•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le pétrole de Bay du Nord n’est pas une énergie de transition, dit Steven Guilbeault

Si le Canada veut aider l'Europe à réduire sa dépendance au pétrole et au gaz russe, le projet Bay du Nord au large de Terre-Neuve n'est pas la façon d'y arriver, dit le ministre de l’Environnement.

Debout en Chambre, Steven Guilbeault gesticule de sa main droite et tient une feuille de papier dans sa main gauche.

Steven Guilbeault, ministre de l'Environnement et du Changement climatique, le 23 mars 2022 à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Questionné par un sénateur sur le projet Bay du Nord, le ministre fédéral de l'Environnement et du Changement climatique a répété que le pétrole n'est pas une énergie de transition, et à l'aube d'une décision importante de sa part concernant le controversé projet pétrolier, Steven Guilbeault a assuré qu'il dort très bien, sur ses deux oreilles.

Le ministre Guilbeault a indiqué que le Canada veut aider les Européens à réduire leur dépendance au pétrole et au gaz russe, mais, selon lui, le projet pétrolier de Bay du Nord, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, n'est pas une façon d'y arriver.

Il faut bien comprendre que, si le projet de Bay du Nord va de l'avant, il ne pourrait pas produire du pétrole avant 2028, alors je doute que nos amis et collègues européens attendent jusqu'en 2028 après le pétrole canadien, a indiqué le ministre.

En réponse à une question du sénateur Claude Carignan lors d'une réunion du Comité sénatorial de l'énergie, de l'environnement et des ressources naturelles, jeudi matin, le ministre de l'Environnement et du Changement climatique a paraphrasé la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, en indiquant que la meilleure façon de réduire la dépendance de l'Europe au pétrole et au gaz russes, c'est de réduire la dépendance de l'Union européenne au pétrole et au gaz tout court, et donc d'accélérer la transition vers les technologies propres et vers les énergies renouvelables.

Roberta Metsola de profil et logo de l'Union européenne en arrière-plan.

Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, le 24 février 2022 à Bruxelles, en Belgique, lors de la réunion extraordinaire du Conseil européen provoquée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Photo : Reuters / Olivier Hoslet

Claude Carignan, nommé au Sénat par l’ancien premier ministre Stephen Harper en 2009, a fait part au ministre de l'Environnement de son impatience de voir la décision d'Ottawa être reportée concernant le projet Bay du Nord.

Selon lui, le pétrole canadien pourrait offrir une solution de rechange à des pays européens qui pourraient être tentés d'utiliser de l'énergie provenant du charbon pour remplacer le pétrole russe.

Le sénateur a également fait référence à un récent rapport provisoire de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada (AEIC) qui a conclu que le projet d'exploitation de Bay du Nord n'est pas susceptible d'entraîner des effets environnementaux négatifs importants.

Alors que le ministère de l'Environnement doit statuer sous peu sur l'ambitieux projet de construction d'une nouvelle plateforme de forage, le sénateur Carignan a demandé à Steven Guilbeault si la décision qu'il devait prendre l'empêchait de dormir.

Plan rapproché du visage de Claude Carignan sur fond noir et gris.

Le sénateur Claude Carignan, le 19 juin 2018 à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Laissez-moi vous rassurer, Monsieur le Sénateur, je dors sur mes deux oreilles et très bien, a répondu Steven Guilbeault, en ajoutant que le projet Bay du Nord était très complexe et qu'une décision sera rendue à la mi-avril.

Le pétrole n'est pas une énergie de transition

En réponse au commentaire du sénateur Carignan, le ministre Guilbeault a tenu à préciser que personne ne considère le pétrole comme une énergie de transition.

Il a expliqué que, si le projet Bay du Nord devait aller de l'avant, on ne va pas déplacer la production d'électricité à partir de charbon, puisque les Européens n'utilisent pas ou peu le pétrole comme source d'électricité, et que le pétrole est surtout utilisé dans les procédés industriels et dans le transport, a-t-il précisé.

Concernant la dépendance des Européens au pétrole russe, Steven Guilbeault a ajouté que le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, était actuellement à Paris à l'Agence internationale de l'énergie pour travailler avec ses collègues européens afin de voir ce qu'on peut faire, au Canada et dans les autres pays occidentaux pour les aider.

Des plateformes pétrolières en mer sous un ciel rose et mauve.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gisement de pétrole Johan Sverdrup, exploité par Equinor dans la mer du Nord, au large de la Norvège, le 7 janvier 2020.

Photo : Reuters / Norsk Telegrambyrå (NTB) / Carina Johansen

Le projet Bay du Nord, de la multinationale norvégienne Equinor en collaboration avec la compagnie canadienne Husky Energy, prévoit exploiter un gisement de pétrole en eau profonde, une première au pays.

Alors qu'Equinor pensait au départ pouvoir extraire 300 millions de barils, ce nombre a plus que triplé dans les estimations plus récentes.

Equinor estime que sa production contribuera à moins de 0,1 % des émissions de secteur pétrolier et gazier du Canada, et à moins de 0,03 % des émissions totales du pays.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !