec pour les annoncer.

Or, la FIQ venait de passer plusieurs mois à négocier le renouvellement de sa convention collective 2020-2023 et les représentants gouvernementaux lui avaient répété qu'il n'y avait plus d'argent dans les coffres, qu'ils ne pouvaient offrir davantage. Et, tout à coup, Québec trouvait un milliard de dollars pour des mesures incitatives, non négociées, afin de ramener des infirmières dans le réseau public.

Qui plus est, lorsque ces primes de 15 000 $ avaient eu un succès mitigé, le ministre Dubé avait montré du doigt la FIQ et affirmé que c'était elle qui disait aux intéressés de ne rien signer. Le ministre avait aussi soutenu que la FIQ posait comme condition que ses déléguées bénéficient des primes, même si elles n'étaient pas sur le terrain.

L'unité syndicale brisée

L'arrêté ministériel et les déclarations du ministre ont entraîné un raz-de-marée contre les syndicats, a relaté le vice-président de la FIQ, Patrick Guay. La perte de crédibilité est énorme.

Des représentants de la FIQ se sont fait traiter de vendus par des membres, se sont fait demander s'ils avaient reçu des pots-de-vin pour faire accepter l'entente de principe sur le renouvellement de la convention collective, puisque, dans les semaines qui ont suivi, Québec avait trouvé un milliard de dollars supplémentaire pour des incitatifs aux infirmières.

La crédibilité de notre organisation était ébranlée. L'information qu'on donnait était mise en doute. Notre organisation était fragilisée. Ça nous a complètement discrédités comme organisation syndicale à tous les niveaux. Un climat de méfiance s'est installé à tous les niveaux de l'organisation, a relaté Nathalie Lévesque, qui a été présidente par intérim après le départ de Nancy Bédard.

La Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, et la Fédération de la santé, affiliée à la CSQ, ont également déposé des plaintes contre Québec à cause du même arrêté ministériel.

L'audition de la cause se poursuit vendredi.

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