•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’OTAN « répondra » si la Russie utilise des armes chimiques en Ukraine, dit Biden

Chargement de l’image

Le président américain Joe Biden a promis une réponse de l'Alliance atlantique si Moscou emploie des armes chimiques en Ukraine.

Photo : Reuters / Evelyn Hockstein

Agence France-Presse

L'OTAN n'a « jamais été plus unie » et répondra en cas d'utilisation d'armes chimiques par le président russe Vladimir Poutine en Ukraine, a promis le président américain Joe Biden à Bruxelles.

Vladimir Poutine misait sur une division de l'OTAN. Il ne pensait pas que nous puissions maintenir cette cohésion. L'OTAN n'a jamais, jamais été plus unie qu'elle ne l'est aujourd'hui, a ajouté M. Biden à l'issue d'un sommet de l'OTAN et d'un autre du G7 à Bruxelles.

Poutine obtient exactement le contraire de ce qu'il voulait en envahissant l'Ukraine, a poursuivi le président américain lors d'une conférence de presse avant de participer au sommet de l'Union européenne (UE).

Il a promis une réaction de l'OTAN en cas d'utilisation d'armes chimiques par le dirigeant russe en Ukraine. Nous répondrons s'il y a recours, a-t-il dit, précisant que la nature de la réponse dépendra de la nature de cette utilisation.

Washington a annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre la Russie visant le monde politique, des oligarques et l'industrie de défense.

C'est le maintien des sanctions sur la durée qui fait mal, a souligné le président américain, qui a aussi exprimé l'espoir que la Chine n'aidera pas Moscou à amortir l'impact des mesures punitives occidentales contre la Russie.

Je pense que la Chine comprend que son avenir économique dépendra bien davantage de ses relations avec l'Occident qu'avec la Russie. Et j'ai bon espoir qu'elle ne va pas s'engager à aider Moscou pour atténuer les sanctions imposées après l'invasion de l'Ukraine, a indiqué M. Biden.

Il s'est dit favorable à l'exclusion de la Russie du G20, tout en reconnaissant que cette décision dépendait des membres de cette instance internationale. Si l'Indonésie [la présidente du G20] et d'autres pays ne sont pas d'accord, alors nous devrions demander que l'Ukraine puisse assister aux réunions du G20, a-t-il ajouté.

Macron mise sur la discrétion

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui refusé de préciser si la France et ses alliés de l'OTAN avaient défini des lignes rouges en Ukraine susceptibles de déclencher une intervention, notamment l'utilisation par la Russie d'armes chimiques, jugeant que la discrétion est plus efficace.

Je serai très prudent sur ce sujet, a-t-il dit lors d'une conférence de presse après un sommet extraordinaire de l'OTAN, car à chaque fois que j'ai eu à définir des lignes rouges, je voulais être parfaitement sûr qu'elles avaient un effet dissuasif et que leur franchissement serait suivi d'effets.

C'est comme ça que la parole de la France ou de tout allié est respectée, c'est ce que nous avons fait en avril 2018 lors de l'opération Hamilton (raid aérien en Syrie avec les États-Unis et le Royaume-Uni juste après l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad), a-t-il rappelé.

Mais dans le cas de l'Ukraine, je pense que l'ambiguïté stratégique et la discrétion sont plus efficaces, a répondu le chef de l'État.

Des responsables ukrainiens accusent les armées russes d'utiliser des bombes au phosphore et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti, dans un message vidéo aux dirigeants du G7 réunis à Bruxelles jeudi, d'un risque bien réel d'utilisation d'armes chimiques par les forces russes.

Il a également réclamé à l'OTAN une aide militaire sans restriction face à l'invasion russe.

Emmanuel Macron a cependant rappelé que les pays de l'OTAN ne voulaient pas devenir cobelligérants et que livrer à l'Ukraine des équipements comme des avions ou des chars, aujourd'hui, personne ne franchit cette limite, parce qu'il est évident qu'elle caractérise une cobelligérance.

En revanche, les alliés ont livré des armes antichars et continueront de le faire, dans la continuité de contrats qui précédaient le déclenchement de la guerre, a-t-il dit, sans détailler les armements que livre la France.

Soutenir l'Ukraine et se protéger

L'Alliance atlantique va fournir à l'Ukraine des équipements de protection contre les menaces chimiques, biologiques et nucléaires, et va protéger ses forces déployées sur le flanc oriental, a annoncé jeudi son secrétaire général, le Norvégien Jens Stoltenberg, à l'issue du sommet de l'OTAN.

Il pourrait s'agir de détection, d'équipement, de protection et de soutien médical, ainsi que de formation à la décontamination et à la gestion des crises, a-t-il précisé.

Nous améliorons également l'état de préparation des forces alliées. Le commandant suprême des forces militaires de l'Alliance, le général Walters, a activé les éléments de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire de l'OTAN et nos alliés déploient des moyens de défense pour renforcer les forces des Groupements tactiques, a-t-il ajouté.

Nous prenons donc des mesures à la fois pour soutenir l'Ukraine et pour nous défendre, a-t-il assuré.

L'attaque de la Russie a déjà mis en danger la sûreté et la sécurité des sites nucléaires en Ukraine, et les activités militaires russes créent des risques extrêmes pour la population et l'environnement, avec le potentiel d'un résultat catastrophique, ont averti les dirigeants du G7 (États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada et Japon) dans une déclaration commune.

Moscou n'utilisera l'arme nucléaire en Ukraine qu'en cas de menace existentielle contre la Russie, a assuré mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International.

Nous pouvons nous attendre à tout de la part de la Russie, qui ne respecte aucune loi, et nous devons être préparés à ce genre de situation, a rétorqué jeudi la première ministre finlandaise Saana Marin.

Je ne pense pas que la Russie va utiliser ces armes à dessein, mais les bombardements en Ukraine frappent des usines chimiques et cela peut provoquer une catastrophe, a souligné son homologue slovène Janez Jansa.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !